Faillite de Lehman Brothers : Ernst and Young poursuivi ?

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Le cabinet d'audit est accusé d'avoir permis à la banque d'affaires de cacher sa mauvaise situation financière aux investisseurs, alors qu'elle se dirigeait tout droit vers la faillite.

Jusqu'à présent épargnés, les cabinets d'audit financier pourraient bien être inquiétés pour leur rôle dans la crise financière. Selon le Wall Street Journal, la justice de l'Etat de New York pourraient ainsi lancer des poursuites à l'encontre d'Ernst & Young, l'un des quatre principaux cabinets mondiaux, pour avoir permis à Lehman Brothers de cacher aux investisseurs sa situation financière. Dans le collimateur des autorités : une méthode comptable contestée, appelée Repo 105.

Entre 2001 et 2008, l'utilisation de cet artifice comptable aurait laissé croire que la banque d'affaires réduisait son endettement alors qu'il n'en était rien. Lehman Brothers - et son auditeur Ernst & Young - aurait notamment eu recourt à cette méthode au cours des trois trimestres ayant précédé sa faillite afin de maquiller son bilan. Alors que son état de santé se dégradait dangereusement, cela lui aurait notamment permis de dissimuler près de 50 milliards de dollars de dette, selon un rapport de l''expert judiciaire Anton Valukas, rendu public en mars.

Avant sa faillite, Lehman Brothers était l'un des principaux clients d'Ernst & Young. Selon le Wall Street Journal, la banque d'affaires lui aurait versé 100 millions de dollars d'honoraires entre 2001 et 2008. "Nous sommes persuadés d'avoir fait notre travail en application toutes les règles qui existaient à l'époque", s'est contenté de commenter le cabinet d'audit, en attendant l'ouverture officielle d'une procédure, qui pourrait intervenir dès cette semaine.

D'autres grandes banques américaines se seraient livrées pendant des années à ces "habillages de vitrine", notamment Bank of America et Citigroup. La justice de l'Etat de New York enquête également sur ces pratiques. Mais "les investigations sont moins avancées", explique une source citée par le quotidien américain.

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Commentaires
a écrit le 21/12/2010 à 13:44 :
Il est normal de faire un procès, afin de répondre à la question suivante : ces cabinets d'audit, qui n'ont rien vu, étaient ils coupables, ou incompétents ? Et il faudra aussi se poser la question de certaines agences de notation, qui notaient AAA Lehman Brothers quelques jours à peine avant sa faillite.
Réponse de le 21/12/2010 à 18:23 :
Ces cabinets ont une approche d'audit en respect des ISA (normes d'audit internationnal) et savent se couvrir de facon suffisante pour ne plus courrir les memes risques qu'Andersen a l'epoque... suivre les normes c'est bien ... savoir aller au-dela c'est mieux .... mais cela est en dehors de la mission et fait courrir un risque inutile.
Réponse de le 29/12/2010 à 8:18 :
Le problème est que l'affichage d'une situation en dégradation sur les banques citées (dont LB) aurait précipité leur faillite avec un phénomène auto-réalisateur => dégradation => retrait des prêteurs => faillite
Grosse responsabilité pour E&Y de mettre LB+City+d'autres banques en faillite avant que ces pb ne soient sur la place publique.
Alors que dans la majorité des cas, les pb ne sont que temporaires. C'est tout le problème du coté pro-cyclique de la comptabilité en valeur de marché.
a écrit le 21/12/2010 à 13:09 :
ce qui peut paraître étonnant c'est que les cabinets d'audits financiers ne soient inquiétés que maintenant, alors qu'ils ont contribué à masquer la réalité comptable de ces banques. Si je ne m'abuse celà s'appelle complicité dans l'établissement de bilans comptables erronés, mais il est vrai qu'il s'agit de pratiques de voyoux portant costume trois pièces, alors ils ont droit à un peu de mansuétude
a écrit le 21/12/2010 à 12:51 :
Il y aura intérêt à étouffer cette affaire... Trop d'intérêts sont en jeu. Le linge sale se lave en famille. A moins que... Toto n'ait raison ;-) Concentration un jour, impunité obligatoire toujours.
a écrit le 21/12/2010 à 9:00 :
Apres Andersen au tour de Ernst? Du big 4 au big 3. A la fin il n'en restera qu'un! Ca me rappelle quelque chose :)
Réponse de le 21/12/2010 à 18:20 :
Le passage aux Big 3 n'est que difficilement envisageable pour des raisons de rotation de mandat, d'independance, ... et autres principes francais. Il serait difficile pour un societe cote de se passer de la signature de l'un des Bigs. A 3 la concurrence et donc l'independance serait vraiment en mauvais etat.
a écrit le 21/12/2010 à 5:19 :
Et quid du mutisme des agences de notation ?

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