Le marché de l'assureur emprunteur, estimé à 7 milliards d'euros de primes par an, et largement dominé par les banques, suscite beaucoup de convoitises.
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Après le feu vert de l’Assemblée nationale permettant la résiliation d’un contrat d’assurance emprunteur à tout moment et sans frais, le Sénat vient de s’opposer à cette disposition qui agitent associations de consommateurs, banquiers, assureurs et courtiers depuis six mois. Les banques s’opposent en effet fermement à cette réforme qui risquent de remettre en question la nécessaire mutualisation des risques. Mais le texte reste soutenu par Bercy au nom de la défense du pouvoir d’achat. Décryptage.
L'assurance emprunteur, attachée à un crédit immobilier, obligatoire en France, fait l'objet d'une gigantesque bataille de lobbying et d'une lutte politique féroce. En jeu, un marché de 7 milliards d'euros, largement dominé à par les filiales d'assurance des banques.
Ces dernières sont accusées depuis des années par les associations de consommateurs, mais aussi par les concurrents (assureurs, mutuelles, courtiers...) de profiter de leur position de prêteur pour imposer à leurs clients leur propre assurance, à leurs conditions, pendant toute la période du crédit immobilier, et d'entraver ainsi le libre jeu de la concurrence sur un produit très rentable. Le ratio combiné (sinistres sur primes) de cette assurance est en effet très bas, de l'ordre de 0,3 alors que l'assureur commence à perdre de l'argent lorsque ce ratio est supérieur à 1.
Domination historique des bancassureurs
Généralement, le coût d'une assurance oscille entre 0,3 et 1%, selon le profil de l'assuré, alors même que le taux moyen d'un crédit immobilier est généralement compris entre 1 et 1,5%. Selon le courtier Meilleurtaux.com, l'assurance emprunteur peut, en cette période de taux bas, représenter jusqu'à 30% du coût total d'un crédit immobilier ?
En pratique, les emprunteurs n'avaient guère le choix de leur assurance. Un premier coup de griffe au monopole des banques a été obtenu avec la loi Sapin 2 qui permet de résilier, depuis le 1er janvier 2018, son contrat une fois dans l'année, à la date anniversaire du contrat.
Mais cette réforme n'a guère fait bouger les lignes. En trois ans, la part des bancassureurs est en effet passée de 87,5% en 2017 à...85%. Les banques traînent des pieds et multiplient les arguties pour décourager leurs clients de changer d'assurance, dénoncent consommateurs et assureurs spécialisés. Selon une filiale de la Macif, 45% des demandes de résiliation seraient traitées dans les délais. « Un réseau coopératif demande 70 euros de frais de recherche pour simplement obtenir son échéancier », dénonce un néoassureur sur la base d'une expérience vécue.
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