Deutsche Bank : des "décisions difficiles" en vue sur les marchés

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Christian Sewing, 47 ans, le nouveau directeur général de la première banque allemande, dirigeait jusqu'ici la banque de détail, où il a réalisé l'essentiel de sa carrière.
Christian Sewing, 47 ans, le nouveau directeur général de la première banque allemande, dirigeait jusqu'ici la banque de détail, où il a réalisé l'essentiel de sa carrière. (Crédits : DB)
Le nouveau patron de la première banque allemande, Christian Sewing, spécialiste du métier de détail, a prévenu qu'il fallait, "dans les conditions de marchés difficiles", revoir les conditions d'exercice du "pilier" de la banque d'investissement.

(Article publié le 9 avril à 10h11, mis à jour à 18h18 avec une infographie de Statista)

La rumeur courait depuis quelques semaines : le conseil de surveillance de Deutsche Bank a remercié le directeur général John Cryan et nommé dimanche soir à sa place Christian Sewing, 47 ans, un cadre dirigeant qui a fait l'essentiel de sa carrière dans la banque de détail. Dans son tout premier message aux salariés, rendu public ce lundi matin, le nouveau patron de la première banque allemande, qui rappelle qu'il y a commencé en 1989 comme apprenti, cherche à mobiliser les troupes mais prévient d'ores et déjà que le chemin ne sera pas pavé de roses, après trois années consécutives de pertes.

S'il invite les équipes à retrouver leur "soif des affaires", il annonce que la banque devra impérativement réduire ses coûts, qui ne devront pas dépasser 23 milliards d'euros. "Ceci est non négociable", insiste-t-il, avertissant que les loupés du dernier trimestre ne sauraient se reproduire. Il veut notamment améliorer les processus et en finir avec les lourdeurs bureaucratiques de cette institution née il y a près de 150 ans.

"Nous devrons prendre des décisions difficiles et les exécuter" décare-t-il.

Le message le plus clair concerne la réduction de la voilure dans la banque de financement et d'investissement (BFI, qui regroupe les activités de marchés et de services financiers aux entreprises, États et institutions financières), qui continue à générer la plus grande part du chiffre d'affaires, mais génère des pertes.

Retrait des domaines non rentables

Dans ce domaine, l'ex-dirigeant de la branche banque de détail, qui est en train d'achever sa fusion avec la Postbank, reconnaît que Deutsche Bank se porte bien "dans certains secteurs d'activité à l'échelle mondiale" :

"Nous avons été en mesure de récupérer des parts de marché dans des secteurs clés. Mais nous savons également que nous devrons adapter davantage notre structure de revenus, de coûts et de capital. Par conséquent, nous allons analyser en profondeur comment nous voulons positionner ce pilier de notre banque dans un environnement de marché difficile. La priorité est de tirer parti de nos forces et d'allouer nos investissements en conséquence. Et en même temps, nous chercherons à libérer de la capacité de croissance en nous retirant des zones où nous ne sommes pas suffisamment rentables", explique Christian Sewing dans son message.

Au premier trimestre, Deutsche Bank a particulièrement souffert des effets de change, l'essentiel de son activité de trading étant réalisé en dollar. La banque allemande ne s'est jamais totalement remise de la crise financière de 2007-2008 dans les activités de marchés, où elle avait suivi une stratégie agressive de développement dans les années antérieures.

"Le temps presse et les attentes sont élevées, de la part de nos clients, de nos investisseurs, des autorités réglementaires, des responsables politiques et des médias", écrit le nouveau patron.

Les investisseurs ont plutôt bien accueillis la nouvelle de la nomination de Christian Sewing : l'action Deutsche Bank gagne plus de 3% ce lundi matin à la Bourse de Francfort.

La Deutsche Bank toujours dans le rouge

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Pertes et bénéfices de la Deutsche Bank

[Un graphique de notre partenaire Statista]

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La Deutsche Bank est dans le rouge pour la troisième année consécutive. L'année fiscale 2017 s'est terminée avec des pertes proches de 500 millions d'euros,. toutefois nettement inférieures à celles de l'année précédente (1,4 milliard en 2016).

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Commentaires
a écrit le 10/04/2018 à 11:56 :
Dossier intéressant à suivre pour savoir quelle sera leur approche, en comparaison de celle des autres pays pendant et suite à la crise de 2008.

Vont-ils mélanger les torchons et les serviettes, vont-ils nationaliser, qu’en est il de l’application de la directive BRRD - Bank Recovery and Resolution Directive, la BCE peut elle s’en mêler, qu’en est il du rôle des banques centrales, etc…?
Pourquoi l'Etat Allemand n’injecte-t-il pas tout simplement de l'argent dans la Deutsche Bank ?
Avec une dette publique à 65 % du PIB, soit comme dette par habitant 23.800 €, (contre 98 % du PIB pour la France et 32.000 € par habitant), ils ont des marges de manœuvre. D’autant plus que leur budget est à l’équilibre et qu’ils disposent d’une VRAIE cagnotte.
Cela ne devrait pas poser de problème puisque la Commission Européenne avait autorisé en 2017 un refinancement de deux banques Italiennes à hauteur de 17 Milliards
- Suffit de passer par la Deutsche Bundesbank, une banque centrale
https://www.bundesbank.de/Redaktion/FR/Standardartikel/Missions/missions.html
http://la-chronique-agora.com/banque-centrale-faillite/

- Les Allemands pourraient aussi créer un CDR, comme ce fut fait pour éponger les pertes du Crédit Lyonnais, désastre qui a du coûter 20 Milliards € (CDR : c’est un système complexe à mi chemin entre la finance et la physique quantique).

- La Nationalisation : comme cela fut fait pour HRE et Commerzbank,
D’autres pays y ont eu recours, tels le Royaume Uni ou les USA (AI, Freddie Mac - Fannie Mae, etc…: http://projects.propublica.org/bailout/main/summary)

- la France avait prêté de l’argent aux banques qui l’ont remboursé depuis. Voir aussi la SFEF. Reste le cas Dexia, qui a été recapitalisée et la CDC y a injecté plusieurs milliards (http://www.atlantico.fr/decryptage/que-sauvetage-dexia-et-banques-vraiment-coute-aux-francais-depuis-2008-et-comment-etat-est-parvenu-maquiller-en-partie-jean-789450.html).

Apparemment les Allemands ne devraient ni nationaliser, ni laisser faire faillite la DeutchBank, je parie qu’ils vont traiter le problème comme des gens responsables.

A propos des crises, il existe des garde-fous au niveau Européen: http://www.europarl.europa.eu/atyourservice/fr/displayFtu.html?ftuId=FTU_2.6.5.html
Ainsi qu’au niveau mondial avec Balle III : https://www.bis.org/publ/bcbs189_fr.pdf

A noter l’article de Marc Fiorentino : https://www.latribune.fr/bourse/le-comeback-des-subprimes-774426.html
a écrit le 09/04/2018 à 20:28 :
Difficile à comprendre cette décision de nommer un homme du retail à la tête de DB quand on sait que le chairman a eu la peau de Cryan parce que ce dernier souhaiter tailler profondément dans la BFI.
a écrit le 09/04/2018 à 18:57 :
La Deutsche Bank est en faillite.
Les médias et les gouvernements le cachent car ca provoquerait un bankrun général en allemagne.
Regardez Commerzbank qui a vendu en catastrophe son siège social. On ne fait pas une telle chose si "tout va bien".
La DB est plombée par les CDS. Ces fameuses "créances douteuses" (ça sonne mieux que "désolé on a parié votre argent et on a perdu, on fera mieux la prochaine fois !") plombent l'europe entière. Pourquoi la Tribune ne publie pas un article sur le nombre de banques qui ont fait faillite sur les deux dernières années ?
Indépendants ou pas ? :)
a écrit le 09/04/2018 à 17:06 :
Une profitabilité nulle (3 dernières années en pertes), triple augmentation de capital depuis 2010 (2014 et 2017), et des progrès trop faibles, notamment sans comparaison avec les grandes banques américaines. Les banques allemandes bien trop longues à se mettre en ordre, aidées par un environnement économique national trop facile, passent en deuxième division, et ne sont plus crédibles. la nouvelle direction a du travail et ne pourra pas compter sur la moindre complaisance d'un actionnariat excédé près à voter contre toutes les résolutions à la prochaine AG. Remplacer M.Cryan déficient ne résout aucun problème.
a écrit le 09/04/2018 à 12:13 :
"La banque allemande ne s'est jamais totalement remise de la crise financière de 2007-2008 "

Alors que l'allemagne fait sa grosse croissance économique sur le dos des citoyens européens, alors que les caisses sont trop pleine, la DB est à la dérive. Ce ne sont plus les soit disant si bons gestionnaires que ça...

Vite un frexit.

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