Marchés financiers : une journée normale pour l'arrivée d'un Président normal

Non seulement la dette française n'est pas attaquée, mais elle serait même plutôt prisée à l'heure où la Grèce soulève de nouvelles inquiétudes. Lundi, le rendement de l'obligation assimilable du Trésor français à 10 ans s'est détendu de trois points de base.
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Copyright Reuters (Crédits : AFP)

A défaut d'être envahie par les chars russes, la France devait subir les assauts de la « finance sans visage » après la victoire de François Hollande. Les « experts » et autres stratèges de marché en mal d'action nous l'avaient promis. Leur « clairvoyance » laisse toutefois perplexe. Le résultat des élections françaises n'a entraîné aucun mouvement de panique sur les marchés financiers ce lundi.

La Grèce inquiète

En revanche, les investisseurs s'inquiètent du résultat des élections en Grèce. Sans gouvernement en mesure de négocier une nouvelle tranche d'aide avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international, la Grèce pourrait en effet se retrouver à court de financements d'ici la fin du mois de juin, selon trois responsables du ministère grec des Finances cités par Reuters. " S'il n'y a pas de gouvernement pour négocier la prochaine tranche avec la troïka (UE/BCE/FMI) et si l'Etat ne reçoit pas le flux de trésorerie mensuel prévu, alors nous pourrions avoir un problème de liquidités à partir du mois de juin", a indiqué l'un de ces responsables.

La France encore à l'abri de la tempête

Après avoir légèrement baissé à l'ouverture, le CAC 40 est vite repassé dans le vert. Il a finalement clôturé en hausse de 1,65%.

Le CDS de la France - un bon indicateur de la crédibilité financière du pays puisque le « credit default swap » permet de calculer le coût de l'assurance contre un risque de défaut - était en hausse de 5 points de base (194 points de base) en milieu d'après-midi, selon les données fournies par Markit. Il s'était envolé au-delà des 200 points de base au moment du premier tour.

Pas d'attaque non plus du côté des obligations assimilables du Trésor français (OAT)... L'écart de rémunération supplémentaire (spread) exigé par les investisseurs pour détenir de la dette française plutôt que de la dette allemande est même tombé de 124 points de base vendredi soir à 119 points de base en fin d'après-midi. Ce "spread" était de 140 points de base il y a une semaine.

Finalement, alors que le résultat des élections grecques a à nouveau semé le doute sur la capacité de la zone euro à s'extirper de la crise, la dette française résiste plutôt bien. Signe du regain d'inquiétude sur les marchés, le taux du Bund allemand à 10 ans , valeur refuge par excellence dans la zone euro, a battu des records de faiblesse : il a touché un nouveau plus bas historique au cours de la journée (1,55 %). En France, les taux à 10 ans se sont eux aussi détendus, terminant la journée à 2,80 %.

« Sur les marchés, le jugement c'est tout le temps »
Les opérateurs de marché ont une explication toute simple à ce calme post électoral. Les inquiétudes liées à l'élection de François Hollande étaient déjà « intégrées dans les cours » expliquent-ils. « Depuis la mi-mars le CAC a chuté de 15%. S'il y a une conséquence dans les cours, elle était anticipée, et elle est là », écrit Pierre-Antoine Dusoulier, le président de Saxo Banque.
« Sur les marchés, le jugement c'est tout le temps », ironise ce dernier. « Les marges de man?uvre sont serrées », confirme Michel Martinez, économiste à la Société Générale. « Un éventuel dérapage budgétaire et une éventuelle divergence de point de vue avec l'Allemagne seront immédiatement sanctionnés » prévient-il.

 

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Commentaires 4
à écrit le 08/05/2012 à 16:36
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Que des faux-culs ces financiers avec les mille milliards de la BCE à 1%. Soutien de m?

à écrit le 07/05/2012 à 18:43
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Excellent.

à écrit le 07/05/2012 à 18:37
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trop gentil Lutner!!moi je ne suis pas mort de rire.Ce chantage a la speculation,ce chantage a la peur est tout simplement honteux de la part de ce fiorentino(pas monsieur) .'c'est de la derniere ignominie;Tout ça pour sauver sarko.C'est a v...r.Mais...

à écrit le 07/05/2012 à 17:23
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Mort de rire! Il est ou Fiorentino?

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