... e banque à le faire. Dans l'univers de l'assurance emprunteur, un marché du crédit immobilier accaparé à 85% par les banques, oui, c'est du jamais-vu.
"C'est un tremblement de terre dans le monde bancaire, une annonce, heu... d'importance", s'étrangle presque le présentateur Christophe Jakubyszyn en accueillant Nicolas Théry, hier sur le plateau télé de BFM Business. Le patron du Crédit Mutuel était venu annoncer en avant-première (le communiqué a été publié ce mardi) que le groupement de banques qu'il dirige va non seulement supprimer le questionnaire santé pour tous ses clients fidèles qui contractent un emprunt en vue d'acquérir leur résidence principale, mais également supprimer toutes les surprimes afférentes ainsi que toutes les clauses d'exclusion pour risques médicaux, et ce, dès le 1er décembre.
De fait, l'annonce de Crédit Mutuel constitue un renversement complet de la logique assurantielle actuelle (celle des banques -qui prêtent- mais aussi celle des assurances comme des mutuelles qui travaillent avec des panoplies de barèmes) dont les architectes ont, au fil des ans, systématisé et affiné à outrance l'individualisation du risque.
Cette individualisation du risque, qui fonctionne avec des calculs mathématiques et statistiques, certes efficaces au plan comptable, repose sur ce postulat: les clients jeunes sont statistiquement en bonne santé tandis que les personnes âgées sont statistiquement en mauvaise santé ou ont plus de chances de tomber malade pendant la durée de remboursement du prêt, et donc il est considéré comme normal que ceux qui, statistiquement, coûtent peu cher paient moins que ceux qui, statistiquement, coûtent plus cher. Sauf que.