La Banque du Japon maintient ses taux à zéro, en attendant l'introuvable inflation
Gabrielle Thin

Yen et rendement a 10 ans dopes par des informations sur la banque du japon
THOMAS WHITE
Gabrielle Thin

Yen et rendement a 10 ans dopes par des informations sur la banque du japon
THOMAS WHITE
L'annonce de la Bank of Japan (BoJ) ce mardi n'a pas été un coup de tonnerre, même si elle marque un léger virage. La banque centrale du Japon a maintenu la plupart de ses décisions de juin dernier. Le gouverneur Haruhiko Kuroda a de nouveau soutenu les objectifs de taux très bas, inchangés et le programme de rachats d'actifs (quantitative easing ou QE) à contre-courant de la Fed ou de la BCE, en y apportant tout de même de réelles nuances, après cinq années de d'assouplissement quantitatif sans réel résultat.
En effet, l'objectif d'un retour de l'inflation vers 2% est toujours loin d'être atteint. Dans son rapport actualisé, la BoJ a dû encore revoir à la baisse sa prévision de hausse des prix, qui s'élève désormais à 1,1% sur l'exercice d'avril 2018 à mars 2019, puis à 1,5% l'année suivante (en excluant l'impact de la hausse de la TVA en octobre 2019). Malgré un marché du travail très tendu, avec un taux de chômage de 2,4%, au plus bas depuis 25 ans, la hausse des salaires reste limitée, ce qui freine la consommation des ménages et donc l'inflation.
On aurait pu croire à un changement, dans un contexte géopolitique agité par les tensions commerciales et leurs conséquences sur les taux de change : pourtant la Bank of Japan a confirmé son objectif de taux à court terme à -0,1% et son objectif de rendement obligataire à 10 ans autour de 0%. Du côté de sa politique monétaire accommodante, peu de changements pratiques, puisque la banque centrale japonaise continuera à acheter pour 80.000 milliards de yen par an de titres obligataires.
En réalité, ce statu quo de façade cache des inflexions dans la politique monétaire de l'archipel nippon. Sur les taux à 0%, la BoJ a précisé qu'ils pourront « évoluer à la hausse et à la baisse dans une certaine mesure en fonction des développements de l'économie et des prix », introduisant davantage de flexibilité.
Quant à la politique monétaire accommodante, la banque centrale japonaise veut réorienter ses achats d'actifs, en proposant une nouvelle composition privilégiant plus qu'avant les fonds indiciels cotés en bourse (ETF) en particulier ceux de l'indice Topix (indice élargi) et moins ceux de Nikkei, ce qui permettrait de réduire les risques de distorsions sur les marchés.
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La BoJ promet donc une politique accommodante plus flexible. Pour autant, cette politique reste décorrélée de celle des autres banques centrales majeures, puisque la Fed et la BCE ont annoncé, en juin, pour la première un relèvement progressif des taux longs et l'abandon de la politique de QE, pour la seconde l'abandon progressif de cette même politique ainsi que la perspective d'une hausse des taux pour l'été 2019.
[Calendrier des modifications de politique monétaire, hausse des taux et quantitative easing, pour les banques centrales principales. Crédits: ING]
En cause, la difficulté de se lancer dans de telles réformes dans le contexte géopolitique actuel de tensions commerciales et sur les changes. Les économistes d'ING menés par James Knightley, le chef international, analysent ainsi le retard maintenant creusé avec les autres pays :
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La Bourse de Tokyo a accueilli très fraîchement la nouvelle. L'indice Nikkei a fini en hausse de justesse (+0,04%), grâce essentiellement à la faiblesse du yen (130,13 yens pour un euro à la clôture mardi contre 129,45 yens pour un euro à la clôture lundi) ; le Topix a lui perdu 0,89%.
Gabrielle Thin