La production de crédit immobilier est tombée sur un point bas depuis 2015 en septembre, selon la Banque de France.
CHARLES PLATIAU
A partir du 1er décembre, le taux plafond (assurance et frais compris) d’un crédit immobilier de 20 ans ou plus est de 6,11 %, soit une hausse de 250 points de base depuis le début de l’année. La progression du taux devrait être moins soutenue l’an prochain, alors que les banques devraient modérer la hausse de leurs barèmes et que l’actualisation du taux d’usure reviendra sur un rythme trimestriel.
Selon le nouveau barème au 1er décembre, publié au Journal Officiel, le taux d'usure d'un crédit immobilier sur 20 ans ou plus dépasse désormais les 6 %, à 6,11%. La révision mensuelle du taux d'usure devrait ainsi prendre fin et aura eu l'effet attendu, celui de réamorcer la pompe à crédit immobilier. La révision doit reprendre un rythme trimestriel à partir du 1er janvier 2024.
Depuis le début de l'année, le taux d'usure ont donc augmenté de plus de 250 points de base (de 3,57% à 6,11%) sur un crédit à 20 ans et plus, une remontée rapide, permise par la mensualisation de la révision, obtenue par les professionnels du crédit malgré les réserves initiales de la Banque de France.
Taux de refus en ligne de mire
L'augmentation de ce taux d'usure a eu « pour effet de limiter le nombre de dossiers de prêts refusés », se félicite Julie Bachet, directrice générale du courtier Vousfinancer. Faute de pouvoir ajuster les conditions de crédit à la hausse des taux d'intérêt, certaines banques, comme Société Générale, ont freiné drastiquement la production de crédit immobilier, notamment au premier semestre.
Avec à la clé, une explosion du taux de refus, selon certains courtiers, en raison d'un dépassement du taux plafond (avec la prise en compte des assurances et frais de dossiers) ou des critères d'octroi d'un crédit, fixés par le Haut conseil de stabilité financière (HCSF), et plus difficilement atteignables par les ménages avec la hausse du coût de l'emprunt.
Lors de la conférence annuelle de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le 17 novembre dernier, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a reconnu que le taux de refus « n'est pas précisément mesuré » et qu'il existait « un sentiment diffus qu'il a monté ».
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De fait, il semble bien que ce taux ait augmenté au troisième trimestre, en recoupant des statistiques, alors qu'il n'existe pas de justification, selon le gouverneur, à cette hausse. D'où l'idée avancée de « réfléchir » à une sorte de procédure amiable pour les crédits immobiliers apparemment solvables et qui auraient donné lieu à des refus, « comme cela existe pour le crédit aux entreprises ».