Réforme : les banques espagnoles devront provisionner... quelques milliards de plus

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Deux jours après la réforme annoncée vendredi par le gouvernement espagnol, les banques font leur comptes. Santander devra provisionner 2,7 milliards d'euros supplémentaires en 2012 ; CaixaBank, 2,102 milliards.

Numéro un en zone euro par la capitalisation, la banque Santander a annoncé dimanche qu'elle devra provisionner 2,7 milliards d'euros supplémentaires après la réforme annoncée vendredi par le gouvernement espagnol visant à assainir le secteur financier de son exposition à l'immobilier. Ces nouvelles provisions s'ajoutent à celles déjà prévues par une précédente réforme, datant de février, pour un montant total "de 5 milliards d'euros avant impôts qui seront intégralement absorbés dans les résultats 2012", a indiqué la banque dans un communiqué.
Cet effort d'assainissement "n'aura aucun impact sur les taux actuels de capital et Banco Santander maintient son engagement" envers les actionnaires pour l'excercice 2012, précise la banque. Le groupe affirme que le "montant net des provisions encore à pourvoir dans les résultats s'élève à 2,9 milliards d'euros" au total, une fois "l'impact fiscal de cet assainissement" décompté. Santander compte couvrir en partie les provisions avec les plus-values dégagées en décembre lors de la vente de sa filiale colombienne, qu'elle chiffre à 900 millions d'euros, précise-t-elle. En 2011, le bénéfice net de Santander a chuté de 35%, à 5,351 milliards d'euros, déjà plombé par les provisions.

Satisfecit de Bruxelles
De son côté, la troisième banque espagnole, CaixaBank, a devra elle provisionner 2,102 milliards d'euros de plus. Après impôts, ce montant s'élèvera à 1,471 milliard d'euros, indique la banque dans un communiqué, précisant que Banca Civica, avec qui elle a annoncé sa fusion en mars, devra mettre de côté 1,287 milliard d'euros, 901 millions après impôts.

La Commission européenne a salué dimanche les mesures prises par Madrid pour renforcer son secteur bancaire, qui comprennent notamment une réforme imposant 30 milliards d'euros de nouvelles provisions aux banques, jugées trop exposées au secteur de l'immobilier.

"Tard, mal et à la traîne"
Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a défendu dimanche cette réforme, affirmant qu'elle visait à obtenir un secteur financier "sain" après "trois ans de solutions partielles" adoptées par le précédent gouvernement socialiste.
"Comme nous n'avons pas procédé à la réforme du secteur financier il y a quatre ans, nous devons le faire maintenant, tard, mal et à la traîne", a-t-il lancé lors d'un rassemblement de son parti au Pays basque. Les nouvelles provisions s'ajoutent aux 53,8 milliards déjà imposés au secteur lors de la précédente réforme adoptée en février. Ce sont les entités elles-mêmes qui feront leurs provisions mais en cas de besoin, le Fonds d'aide public au secteur (Frob) pourra leur prêter de l'argent, via une prise de participation, ont indiqué les autorités espagnoles.

Sauvetage de Bankia
Cette annonce a refroidi la Bourse de Madrid qui a terminé en baisse vendredi, les investisseurs craignant à terme que ce ne soit l'Etat qui doive intervenir pour les banques. La réforme a été annoncée deux jours à peine après une nouvelle intervention publique dans une banque, la huitième depuis l'éclatement de la bulle en 2008: cette fois, il s'agissait de sauver Bankia, quatrième banque cotée du pays, qui compte 31,8 milliards d'euros d'actifs immobiliers risqués.
 

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