La politique de taux négatif sur les dépôts bancaires de la Banque centrale européenne a coûté 33,7 milliards d'euros aux banques européennes depuis 2014.
Depuis l’introduction des taux négatifs par la Banque centrale européenne (BCE) en 2014, la facture s’alourdit pour les banques européennes. Avec, en 2020, un montant record de 8,5 milliards d’euros, selon une étude de Desposit Solutions, dont 2,5 milliards supportés par les seules banques françaises.Toutefois, le programme de prêt à long terme (TLTRO) de la BCE permet d’alléger la facture, surtout pour les banques du Sud de l’Europe.
Les dépôts à vue, dont les fonds peuvent être en totalité ou en partie retirés à tout moment, coûtent de plus en plus chers aux banques. La crise sanitaire et les périodes de confinement ont généré en effet une épargne « subie » sans précédent, largement investie dans les dépôts à vue concrètement les comptes courants. Selon les calculs de BPCE et de la Banque de France, les ménages Français ont placé l'an dernier sur leurs comptes courants près de 74 milliards d'euros, soit un excédent de placement de 40 milliards par rapport à la moyenne des années 2018 et 2019.
Une bonne nouvelle pour les banques qui trouvent ainsi une ressource abondante ? Non, au contraire. Les banques commerciales sont en effet tenues de placer leurs dépôts excédentaires auprès de la Banque centrale européenne (BCE), qui les rémunère à un taux d'intérêt négatif depuis 2014, aujourd'hui fixé à -0,5%. En clair, les banques doivent payer la banque centrale pour leurs dépôts réglementaires. Et la facture s'alourdit au fur et à mesure que les dépôts à vue augmentent.
Le maintien dans la durée de cette politique de taux négatif, réaffirmée aujourd'hui par la BCE, dans un monde où le taux d'épargne s'accroît plus vite que le taux d'investissement, promet aux banques une dégradation continue de leur rentabilité. Certes, la BCE a mis en place des mesures pour limiter l'impact des taux négatifs, comme le système de tiering, qui exonère du taux négatif une partie des dépôts bancaires.
Mais, c'est surtout le guichet de prêts de long terme (TLTRO), qui permet aux banques d'emprunter auprès de la BCE à taux négatif (jusqu'à -1%) qui semble jouer le rôle de principal contre-feu pour amortir le choc. C'est du moins l'une des conclusions de l'étude sur l'impact les taux négatifs, réalisée chaque année, par la fintech allemande Deposit Solutions
Une charge de 2,5 milliards pour les banques françaises
Selon l'étude, la facture des taux négatifs s'élève, en 2020, à 8,5 milliards d'euros pour les banques européennes, « un montant record ». L'an dernier, la fintech allemande avait évalué cette charge à 6,7 milliards pour l'année 2019. Au total, la mise en place à partir de 2014 de la politique des dépôts à taux négatifs de la BCE aura coûté aux banques européennes quelque 33,7 milliards d'euros.
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