On peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. La part des femmes dans le secteur du capital-investissement, ces sociétés de gestion actionnaires d'entreprises non cotées en Bourse, s'élève à 40% en 2016, en recul d'un point par rapport à 2014, mais en hausse de trois points en sept ans. Si l'on regarde plus précisément leur place dans les équipes d'investissement, le cœur du réacteur, la proportion n'est plus que de 23% (hors stagiaires), soit même pas un quart, selon une étude effectuée par le cabinet Deloitte pour l'Association française des investisseurs pour la croissance (AFIC) qui représente la profession. Cette part a cependant progressé de deux points en un an et encore davantage sur plus longue période.
[Proportion des femmes dans les équipes d'investissement, chez les analystes et chargés d'affaires, chez les directeurs de participations, chez les associés et chez les membres du directoire ou du comité exécutif. Crédits : Deloitte pour l'AFIC]
« La proportion de femmes décroit progressivement au fur et à mesure qu'elles progressent dans la hiérarchie », relève l'étude et les postes à plus fortes responsabilités restent largement trustés par les hommes : « au-delà du poste de Chargé d'affaires, la mixité est faible. Les hommes représentent respectivement 76%, 85% et 85% des effectifs aux grades de directeur de participations, d'associé et membre du directoire/comité exécutif. »
Virginie Morgon, la directrice générale d'Eurazeo, acteur de référence du private-equity en France et cotée en Bourse, est l'une des rares femmes ayant un rôle de premier plan dans le capital-investissement en France. La société d'investissement Raise, créée par Clara Gaymard et Gonzague de Blignières, s'est constituée sur le principe de la parité totale.
[Part des femmes dans les sociétés de capital-investissement à tous les niveaux, stagiaires, analystes et chargés d'affaires, directeurs de participations, associés, membres du directoire ou du comité exécutif, back-office, fonctions support. Crédits : Deloitte pour l'AFIC]
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A l'inverse, ce sont les fonctions support et de back-office (juridique, ressources humaines, communication, etc) qui sont les plus féminisées, avec un taux de 84% et 63% respectivement.
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L'étude note que les femmes sont autant promues que les hommes au niveau de directeur de participation et de chargé d'affaires/analystes, mais pas quand il s'agit de grades supérieurs (6% de femmes et 10% d'hommes au niveau d'associé, 3% de femmes et 4% d'hommes au niveau du directoire ou du ComEx). Pour autant, en matière de recrutement, la proportion de femmes a reculé (24% des nouvelles embauches des équipes d'investissement contre 30% en 2013).
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