Crédit Agricole : la surtaxe a pénalisé les bénéfices l'an dernier

Credit agricole finalise le rachat du solde du capital de caceis a natixis
Jacky Naegelen

Credit agricole finalise le rachat du solde du capital de caceis a natixis
Jacky Naegelen
[Article mis à jour à 11h50]
Les trois patrons des groupes bancaires mutualistes Crédit Agricole, BPCE et Crédit Mutuel, avaient pris la plume en novembre dernier pour protester contre "l'injustice" de la taxe exceptionnelle imposée par le gouvernement aux 320 grands groupes de plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires - destinée à compenser le manque à gagner de l'annulation par le Conseil constitutionnel de la taxe sur les dividendes - alors que ces groupes versent peu ou pas de dividende, de par leurs statuts. En vain. Et les résultats annuels de Crédit Agricole S.A., l'entité cotée en Bourse de la Banque verte, en portent les traces : une charge de 326 millions d'euros grève le bénéfice net annuel, qui a progressé de 3,1% à 3,6 milliards d'euros l'an dernier.
La veille, le groupe BPCE (Banques Populaires Caisses d'Epargne) avait expliqué avoir réussi à limiter l'effet de la surtaxe à moins de 100 millions d'euros sur ses comptes 2017 grâce à des cessions d'actifs ayant dégagé des moins-values fiscales et à la déduction fiscale de créances douteuses permise par une jurisprudence du Conseil d'Etat.
Le conseil d'administration de Crédit agricole SA a décidé "de ne pas tenir compte de la surcharge d'impôt" et "d'immuniser les actionnaires contre cette charge" : le dividende qui sera proposé à la prochaine assemblée générale (0,63 euro par action) représente un taux de distribution de 56% du résultat net part du groupe, "supérieur de façon exceptionnelle au taux de distribution cible de 50% fixé dans le cadre du Plan à moyen terme".
Le produit net bancaire a progressé de 10,6% sur l'année, à 18,6 milliards d'euros (de 7,2% à périmètre constant). "La hausse provient de tous les pôles, sauf la Banque de proximité, qui continue d'être affectée par l'environnement de taux bas et les effets de la dévaluation de la livre égyptienne sur les revenus de la filiale locale", indique le groupe.
[Evolution des renégociations de crédits immobiliers au LCL. Crédits : CASA]
Au quatrième trimestre, cependant, le produit net bancaire de LCL a reculé de 3,9% à 846 millions d'euros, la forte croissance des commissions (+13,5%) n'ayant pas compensé la baisse de la marge nette d'intérêt (-11,3%) "toujours contrainte par l'environnement de taux."
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