En dépit de la perte du triple A, la France n'a jamais emprunté à un taux aussi bas

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Le taux de l'OAT français à 10 ans est tombé jeudi pour la première fois de son histoire à 1,993% au cours de l'après-midi du mercredi 5 décembre battant le record de début août.

Il est à peine plus de 17 heures quand  le taux de rendement des obligations souveraines françaises à dix ans a atteint 1,993%. Un niveau record pour la dette française, le précédent datant de début août à 2,002%, sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise, selon les données de Bloomberg.

Vers 18 heures, il était remonté à 2%, encore inférieur à son niveau de clôture mardi soir à 2,033%. C'est une bonne nouvelle pour l'Etat français qui emprunte donc à des taux historiquement bas sur l'ensemble des échéances et même négatifs à très court terme. Mais c'est une nettement moins bonne nouvelle pour les investisseurs car le placement est moins rentable. Il est la contrepartie d'un très faible risque. "Les investisseurs cherchent à placer leur argent avec le moins de risque possible. Dans un tel environnement, la France est l'un des pays européens les plus attractifs", rappelle Patrick Jacq, stratégiste obligataire chez BNP Paribas. Les obligations françaises sont également attractives du fait de leur liquidité: le grand nombre de titres en circulation rend facile l'achat et la revente.

Une mauvaise nouvelle pour l'assurance vie en euros

Pour les épargnants détenteurs d'une assurance vie, une OAT (obligation assimilable du Trésor) à 10 ans d'à peine 2% n'est pas de très bon augure pour le taux de rendement futur des fonds en euros à capital garanti. En effet, ces fonds basés sur l'actif général des compagnies d'assurance sont historiquement largement investis en obligations souveraines. Pour éviter une chute trop rapide des rendements, les assureurs  diversifient leurs placements vers d'autres actifs plus rémunérateurs comme les obligations d'entreprises, l'immobilier, les infrastructures notamment. Mais inexorablement, le taux de rendement de l'assurance vie en euros descendre sous les 3%. Pour 2012, le premier assureur de personnes CNP a déjà annoncé qu'il anticipait un taux de 2,7%. 

Des économies pour l'Etat français

Pour l'Etat français en revanche, la chute des taux d'emprunt est un gisement d'économies substantielles. Le taux moyen sur tous les emprunts atteint 1,87% à fin novembre, pour 196,7 milliards d'euros empruntés à moyen et long terme en données brutes. Et comme il ne reste plus qu'une émission de moyen et long terme qui se tiendra jeudi matin, pour 3 à 4 milliards d'euros, la France a toutes les chances de finir l'année avec un taux moyen historiquement faible, puisque le record actuel date de 2010 (2,53%).

Même à un niveau si bas, la France offre un rendement plus intéressant que la dette allemande tout en étant considérée comme presque aussi sûre que cette dernière. Le taux de l'obligation à 10 ans allemande, le Bund, s'établissait à 1,35% mercredi soir. L'écart de taux avec l'Allemagne s'établissant mercredi 5 décembre à 0,66 point de pourcentage mercredi soir.

La perte du triple A sans effet

La perte de la notation triple A de l'Etat français par l'agence Standard & Poor's puis plus récemment par l'agence Moody's n'a donc pas affecté les investisseurs institutionnels. Une forte remontée n'est pas à craindre, selon Patrick Jacq, car "le retournement des taux ne se produira pas si la France continue de prendre les mesures nécessaires pour réduire le déficit et réformer le pays. Pour l'instant, ce qui est fait est plutôt bien vu".

 >> Pour aller plus loin : comparez les taux d'emprunt des pays du monde entier

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a écrit le 07/12/2012 à 10:20 :
le malade du cancer de la dette qui ne veut pas prendre les médicaments qu'a pris le québec, la suède qui vont beaucoup mieux, ...qui a suivi les gourous qui soignent par les plantes comme la grèce, l'espagne...et se retrouve donc en phase terminale, et on on se réjouit qu'il ait passagèrement un peu moins de fièvre grâce à la morphine des marchés !!, c'est effectivement un point de vue !!!
Réponse de le 07/12/2012 à 12:19 :
percutant mais au combien pertinent ! 2000%
a écrit le 07/12/2012 à 10:10 :
la dette est la drogue dure des politiques qui ne savent rien gérer, toujours plus de moyens pour notre armée rouge de fonctionnaires, aucune efficacité, l'exception mondiale, il est normal que les dealers les alimentent encore à bas prix jusqu'à la mort pour en tirer le plus de profit
Réponse de le 09/12/2012 à 23:13 :
Un peu réducteur... de réduire la dette française aux fonctionnaires, mais c'est aussi un point de vue ... court.
a écrit le 07/12/2012 à 10:05 :
si les taux sont bas c'est que d'une part les pays intéressants en prets ne sont légion, mais surtout c'est que les spéculateurs savent qu'il y a encore ds possibilités : le pouvoir peut finir de tuer les classes moyennes, il y a 11000 millards de capital sur ce segment. Ensuite il ne restera plus que la peau de la bête mais ça ce n'est pas le problème des spéculateurs. ET comme la france ne veut pas s'attaquer à la dépense improductive, une montagne de gains, "chance" que n'ont pas ceux qui sont déjà au taquet (espagne..), toute dégradation nous entraine au fond du gouffre, il suffit que les taux augmentent un peu pour qu'on ne sache plus rembourser, donc faillite. Il est urgent de prendre exemple sur les meilleurs élèves de la classe (suéde, argentine, québec..) et non les cancres (grèce, espagne..) pour fuir les bonnes décisions et rester à coté du radiateur, ça c'est du suicide !
a écrit le 06/12/2012 à 15:22 :
Et les taux d' intérêts toxiques dans la dette , personne n' en parle .
a écrit le 06/12/2012 à 12:29 :
Si l'Etat nationalisait les banques,il emprunterait au taux ZERO ! Qui dit mieux!!
a écrit le 06/12/2012 à 9:54 :
un certains nombre de pays n'ont sans doute pas interet à faire baisser l'euro. Par ailleurs ils ne sont pas si nombreux que cela les pays surendettés avec aaa.
a écrit le 06/12/2012 à 9:18 :
Vive la France, avec 1.800 milliards de dettes et un endettement à 90% du P.I.B. on se gausse d'avoir à payer des intérêts en baisse à moins de 2%, donc nous allons économiser au bas mot plus de 2 milliards d'euros d'intérêts, mais le capital ne cesse lui de progresser et ce ne sont pas les petits 10 milliards d'euros supposés d'économies en dépenses publiques sur 2013, dont on attend toujours de voir le détail qui y changeront quelque chose.
Réponse de le 06/12/2012 à 10:18 :
Non on ne se gausse pas, c'est juste une bonne nouvelle par rapport à tout ce que beaucoup avait annoncé (à l'UMP) lors de l'élection de FH. Il est sûr qu'il faut s'attaquer à la dette, mais là c'est compliqué, on le voit bien en Espagne, en Grèce, en Italie, en GB (si l'on compte le rachat des banques), aux USA et au Japon qui ont eux aussi une montagne de dette. Même l'Allemagne qui à un taux d'endettement entre 80 et 90% du PIB)
Réponse de le 06/12/2012 à 11:42 :
Réponse à Bob, il ne faut pas confondre l'endettement d'un Pays/PIB et ses particularismes:
L'Allemagne, Comme l'Espagne et l'Italie sont des Pays décentralisés et donc l'endettement national est marginal comparé à celui des Régions, sauf en Espagne où il est très important.
Nous, nous sommes centralisés avec des dépenses publiques supérieurs de presque 10 points de PIB supérieurs à l'Allemagne (56,7% contre 47,9%) nos exportations sont perpétuellement en baisse et notre commercde extérieur culmine à - 73 milliards d'euros sur 2012 (environ) alors que l'Allemagne est à + 150 milliards d'euros.
L'industrie automobile Allemande se porte bien et même en baisse, sûrement mieux que la nôtre en grande difficulté avec des ventes en recul de + de 20% d'un mois sur l'autre.
Enfin notre chômage très bien indemnisé (par rapport aux Allemands ou aux Espagnols) atteint presque 10% et sera de plus de 11% fin 2013.
Donc en un mot nous allons traïner nos déficits, notre chômage et notre perte de compétitivité et donc notre redressement économique bien plus longtemps que nos voisins qui ont effectué des réformes en matière de productivité, de flexibilité du travail et d'aides aux entreprises.
A titre indicatif, même avec ses énormes problèmes de chômage, l'Espagne n'a que 35% d'endettement au rapport de son P.I.B. mais au niveau national et non régional.
a écrit le 06/12/2012 à 3:59 :
Gare au krach obligataire toujours possible qui pourrait avoir l'effet d'un cataclysme et entrainer des dizaines et des dizaines de millions de personnes dans la misère (en plus de celles qui le sont déjà). L'assurance-vie n'est plus sans aucun risque.
Réponse de le 06/12/2012 à 8:52 :
le système-monde implique que l'on trouve des bons placements pour le commerce des capitaux qui représente à l'heure actuelle une bonne moitié des échanges de biens (ds la mesure où on peut identifier les courants ds des eaux plutôt troubles!). Le monde est ainsi fait et la France n'est pas si mauvaise n'en déplaise aux "déclinistes" de tous poils...
a écrit le 06/12/2012 à 1:43 :
Personne ne se rend compte de la supercherie ??? C'est normal ce taux et cela va durer encore un peu comme un drogué avec sa dose et tout à coup "plus rien ou plus cher" VOUS FAITES QUOI, la France est encore un super produit à dominer, alors on se reparle dans peu de temps, je vous rappel que le taux dépend des agences et tiens comme par magie même si on avait un EEE ou ZZZ ce serait toujours bien ? Tout cela est un répit car la France n'a absolument rien modifier de sa structure.
Réponse de le 07/12/2012 à 0:04 :
Ce qui se passe montre justement l'inverse, les taux ne dépendent pas des agences, ils dépendent des prêteurs.

Après la perte du triple A américain, les Etats-Unis ont vu leur taux atteindre des plus bas. C'est la même chose pour la France.
Les "déclinistes" ont beau se plaindre en permanence quoi qu'il advienne, les investisseurs (ceux qui comptent) choisissent de placer des sommes très importantes dans des pays endettés comme les Etats-Unis, l'Allemagne, le Japon et la France.
a écrit le 06/12/2012 à 0:34 :
dixit la tribune; "Il est la contrepartie d'un très faible risque"... il n'y a donc aucun économiste valable à la Tribune?
Que direz-vous quand la France fera défaut? car ça arrivera... La France est juste jugée moins risquée que ses voisins, mais ça ne durera pas, la réalité des chiffres finira par refroidir tout le monde...
Réponse de le 06/12/2012 à 10:08 :
Si la France fait défaut alors beaucoup d'autres pays industrialisés risquent d'être dans la même situation: Espagne, Italie, Japon, USA (qui soit dit en passant est en train de relever son plafond d'endettement), GB, et même l'Allemagne dont la France est le premier partenaire commercial.
a écrit le 05/12/2012 à 22:07 :
nos preteurs savent que les francais sont dociles pour supporter les hausses d impots
a écrit le 05/12/2012 à 21:18 :
Voila toute la confiance, va vers François HOLLANDE et son programme, du travail et pas d'esbrouffe. Comme le faisait Mickey. Du sérieux IL EST SUREMENT PLUS MALIN QUE VOUS TOUS.
a écrit le 05/12/2012 à 20:57 :
les prêteurs iraient-ils jusqu'à nous faire cadeau du capital !!! donc empruntons plus et plus encore !!!!
a écrit le 05/12/2012 à 20:36 :
Merci à la gauche en tout cas, jamais vu celà sous le temps de Sarkozy
Réponse de le 05/12/2012 à 21:12 :
remercier, remercier la gauche....
a écrit le 05/12/2012 à 20:30 :
Pourtant le président VGE n'a-t-il pas publié un article sur l'effondrement de l'appareil productif par la mécanique infernale de la hausse des taux.
a écrit le 05/12/2012 à 20:16 :
merci la banque centrale suisse.... la fete ne dure jamais tres longtemps

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