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Euro numérique : la Banque de France précise les contours

latribune.fr

Publié le 23 juin 2023 à 05:53 - Mis à jour le 23 juin 2023 à 06:06

François Villeroy de Galhau

Pour le gouverneur de la Banque de France, un euro numérique « n'entraînera pas de désintermédiation ».

Reuters

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Le gouverneur de la Banque de France a dessiné jeudi les contours de l'euro numérique, un projet prévu pour 2027 ou 2028 et porté par la Banque centrale européenne (BCE) qui n'a pour l'instant pas les faveurs des banques commerciales.

Le « Cash+ ». C'est désormais comme cela que François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, appelle l'euro numérique. « Le e-euro sera un billet de banque numérique qui présentera naturellement les mêmes caractéristiques que les espèces actuelles », a déclaré le responsable lors d'un événement organisé par la banque de financement et d'investissement de BNP Paribas.

Lire aussiLe futur euro numérique devra servir pour tous les achats, envisage la BCE

Pour le gouverneur de la Banque de France, il apportera des « avantages significatifs » aux espèces actuelles en permettant notamment des règlements en ligne ou entre particuliers, en plus des cas d'usage classiques du paiement, chez des commerçants par exemple. Une « limite de détention s'appliquera aux comptes en euro numérique, et garantira que l'euro numérique serve de moyen de paiement, plus que de réserve de valeur », a-t-il également souligné.

Les banques commerciales défendent leur propre projet

Le sujet est sensible entre les banques centrales de la zone euro, qui poussent cette solution, et un consortium de 16 banques commerciales européennes qui développent une solution de paiement aux cas d'usages très proches baptisée European Payments Initiative (EPI).

Le directeur général délégué de BNP Paribas Thierry Laborde avait par exemple questionné le 1er juin l'intérêt même d'un euro numérique: « Posez-vous la question « à quoi ça sert un euro numérique ? « , avait-il déclaré, « si on a un EPI qui fonctionne » avant de souligner que l'on « peut toujours faire des choses qui ne servent à rien, ce ne sera pas la première ni la dernière fois ».

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Concrètement, les usagers pourront se transférer de l'argent entre eux, de compte bancaire à compte bancaire, gratuitement et en quelques secondes. Cette option sera proposée, aux côtés du virement classique, via l'application de la banque du client ou une application dédiée sur téléphone mobile.

Longtemps au point mort, le projet EPI, visant à concurrencer les géants américains Visa et Mastercard, a trouvé un second souffle avec une série d'annonces fin avril : nouveaux partenaires, premiers tests en fin d'année, déploiement progressif à partir de 2024... Les services d'EPI seront accessibles dans cinq pays : en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg. « L'ensemble de ces marchés représente plus de 60% des transactions électroniques en Europe, c'est une très bonne base pour se développer », a déjà pu souligner Martina Weimert, directrice générale de l'EPI. Le consortium a annoncé en parallèle l'achat de deux start-up, le néerlandais Currence iDEAL et le fournisseur de solutions de paiement luxembourgeois Payconiq International (PQI), pour un montant non communiqué

Martina Weimert a tenté de réconcilier les deux projets en soulignant que l'euro numérique pourrait être intégré à la solution EPI, et non vivre à part. « Nous avons démontré qu'à travers le "wallet" (...) on peut avoir les comptes bancaires, mais on peut aussi avoir le compte euro numérique », a-t-elle expliqué en référence à des tests réalisés. « Ce que veut le client, c'est une application « tour de contrôle ».

Un euro numérique «n'entraînera pas de désintermédiation» (Banque de France)

« Je pense qu'il est de notre devoir de développer cette capacité pour nos concitoyens », a répliqué le gouverneur de la Banque de France, mettant notamment en avant l'importance du respect de la vie privée dans les transactions. Un euro numérique « n'entraînera pas de désintermédiation », a souligné le gouverneur de la Banque de France, puisqu'il sera distribué par l'intermédiaire des banques commerciales.

Ces dernières « peuvent et devraient prendre part au projet en toute confiance (...), notre volonté est de l'émettre avec vous, les banques commerciales, et non contre vous », a-t-il repris. La phase dite de préparation de l'euro numérique devrait débuter en fin d'année, « avant un lancement potentiel et progressif à partir de 2027 ou 2028 ».

À lire également

  • L’euro numérique : trois raisons d'être vigilants
  • « Notre solution est une alternative à la carte bancaire » (Martina Weimert, directrice générale d'EPI)
  • Paiement instantané : le projet paneuropéen EPI dans les starting-blocks pour un lancement en 2023

Il n'a pas convaincu : dans une déclaration transmise à l'AFP, la Fédération bancaire française (FBF) a rappelé ses « réserves sur l'opportunité d'un tel projet » en soulignant « qu'il n'existe pas à date de besoin qui ne serait pas déjà couvert par une des solutions existantes ou en cours de développement ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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