Optigestion, société de gestion créée il y a 35 ans par d'anciens industriels, dans laquelle tous les associés ont investi une part significative de leur patrimoine, cherche à capter de la création de valeur dans les changements structurels des économies. D'où un tropisme sur la Tech et les grandes révolutions technologiques, comme depuis quelques années, l'intelligence artificielle dont les applications sont multiformes et multisectorielles, à l'image de la santé par exemple. Bref, Optigestion tente de se focaliser sur les marchés en forte croissance, de plus de 10 %, en prenant soin de sélectionner les entreprises qui se développent plus vite que leur marché. Une approche qui a permis très tôt des paris gagnants, comme Nvidia ou Microsoft, ou bien Novo Nordisk dans le domaine de la santé. Entretien avec Nicolas Domont, associé et gérant du fonds Optigest Monde.
LA TRIBUNE - Le gendarme américain vient de mettre en garde les sociétés et les investisseurs contre un « IA washing ». Existe-t-il un emballement lié à l'IA ?
NICOLAS DOMONT - Beaucoup de sociétés, notamment dans les semi-conducteurs, tentent effectivement de surfer sur la vague IA, même si elles n'ont pas les capacités technologiques ou même les données pour le faire. Sur le secteur des semi-conducteurs, il y a certainement un effet « carnet de commandes », avec une course au rééquipement des datas centers, un peu à l'image de la pénurie des semi-conducteurs qu'a connu le secteur automobile à la sortie de la crise sanitaire. Tout ceci devrait se normaliser progressivement, même si certains acteurs, comme Nvidia, mais aussi Arista ou Synopsys, ont pris de l'avance. Reste que 2023 est une année de rupture au sens où l'IA est désormais clairement perçue comme un accélérateur de productivité. D'autant que toutes les innovations numériques interagissent entre elles, que ce soient l'IA, la blockchain, le cloud et les données. Beaucoup se réfère à la robotisation des années du fordisme, désormais appliquée au secteur tertiaire ! Quand Microsoft met de l'IA dans sa suite Office en échange d'un abonnement mensuel, il faut bien imaginer les revenus potentiels que cela peut représenter. C'est pourquoi Microsoft fait partie des premières positions de notre fonds. Ensuite, il faut bien projeter l'utilisation de l'IA dans de très nombreux secteurs, comme la santé, la consommation, même s'il existe un risque de surconsommation électrique liée à l'IA. Mais, là aussi, après une période d'adaptation, ce problème devrait être assez rapidement surmonté.