« Qu'est-ce que ça peut faire si Miami est six mètres sous l'eau dans 100 ans ? » : les propos d’un responsable de la finance durable de HSBC ont suscité un tollé. Le dirigeant a été suspendu de ses fonctions mais la polémique alimente à nouveau les critiques contre le secteur financier, accusé de tenir un double discours sur le climat. Cette prise de position est loin d’être isolée dans la finance et elle pourrait permettre de susciter une vraie réflexion sur le grand bazar qu’est devenue aujourd’hui la finance durable.Alors que toute l'industrie de la gestion d'actifs s'engage contre le réchauffement climatique et multiplie les professions de foi, les commentaires de Stuart Kirk, le patron mondial de l'investissement responsable (sic) chez HSBC Asset Management (AM), a jeté un sérieux froid. Lors la conférence « Moral Money », organisée vendredi par le Financial Times, ce dernier a publiquement exprimé ses doutes la réalité des risques financiers liés au changement climatique. Et ce dans un langage particulièrement fleuri.
« Depuis 25 ans, il y a toujours un cinglé qui (me) parle de fin du monde », a-t-il lancé en préambule de sa présentation intitulée « Pourquoi les investisseurs ne doivent pas s'inquiéter du risque climatique ». Il estime que les risques sont largement surestimés par les banquiers centraux et les pouvoirs publics. Alors même que se profilent à l'horizon des risques plus immédiats, citant pêlemêle l'inflation, la hausse des taux, les cryptomonnaies, la Chine ou la crise de l'immobilier à venir.
Sur l'un de ses slides, Stuart Kirk enfonce même le clou en toutes lettres : « les avertissements apocalyptiques non fondés, stridents, partisans et intéressés sont TOUJOURS faux ». Avant de jeter à l'assistance sa phrase choc : « Qu'est-ce que ça peut faire si Miami est six mètres sous l'eau dans 100 ans ? Amsterdam est sous l'eau depuis des lustres, et c'est un endroit très agréable. Nous nous adapterons ».
Suspension du responsable
Les propos, rapportés par le Financial Times, ont bien évidemment suscité un tollé, notamment auprès des ONG de défense du climat, qui exercent une forte pression sur le secteur bancaire et financier. Les associations écologistes Bank on our Future et Global Witness se sont notamment indignées de propos « choquants » et « inexacts », surtout d'un dirigeant en charge de la finance durable ! Les ONG ne cessent de dénoncer depuis plusieurs années le « double discours » des banques et des gestionnaires d'actifs, soupçonnés de « greenwashing ».