Bras de fer au Crédit Mutuel : le Massif central déserte Arkéa

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L'ensemble Arkéa regroupe les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central. Cette dernière a décidé de rejoindre le bloc des 11 fédérations de l'Est, CM11-CIC, à compter du 1er janvier 2019.
L'ensemble Arkéa regroupe les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central. Cette dernière a décidé de rejoindre le bloc des 11 fédérations de l'Est, CM11-CIC, à compter du 1er janvier 2019. (Crédits : DR)
En conflit avec l'organe central de la banque mutualiste, l'ensemble Arkéa va perdre l'une de ses trois fédérations, le Massif Central, qui veut rejoindre l'ensemble CM11-CIC. Un coup dur pour le petit groupe bancaire dynamique, dont la solidité financière n'est cependant pas affectée.

Après la guerre, la sécession : dans son combat pour préserver son indépendance, le groupe Crédit Mutuel Arkéa, qui regroupe les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central, vient de subir un mauvais coup. La Fédération de Clermont-Ferrand vient de décider de quitter Arkéa pour rejoindre l'ennemi, autrement dit l'ensemble CM11-CIC, les 11 fédérations du grand Est.

Un nouveau président, Frédéric Ranchon, élu la semaine passée a fait nommer un nouveau délégué général, Jean-Pierre Babel mardi soir lors d'un conseil d'administration au cours duquel il a été décidé que :

« Tous pouvoirs lui ont été conférés pour diriger le groupe CMMC, permettre au Crédit Mutuel Massif Central de reprendre toute sa place au sein de la Confédération nationale du Crédit Mutuel et mener à bien la convergence vers le Groupe Crédit Mutuel CM11 au 1er janvier 2019 » indique un communiqué de la fédération.

Coup de tonnerre dans le ciel breton des dirigeants d'Arkéa. Ce matin, Jean-Pierre Denis, le président du conseil, et Ronan Le Moal, le directeur général, ont exprimé leur stupéfaction dans un message adressé par mail aux salariés d'Arkéa, que la Tribune a pu consulter :

« Ces actes d'une violence inouïe, dont chacun s'accordera à dire qu'ils sont peu compatibles avec les valeurs du mutualisme, sont irrespectueux des règles de gouvernance et de droit les plus élémentaires, insultants pour le rôle des représentants du personnel, et ne font que conforter notre groupe dans ce qui a toujours été sa ligne de conduite : il n'existe aucune possibilité de faire coexister, au sein d'un seul et même organe central, les groupes Crédit Mutuel Arkéa et CM11-CIC. »

Pas d'impact sur les fonds propres

L'ancien délégué général aurait « appris sa révocation par SMS ! Pas très mutualiste comme méthode » s'indigne une source.

La direction de Crédit Mutuel Arkéa ne fait pas de commentaire. Elle souligne toutefois que

 « La solidité financière de Crédit Mutuel Arkéa n'est pas remise en question : la fédération du Massif central ne représente que 30 caisses sur 334 et 3% de nos fonds propres. »

Cette défection d'une région à l'emprise territoriale importante mais peu peuplée accentue néanmoins l'isolement des irréductibles rebelles de l'Ouest, face à un groupe de 11 fédérations au périmètre qui sera encore agrandi. Exactement ce qu'espère Nicolas Théry, le président de CM11-CIC, également président de la Confédération nationale.

« Cet événement, très représentatif du mode de relation envisagé par les tenants d'un Crédit Mutuel non pas "uni" mais uniformisé, ne fait que renforcer notre détermination pour faire reconnaître notre autonomie stratégique et prudentielle » ont déclaré les dirigeants d'Arkéa à leurs salariés.

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Commentaires
a écrit le 29/06/2017 à 16:34 :
Le Massif Central, récupère le VRAI Mutualiste, et que le sud-ouest suive.
a écrit le 29/06/2017 à 6:57 :
Arkéa: Ce ne serai pas un truc mis sur pied juste dans le seul but de servir des rémunérations supérieures à ses seuls dirigeants?
j'ai bon?
Réponse de le 29/06/2017 à 17:05 :
Absolument, et ils centralisent, occultent de plus en plus, et ont abandonné le fonctionnement mutualiste.
a écrit le 28/06/2017 à 20:13 :
Pour le vieux sociétaire que je suis, M. Denis s'enferme dans une voie sans issue. Qu'il le veuille ou non, nous sommes entrés dans un siècle qui verra (et voit déjà sur le plan politique) la disparition des "baronnies" de toute nature, petites ou grandes. Et, même si on peut lui reconnaître des qualités objectives de management, en persistant dans l'aveuglement de son ego, il finira "duc Arkea des bonnets bleus" ;-) !!

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