Les risques de cybercriminalité sont devenus, avec les risques climatiques, une préoccupation majeure des entreprises. Les assureurs peinent encore à répondre à ce besoin de couverture, même si ce marché commence à se structurer. Mais son développement passe avant tout par la prévention et donc une meilleure connaissance de ces risques émergents par les entreprises mais aussi par les distributeurs de produits d’assurance. D’autres pistes et réflexions sont engagées par le secteur et les pouvoirs publics pour faire face à cette nouvelle menace. Hier, la gendarmerie a signé un partenariat...La gendarmerie nationale va-t-elle devenir l'épicentre de la lutte contre les risques de cybercriminalité qui pèsent sur les entreprises en France ? Ce mardi soir, au siège des militaires, sa division ComCyberGend, active depuis août 2021, a signé un partenariat avec la Fédération française de l'assurance (FFA) et la Fédération nationale des syndicats d'agents généraux d'assurance (Agéa) pour lutter contre cette menace qui explose.
«Avec 7.000 cyber-gendarmes et 12.000 agents généraux au plus proches du terrain, ce partenariat aura une force de frappe intéressante pour faire remonter des informations, diffuser les mesures de prévention et expliquer auprès des entreprises les gestes barrières en termes de cybersécurité »,souligne Pascal Chapelon, président de l'Agea.
Cet accord vise deux objectifs : sensibiliser les entreprises, encore trop démunies face à cette menace et accélérer la formation des agents généraux sur ce risque « nouveau » afin de permettre le développement d'un marché de l'assurance cyber, pour l'heure, toujours émergent.
Pourtant, selon le dernier baromètre des risques futurs d'AXA, le risque cyber est revenu en deuxième position des préoccupations (première place aux Etats-Unis) à la fois auprès d'un panel de 3.500 experts, mais aussi de l'opinion publique (près de 20.000 personnes interrogés).
« C'est une tendance de fond. Le confinement a accentué la digitalisation de l'économie, et du coup le risque cyber », constate Frédéric de Courtois, directeur général adjoint d'AXA, à l'occasion de la présentation du baromètre.
Sur le risque cyber, l'équation assurancielle reste compliquée à résoudre avec un risque en augmentation croissante (qui peut même devenir systémique) et une couverture encore largement insuffisante, compte tenu à la fois d'une demande des entreprises encore balbutiante et d'une offre à des prix acceptables toujours limitée. De fait, le marché du risque cyber est structurellement déficitaire et par conséquent en manque de capacités.
Eric Benhamou et Maxime Hanssen