Catastrophes naturelles : les primes d'assurance habitation pourraient s'envoler en 2024
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Le changement climatique reste, pour la seconde année consécutive, en tête des préoccupations des experts et des opinions publiques dans le monde entier (y compris aux Etats-Unis), selon la dixième édition du « Futur Risk Report » d'AXA, publiée ce vendredi. « Nous avons toujours eu tendance à courir après le juste prix de la couverture des catastrophes naturelles car, depuis cinq ans, nous avons systématiquement sous-estimé les risques dans nos modèles », reconnaît Frédéric de Courtois, directeur général adjoint d'AXA.
En France, il y a même urgence à sauver le régime public privé « catastrophes naturelles », déficitaire depuis 2015. Le constat est d'ailleurs partagé par les politiques, les assureurs et bien sûr, par la Caisse centrale de réassurance (CCR), un établissement public qui joue le rôle de réassureur du régime. Dans son dernier rapport sur le climat, la CCR propose même d'augmenter le taux de la surprime, qui est resté inchangé depuis les tempêtes Lothar et Martin en décembre 1999, d'environ 60 %. Et ce, le plus rapidement possible.
Selon ses estimations, le réassureur public estime en effet que la facture des sinistres « Cat Nat » pourrait croître de 40 % à l'horizon 2050, voire de 60 % pour tenir compte des nouveaux enjeux de couverture pour les assurés. Il chiffre ainsi le niveau de primes nécessaire pour équilibrer le système à 3,2 milliards d'euros par an, contre environ 2 milliards d'euros aujourd'hui, supportés à 55% par les particuliers et à 45% par les entreprises. Dans un premier temps, il propose de faire passer ce taux de surprime de 12% à 19% du montant des garanties dommages sur les contrats habitation et biens professionnels, et de 6% à 13 % pour les contrats sur l'automobile.
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« Quand nous disons aujourd'hui, cela veut dire le plus vite possible, car il y un élément important de calendrier à respecter, notamment pour prévenir suffisamment en amont les assureurs afin qu'ils puissent ajuster leurs tarifs », avance Edouard Vieillefond, directeur général de CCR. Dans une deuxième phase, la CCR propose une nouvelle augmentation afin de d'engranger 500 millions d'euros supplémentaires par ans, et faire ainsi passer le taux de surprime de 19 % à 22% sur les contrats habitation et de 13% à 16% pour les contrats auto. Cette hausse pourrait s'étaler dans le temps, d'ici 2050, sous une forme d'indexation, par exemple. Mais, au total, il s'agit bien d'une hausse de dix points de pourcentage du taux de surprime.