Tensions au sein du réseau Axa sur le projet d'accord avec les restaurateurs
Maxime Hanssen
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
L'assureur propose une enveloppe de 300 millions d'euros pour trouver une issue amiable au conflit qui l'oppose à des restaurateurs. Ces mesures sont accueillies avec une certaine tiédeur par les agents généraux.
ENQUÊTE. Les agents généraux d'Axa affichent des sentiments partagés depuis l'annonce par le groupe d'une enveloppe de 300 millions d'euros pour trouver une issue amiable au conflit qui oppose l'assureur à des restaurateurs sur la garantie pertes d'exploitation suite à la crise du Covid-19. Selon un document interne et de nombreux témoignages sur le terrain, cette décision suscite à la fois un certain soulagement mais aussi beaucoup d'amertume sur la façon dont l'assureur a géré ce dossier. Avec une question lancinante : 300 millions seront-ils suffisants pour tourner la page ?
10 juin 2021, 7 heures 50. Les téléphones portables des agents généraux d'Axa France, ces entrepreneurs indépendants mandataires de la compagnie d'assurance, vibrent de toutes parts. Au micro d'Europe 1, Thomas Buberl, le directeur général du premier assureur mondial, empêtré dans un conflit entre Axa France et des restaurateurs suite à la crise sanitaire liée au Covid-19, annonce débloquer une enveloppe de 300 millions d'euros pour proposer une « solution amiable » (et non une indemnisation) aux assurés concernés.
L'annonce médiatique de ce geste d'apaisement a pris de court les quelque 3.000 agents généraux, pourtant en première ligne depuis un an. A peine le directeur général sorti de la station de radio, un « flash » interne atterrit dans les boîtes mail. La surprise a été totale, l'annonce préparée dans un secret absolu au siège.
Ce montant s'adresse à 15.600 clients concernés par les contrats multirisques professionnels qui prévoient une couverture des pertes d'exploitation en cas de fermeture administrative, assortie d'une clause d'exclusion en cas de fermetures simultanées de plusieurs établissements dans le même département. C'est cette garantie et sa clause d'exclusion qui sont à l'origine de quelque 1.500 litiges avec les restaurateurs.
«Un sentiment de frustration »
Pour la dizaine d'agents généraux contactés par La Tribune, ces mesures sont accueillies avec une certaine tiédeur, parfois même avec consternation. Seule une minorité interrogée évoque un soulagement, après des mois de tensions avec leurs clients.
L'annonce, son timing, le montant de l'enveloppe et son mode opératoire pour solder ce contentieux interrogent les agents généraux contactés. La main est certes tendue aux restaurateurs mais, dans un document confidentiel que s'est procuré La Tribune, Axa France campe sur ses positions et « reste convaincue par la clarté des garanties des contrats concernés, qui ne couvrent pas les fermetures administratives collectives ».
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.