Le Crédit Mutuel Alliance fédérale, qui regroupe 14 des 18 fédérations du Crédit Mutuel et le CIC, est une banque à la fois prospère et vertueuse. Prospère car elle affiche le meilleur coefficient d'exploitation (revenus sur charges) de la place, un ratio prudentiel CET1 de plus de 18 % et prévoit quelque 16,5 milliards d'euros de résultat net cumulé sur quatre ans (2024-2027), dont 5 milliards en 2027, soit une rentabilité du total des actifs bruts (1.000 milliards d'euros) de 0,5%. Ce sont de très bons ratios.
Vertueuse car la banque mutualiste multiplie depuis 2019 les bonnes intentions, quitte parfois à agacer ses concurrents, en adoptant le statut d'entreprise à mission, en développant le concept de « mutualisme par la preuve » (merci pour les autres mutualistes), en lançant en 2020, en plein Covid, la prime de relance ou en supprimant, en 2021 avant tout le monde, le questionnaire santé sur l'assurance emprunteur (« sans modifier les tarifs, ni trier les clients », insiste-t-on en interne), et enfin, en instituant cette année, avec un an d'avance, le dividende « sociétal ».
Ce dividende doit mobiliser chaque année 15 % du résultat net pour des projets de transformations environnementales. Soit 2,5 milliards d'euros sur quatre ans. Ce n'est pas rien. Mais rappelons que les banques cotées consacrent au minimum 50% de leur résultat net pour les actionnaires (60% pour BNP Paribas).