Lazard choisit Jean-Louis Girodolle pour succéder à Matthieu Pigasse

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Jean-Louis Girodolle a l'expérience requise et une longue histoire avec Lazard pour diriger notre filiale française de banque d'investissement, a déclaré Kenneth Jacobs, le patron de Lazard.
"Jean-Louis Girodolle a l'expérience requise et une longue histoire avec Lazard pour diriger notre filiale française de banque d'investissement", a déclaré Kenneth Jacobs, le patron de Lazard. (Crédits : BRENDAN MCDERMID)
Avant de rejoindre la banque Lazard en 2007, Jean-Louis Girodolle a été directeur à l'Agence des participations de l'État chargé du secteur des transports et de l'audiovisuel de 2002 à 2006.

Jean-Louis Girodolle a été nommé directeur général de la banque d'affaires américaine Lazard en France, tout juste une semaine après l'annonce de la démission de Matthieu Pigasse, a indiqué Lazard dimanche dans un communiqué.

Dans le cadre de cette nouvelle gouvernance qui sépare la direction générale de la présidence, Charles-Henri Filippi et François Kayat ont été nommés co-présidents non exécutifs de la filiale française de la banque d'affaires américaine.

"Jean-Louis Girodolle a l'expérience requise et une longue histoire avec Lazard pour diriger notre filiale française de banque d'investissement", a déclaré Kenneth Jacobs, le patron de Lazard, cité dans le texte.

"Il est l'un des plus grands banquiers de la société, ayant conseillé de nombreuses entreprises leaders en France et à l'étranger sur des transactions complexes et d'envergure", a-t-il ajouté.

Ancien conseiller technique auprès de Fabius

Avant de rejoindre la banque Lazard en 2007, Jean-Louis Girodolle a été directeur à l'Agence des participations de l'État chargé du secteur des transports et de l'audiovisuel de 2002 à 2006.

De 2000 à 2002, il a été conseiller technique au cabinet de Laurent Fabius au ministère de l'Économie et des Finances.

La filiale française de la banque d'affaires est particulièrement active dans le conseil en restructuration, endettement, actions et capital.

Dimanche dernier, l'homme d'affaires et investisseur dans les médias Matthieu Pigasse avait annoncé qu'il quitterait la banque Lazard en fin d'année pour se consacrer à un "projet personnel de nature entrepreneuriale" après "quinze années passionnantes chez Lazard".

Lire aussi : Le banquier star Matthieu Pigasse quitte Lazard

Il occupait le poste de PDG de la filiale française, mais aussi de directeur général adjoint du conseil financier au niveau mondial.

M. Pigasse avait participé chez Lazard à des opérations importantes, participant notamment aux restructurations "des dettes de la Grèce, de l'Argentine, de la République du Congo", ou à des transactions pour de grandes entreprises du CAC 40, a-t-il rappelé dans une lettre aux salariés.

Tensions avec d'autres dirigeants

Mais il a mené aussi parallèlement depuis plusieurs années ses propres activités d'investissement à titre personnel dans les médias et la culture.

Il a ainsi constitué un groupe, LNEI (Les Nouvelles éditions indépendantes), qui détient notamment le magazine Les Inrocks, Radio Nova ou Rock en Seine.

En 2010, M. Pigasse a également participé à la recapitalisation du quotidien Le Monde, avec le magnat des télécoms Xavier Niel et celui du luxe Pierre Bergé, décédé depuis.

M. Pigasse a ensuite revendu une partie de ses parts dans Le Monde l'an dernier au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Une opération qui lui avait permis de se désendetter mais a suscité une vive inquiétude au sein du quotidien.

Dans le communiqué annonçant le départ de M. Pigasse la semaine dernière, le PDG de Lazard Kenneth Jacobs avait rendu hommage à son action. "Grâce à sa passion, son intensité et son engagement pour l'excellence, Lazard a réuni une équipe de banquiers très talentueux, et a bâti la meilleure banque d'affaires de France", a-t-il déclaré.

Plusieurs médias ont néanmoins fait état de tensions entre M. Pigasse et d'autres dirigeants de la banque américaine avant l'annonce de son départ.

La banque Lazard constitue l'une des principales banques d'affaires en France et, en 2018, elle a même pris la tête du classement annuel des banques conseil en fusions et acquisitions dans le pays, selon une étude du bimestriel Fusions et Acquisitions Magazine publiée en début d'année.

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Commentaires
a écrit le 28/10/2019 à 9:52 :
Cette compromission entre public et privé a anéanti notre économie et l'intelligence oligarchique qui aurait du rapidement y mettre un terme si elle voulait conserver sa crédibilité.

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