Dans un communiqué, le bancassureur annonce réfléchir à un projet de cessation de sa jeune banque en ligne, lancée en 2019, malgré ses 750.000 clients. Le groupe estime que Ma French Bank n’a pas réussi à trouver son modèle économique, ni atteint la rentabilité. C’est le deuxième acteur de poids qui quitte le marché de la banque mobile après la décision d’Orange de fermer à terme sa filiale Orange Bank.Et de deux. Après la décision prise par Orange de mettre un terme à l'aventure Orange Bank en finalisant un accord de reprise de fonds de commerce avec Hello Bank ! (BNP Paribas), c'est au tour de la Banque Postale d'annoncer, ce mercredi, « étudier un projet de de cessation des activités de Ma French Bank ».
Lancée en juillet 2019, la banque mobile destinée aux jeunes, sur la base d'un forfait à 2,9 euros par mois, ne faisait plus vraiment parler d'elle depuis quelques mois déjà, notamment dans la communication des résultats financiers de La Banque Postale. Finalement, le bancassureur a décidé d'arrêter les frais. Le 18 décembre dernier, une procédure d'information- consultation des instances représentatives du personnel a été lancée et le groupe s'est engagé à reclasser en interne les 161 salariés de la banque digitale.
750.000 clients mais pas de taille critique
« La Banque Postale a procédé ces dernières semaines à une revue stratégique de Ma French Bank, cinq ans après son lancement. Malgré un succès indéniable auprès des clients, Ma French Bank n'a pas atteint la rentabilité et n'a pas encore trouvé son modèle économique », indique le communiqué du bancassureur. Fin octobre, la banque numérique affichait 750.000 clients au compteur. Face aux investissements massifs qui seraient nécessaires pour atteindre une taille critique, la Banque Postale a choisi d'autres priorités, notamment l'accélération de sa digitalisation.
Après l'éviction surprise cet été de Philippe Heim de la présidence du directoire, malgré le renouvellement de son mandat en février, La Banque Postale est engagée dans une vaste revue de ses activités en vue de redresser la rentabilité de la banque, alors que les activités d'assurance, via l'intégration de la CNP, représentent désormais l'essentiel des profits du groupe financier. C'est d'ailleurs l'ancien patron de la CNP, Stéphane Dedeyan, qui a été nommé à la tête de La Banque Postale en octobre dernier.