L'assurance, un marché sous-développé au Maghreb

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La région du Maghreb recèle encore de nombreuses opportunités pour les assureurs. Selon une étude de S&P, la demande de produits d'assurance vie, santé ou habitation est en constante augmentation.

La présence des assureurs dans la région du Maghreb reste encore discrète. Mais elle pourrait prendre rapidement de l'ampleur, compte tenu du potentiel que représente ce marché pour les compagnies. Une étude réalisée par Standard & Poor's (S&P) sur le Maroc, le Tunisie et l'Algérie révèle que le faible taux de pénétration et l'augmentation de la demande constituent deux facteurs de croissance pour l'assurance.

L'assurance auto domine le marché

Axa a d'ailleurs récemment affiché ses ambitions en Algérie : après avoir créé deux filiales d'assurance en mai 2011, l'assureur vise un objectif de souscription de 15 000 contrats d'assurance auto et de 3 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2012.
"L'assurance auto demeure le produit le plus largement vendu au Maghreb et devrait continuer à dominer le marché, puisque le nombre de véhicules enregistrés augmente", affirme l'agence de notation. Sachant que la deuxième activité réside dans la couverture des risques professionnels et industriels, en particulier en Algérie et en Tunisie.
Le potentiel de croissance le plus important se situe par conséquent du côté de l'assurance vie, de la santé et de l'épargne, d'autant plus que ces produits y sont poussés par les bancassureurs.

Des partenariats avec des assureurs locaux

Aujourd'hui, en Algérie, les assureurs privés représentent seulement 33% de parts de marché, du fait de la prééminence des compagnies publiques. Axa, Macif, BNP Paribas ou encore Société Générale y sont présents, notamment via des partenariats avec des assureurs locaux. Les deux banques françaises sont également présentes au Maroc, tout comme Axa et Crédit Mutuel, qui détient 20% de la compagnie marocaine RMA Watanya. En Tunisie, Groupama est actionnaire de la STAR et Generali de la Maghrebia Vie.
Les réseaux de distribution sont inégalement développés selon les pays. En Algérie, la vente directe et les agents généraux dominent, tandis que la vente en agence bancaire commence à percer. Au Maroc, les agents généraux et les courtiers devraient augmenter à l'avenir : ils sont aujourd'hui concentrés dans les grandes villes et leur nombre s'élève à 40 pour un million d'habitants (hors réseaux de bancassurance), contre 80 pour un million en Tunisie.

Une marge de progression importante

Les efforts des différents gouvernements pour promouvoir l'assurance et réguler le secteur sont particulièrement favorables au développement du marché. En Tunisie par exemple, le régulateur a récemment mis en place des avantages supplémentaires pour les compagnies "Takaful" (ou sharia compatible) et introduit l'assurance obligatoire. Le Maroc a quant à lui lancé un programme spécifique pour l'assurance en 2011, en fixant des objectifs de développement pour l'assurance dommages et santé, et en introduisant des avantages fiscaux pour promouvoir les produits d'épargne de long terme comme l'assurance vie.
La marge de progression est encore importante. En Algérie, le taux de pénétration représente 0.8% du PIB et la prime moyenne annuelle par personne se montait à 22,90 euros en 2010. Du côté de Tunis, le taux de pénétration atteint 1.8% et la prime moyenne par habitant 55 euros.
Le marché le plus mature reste le Maroc avec un taux de pénétration de 2.8% et une prime moyenne par tête de 60,40 euros.
En 2010, le volume des primes s'élevait à 821 millions d'euros en Algérie, à 1.96 milliard d'euros au Maroc et à 550 millions d'euros en Tunisie.
"Les particuliers et les entreprises qui ne sont pas couverts, couplé au fait que certaines lignes de business dédiées aux particuliers qui sont toujours sous-développées ou inexploitées comme l'assurance habitation, l'épargne, la protection ou la santé", constituent des opportunités certaines selon S&P. Avant d'ajouter que "le développement d'infrastructures et de l'immobilier accompagnera la croissance des activités d'assurance des risques professionnels".

Des freins au développement

Plusieurs facteurs peuvent néanmoins freiner le déploiement de l'assurance dans la région. D'abord l'environnement économique. S&P anticipe notamment une croissance plus limitée en Tunisie à court terme, du fait d'une "économie léthargique". L'assurance de dommages et des risques industriels devraient alors stagner, quand l'assurance vie et la santé porteront le marché tunisien.
La concurrence, qui s'exacerbe dans la région, peut nuire aussi aux résultats techniques des assureurs, si ces derniers subissent une pression à la baisse de leurs tarifs.
La morosité des économies européennes peut également jouer sur le dynamisme du secteur, étant donné l'ampleur des échanges des pays d'Europe avec le Maghreb.
Et tout comme en Europe, la course aux dépôts des banques peut entraver le développement de l'assurance vie, en particulier au Maroc et en Tunisie.

 

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Commentaires
a écrit le 30/05/2012 à 14:06 :
S'il n'y avait que l'assurance qui était sous développée au Magreb ....

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