La BCE lance une nouvelle étape vers la création d’un euro numérique
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La BCE veut créer un billet numérique aux caractéristiques proches du billet de banque.
DADO RUVIC
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La BCE veut créer un billet numérique aux caractéristiques proches du billet de banque.
DADO RUVIC
Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) vient de donner, ce mercredi 18 octobre, son feu vert au lancement d'une nouvelle étape importante du projet d'euro numérique. Après une phase d'investigation de deux ans, la BCE se lance dans une phase de préparation, qui doit s'étaler de novembre 2023 à 2030, précise-t-elle dans un communiqué de presse ce mercredi 18 octobre. Une première partie, sur deux ans, sera consacrée à la poursuite des travaux déjà engagés, et se fera en parallèle des débats législatifs du texte européen sur l'euro numérique, présenté par la Commission européenne en juin dernier. Ce n'est qu'une fois ce texte adopté en trilogue que la BCE pourra décider d'émettre, ou non, une nouvelle monnaie numérique. Six questions autour d'un projet au long cours.
C'est un peu l'histoire de celui qui se lance dans un projet, sans vraiment savoir pourquoi mais avec l'intime conviction qu'il faut y aller quand même. « Ce n'est pas un projet intuitif », reconnaît un haut responsable de la Banque de France. Les consommateurs sont gavés de moyens de paiement, alors pourquoi en créer un autre ?
À lire également
Depuis deux ans, la Banque centrale européenne (BCE), très volontariste sur la création d'un euro numérique, peaufine ses arguments pour dissiper les doutes de l'intérêt de créer un euro numérique. Dans un monde qui se numérise à grande vitesse, où les transactions en cash fondent comme neige au soleil (60% des transactions en magasin en 2022 contre 80% en 2016), il s'agit donc de créer un « billet de banque numérique » pour pallier la disparition progressive du cash. C'est l'argument numéro un. Qui convainc pour l'instant assez peu. C'est surtout un enjeu de souveraineté face aux appétits croissants d'acteurs extra-européens, comme les grands réseaux internationaux (Visa, Mastercard...) mais surtout face aux Big Techs dont on prête l'envie de créer leur propre monnaie. La tentative de Facebook de lancer sa monnaie a créé un vrai choc dans le monde des banquiers centraux, et l'annonce faite cet été par PayPal de lancer son stablecoin, conforte bien des certitudes sur le danger à venir. C'est l'argument numéro deux qui ne convainc guère plus pour l'instant. « Pourquoi la banque centrale serait la seule institution à rester dans l'ère papier et ne pas passer à l'ère numérique», se lamente un banquier central.