Crédit Agricole : la surtaxe a pénalisé les bénéfices l'an dernier

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Le conseil d'administration de Crédit Agricole S.A. a décidé de ne pas tenir compte de la surcharge d'impôt et d'immuniser les actionnaires contre cette charge.
Le conseil d'administration de Crédit Agricole S.A. a décidé "de ne pas tenir compte de la surcharge d'impôt" et "d'immuniser les actionnaires contre cette charge". (Crédits : Jacky Naegelen)
La taxe exceptionnelle imposée par le gouvernement aux grands groupes pour compenser l'annulation de la taxe sur les dividendes a grevé de 326 millions d'euros le bénéfice net annuel de l'entité cotée de la banque mutualiste, qui a progressé de 3,1% à 3,6 milliards d'euros l'an dernier. L'action chute en Bourse.

[Article mis à jour à 11h50]

Les trois patrons des groupes bancaires mutualistes Crédit Agricole, BPCE et Crédit Mutuel, avaient pris la plume en novembre dernier pour protester contre "l'injustice" de la taxe exceptionnelle imposée par le gouvernement aux 320 grands groupes de plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires - destinée à compenser le manque à gagner de l'annulation par le Conseil constitutionnel de la taxe sur les dividendes - alors que ces groupes versent peu ou pas de dividende, de par leurs statuts. En vain. Et les résultats annuels de Crédit Agricole S.A., l'entité cotée en Bourse de la Banque verte, en portent les traces : une charge de 326 millions d'euros grève le bénéfice net annuel, qui a progressé de 3,1% à 3,6 milliards d'euros l'an dernier.

"Cette surcharge fiscale est très concentrée sur quelques entreprises, quelques établissements, et notamment les établissements qui ont une base fiscale en France élevée", a déclaré Philippe Brassac, le directeur général de Crédit agricole SA, lors d'une conférence de presse.

La veille, le groupe BPCE (Banques Populaires Caisses d'Epargne) avait expliqué avoir réussi à limiter l'effet de la surtaxe à moins de 100 millions d'euros sur ses comptes 2017 grâce à des cessions d'actifs ayant dégagé des moins-values fiscales et à la déduction fiscale de créances douteuses permise par une jurisprudence du Conseil d'Etat.

Le conseil d'administration de Crédit agricole SA a décidé "de ne pas tenir compte de la surcharge d'impôt" et "d'immuniser les actionnaires contre cette charge" : le dividende qui sera proposé à la prochaine assemblée générale (0,63 euro par action) représente un taux de distribution de 56% du résultat net part du groupe, "supérieur de façon exceptionnelle au taux de distribution cible de 50% fixé dans le cadre du Plan à moyen terme".

LCL stabilisé

Le produit net bancaire a progressé de 10,6% sur l'année, à 18,6 milliards d'euros (de 7,2% à périmètre constant). "La hausse provient de tous les pôles, sauf la Banque de proximité, qui continue d'être affectée par l'environnement de taux bas et les effets de la dévaluation de la livre égyptienne sur les revenus de la filiale locale", indique le groupe.

"Il n'y a plus de renégociations, il n'y a plus de remboursements anticipés. Nous sommes revenus à des niveaux complètement normalisés", a déclaré Jérôme Grivet, le directeur général adjoint de Crédit Agricole SA chargé des finances, à propos de l'activité de LCL.

Crédit immobilier renégo LCL

[Evolution des renégociations de crédits immobiliers au LCL. Crédits : CASA]

Au quatrième trimestre, cependant, le produit net bancaire de LCL a reculé de 3,9% à 846 millions d'euros, la forte croissance des commissions (+13,5%) n'ayant pas compensé la baisse de la marge nette d'intérêt (-11,3%) "toujours contrainte par l'environnement de taux."

A l'ouverture de la Bourse de Paris ce mercredi matin, l'action Crédit Agricole affiche une baisse de 2%. A 11h30, le cours perd près de 3%, signant la plus forte baisse du CAC 40, lui en hausse.

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Commentaires
a écrit le 14/02/2018 à 18:56 :
Les pôvres.....bénéfices réalisés avec l'argent que laissent les dépositaires, épargnants mais aussi les intérêts sur les prêts, les agios etc...la taxe est injuste....eux spolient bref en argent c'est comme en amour Trompe qui peut..........😂
a écrit le 14/02/2018 à 18:40 :
Bonjour,

Votre Président et votre Présidente, n'ont-ils pas besoin d'argent pour financer leur projet de rachat de maison pour en faire une école, un tribunal, une ram, une salle des fetes, une banque, une mairie, une église, une mosquée ..à l'effigie des Macron...

Macron village impose

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