Deutsche Bank : coupes drastiques à Wall Street

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Deutsche Bank est profondément enracinée en Europe : nous voulons ici apporter à nos clients un accès à des solutions de financement globales, a justifié le nouveau président du directoire Christian Sewing.
"Deutsche Bank est profondément enracinée en Europe : nous voulons ici apporter à nos clients un accès à des solutions de financement globales", a justifié le nouveau président du directoire Christian Sewing. (Crédits : Deutsche Bank)
La banque allemande annonce des réductions "significatives" d'emplois dans l'activité de vente d'actions et de taux. Déjà, 300 banquiers d'affaires auraient été licenciés à New York la veille selon le Financial Times.

[Article mis à jour à 20h30]

La première banque allemande va profondément réorganiser son pilier de la banque d'investissement, en réduisant la voilure dans le trading obligataire et actions. Deutsche Bank a annoncé jeudi des "ajustements stratégiques" et des "mesures de réduction de coûts additionnelles" dans la branche Corporate & Investment Bank (CIB), renonçant ainsi à son ambition portée pendant trois décennies, d'être un des géants de Wall Street.

"Dans le CIB, Deutsche Bank va concentrer ses activités et ses ressources sur ses clients européens et multinationaux, ainsi que les produits qui leur sont le plus pertinents, réduisant son exposition aux autres régions" indique le groupe.

La banque va réduire ses opérations de trading et ses relations avec les hedge funds aux Etats-Unis tout en lançant un réexamen de ses opérations mondiales de trading "en vue de réduire leur plate-forme." L'essentiel des suppressions de postes concernera donc les Etats-Unis et l'Asie. Deutsche Bank a prévenu qu'il y aurait des réductions "significatives" d'effectifs, sans préciser un ordre d'idée.

Ce sont 300 banquiers d'affaires basés aux Etats-Unis qui ont été licenciés en une journée la veille et 100 autres le seront d'ici la fin de la semaine selon le Financial Times. La banque allemande emploie environ 10.000 personnes outre-Atlantique. De son côté, le Frankfurter Allgemeine Zeitung croit savoir que la banque prévoit de supprimer plus de 1.000 postes aux Etats-Unis.

"Deutsche Bank est profondément enracinée en Europe : nous voulons ici apporter à nos clients un accès à des solutions de financement globales", a justifié le nouveau président du directoire Christian Sewing, en poste depuis deux semaines. "Ces réductions (de postes) sont douloureuses, mais malheureusement inévitables pour assurer la compétitivité de notre banque à long terme", a-t-il ajouté.

Coûts de restructuration en hausse

La banque a relevé sa prévision de coûts de restructuration à 800 millions d'euros pour 2018, au lieu de 500 millions précédemment. L'action Deutsche Bank a cédé 1,3% ce jeudi, ces annonces étant déjà en partie anticipées.

L'agence de notation Standard & Poor's a placé la note de crédit de la banque sous surveillance avec implication négative ce mois-ci, estimant que le remaniement à sa tête, après le départ de John Cryan, pourrait prolonger la restructuration. Le directeur financier de Deutsche Bank, James von Moltke, a dit espérer jeudi que les annonces du jour aient un impact positif sur le profil de crédit de la banque.

Deutsche Bank a indiqué vouloir s'orienter vers des activités plus stables. Elle vise à horizon 2021 une part de 50% des activités de banque privée et commerciale ainsi que de gestion d'actifs, contre 46% l'an dernier et 54% pour le CIB.

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Commentaires
a écrit le 28/04/2018 à 10:13 :
Acheter et vendre des actions ce n'est pas de l'investissement, c'est un marché d'occasion ou il est élémentaire d'éviter les recapitalisation.
Une braderie en costard cravate...
a écrit le 27/04/2018 à 15:01 :
Il est extrêmement préoccupant de constater qu'il n'existe plus aucune banque européenne du niveau des grandes banques américaines. l'expertise perdue dans des produits complexes ne reviendra pas. Se recentrer sur ses bases domestiques est une solution, mais c'est la solution de l'équipe qui abandonne la ligue 1 pour jouer en division de (des)honneur. La réalité, c'est que DB, comme toutes les banques allemandes ont beaucoup trop tardé à se remettre en question, à faire les ajustements nécessaires, peut-être parce que leur marché domestique était justement suffisamment porteur pour ne pas à avoir le faire. depuis combien de temps parlons-nous de restructuration du secteur bancaire en Allemagne? les profits de DB, misérables, après trois augmentations de capital successives, ne sont pas à la hauteur de ce que les actionnaires sont en droit d'attendre: un cours divisé par 3 depuis dix ans, pas de dividende, et des pertes depuis le premier janvier de plus de 25%. on comprend que nul ne peut continuer à inonder de liquidités une société qui a au surplus augmenté ses dépenses! Il va falloir casser de la dépense, virer des salariés, et pas seulement 300.. des milliers de personnes vont perdre leurs emplois!
a écrit le 26/04/2018 à 19:15 :
L'Allemagne se délite je trouve bien rapidement fasse aux états unis, il y a quelques semaines il fallait résister puis au final on voit bien que c'est sauve qui peut !

Hé oui ça ceux qui se croient grands et ya ceux qui le sont.

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