S’assurer contre le coronavirus : un vrai casse-tête pour les entreprises
Juliette Raynal
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TINGSHU WANG
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Usines fermées, baisse des ventes, frais de rapatriement, perturbations dans le secteur du tourisme et du transport... Les possibles pertes financières liées à l'épidémie du nouveau coronavirus, dont le dernier bilan fait état de plus de 1.000 morts, sont multiples pour les entreprises, qui sont souvent mal protégées contre les aléas sanitaires de ce type.
Sur le marché, il existe bien une assurance de pertes d'exploitation permettant à une entreprise de compenser les effets de la diminution de son chiffre d'affaires et de faire face à ses charges fixes. Seul hic : cette assurance ne fonctionne que si elle est directement liée à un dommage matériel, comme un incendie par exemple. « Les solutions d'assurance pertes d'exploitation existantes n'apportent pas, ou très peu, de garantie face au risque sanitaire car cela ne rentre pas dans l'objet du contrat d'assurance dommage", explique Frédéric Durot, directeur du département dommage du courtier Siaci Saint Honoré, spécialisé dans l'accompagnement des grandes entreprises, ETI et PME.
Aujourd'hui, les assurances de pertes d'exploitation sans dommage existent à la marge, mais l'offre est encore balbutiante.
Dans de telles situations, les entreprises
voudraient s'assurer
l'année où le risque survient. Il manque alors trente années de primes pour que le principe de mutualisation propre à l'assurance fonctionne"
,
analyse pour sa part, Julien Chartier, associé services financiers et actuariat au sein du cabinet Optimind.À lire également
Pour combler ce trou dans la raquette, une alternative se présente aux entreprises : la captive d'assurance, dont le concept revient à s'auto-assurer. La captive est une compagnie d'assurance filiale d'une entreprise ou d'un groupe industriel. Sa mission consiste à assurer les risques du groupe difficiles à assurer via le circuit classique."Une captive d'assurance ou de réassurance peut délivrer une couverture de pertes d'exploitation sans dommage dite « pertes pécuniaires diverses » assortie d'une liste de périls bien définis. Dans la cas de l'épidémie du nouveau coronavirus, le risque sanitaire doit être dénommé", explique Frédéric Durot. Aujourd'hui, plusieurs entreprises clientes de Siaci Saint Honoré et dotées d'une captive ont ainsi déclenché ce type de garantie pour financer les rapatriements ou faire face à des frais supplémentaires.
Juliette Raynal