LCL : le syndicat FO lance une alerte sur la santé des salariés

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L'alerte intervient alors que l'établissement doit supprimer entre 750 et 850 postes dans les deux années à venir.
L'alerte intervient alors que l'établissement doit supprimer entre 750 et 850 postes dans les deux années à venir. (Crédits : © Mal Langsdon / Reuters)
FO constate notamment un taux de démission multiplié par deux en deux ans, une hausse des licenciements de plus de 100% et une pression commerciale permanente. La direction tempère, arguant qu'il "faut remettre ces chiffres en regard d'une entreprise de 20.000 salariés".

Le syndicat Force ouvrière de LCL a interpellé lundi la direction sur la situation sociale au sein de l'établissement bancaire, dans une "alerte sur la santé des salariés" consultée par l'AFP. Le "projet de bilan social 2016" contient des données "alarmantes" qui "ne font que confirmer" les enquêtes internes et les témoignages "de salariés en détresse et en souffrance", écrit FO dans une lettre ouverte à la direction.

Lire aussi : LCL va supprimer de 750 à 850 postes (sans départ contraint)

Le syndicat relève, parmi le personnel en CDI, un "taux de démission multiplié par 2 en deux ans" (502 contre 288 en 2014) et, sur la même période, une hausse des licenciements (141 contre 68, soit +107%) et des départs pendant la période d'essai (208 contre 80 en 2014, +160%). Sur un an, ces indicateurs sont aussi en hausse mais dans une moindre proportion, selon le projet de bilan social 2016 consulté par l'AFP. En revanche, le nombre de ruptures conventionnelles est stable sur un an (38) et en en baisse (50) par rapport à 2014.

Le manque d'effectifs mis en avant

"Il faut mettre ces chiffres en regard d'une entreprise de 20.000 salariés", a répondu à l'AFP un porte-parole de LCL (filiale de Crédit Agricole SA), en soulignant que le secteur bancaire était soumis à "un turn-over plus important" en raison des difficultés de recrutement. Les départs pendant la période d'essai, en "grande majorité" à l'initiative de la direction, sont "mécaniquement" plus nombreux car les recrutements ont "considérablement augmenté" en deux ans, a-t-il poursuivi.

Pour FO, le mal-être provient d'un "manque criant d'effectifs" et d'une "non-reconnaissance persistante" du travail accompli, auxquels s'ajoutent, entre autres, "la multiplication de réunions chronophages, la 'pollution' par les nouvelles technologies (...)" ou encore "une pression commerciale permanente". Les chiffres ne sont "que le reflet visible et quantifiable du climat social ambiant" à LCL, marqué récemment par "plusieurs suicides et tentatives de suicide", écrit le deuxième syndicat du groupe.

Ce n'est "pas honnête de faire un amalgame sur des situations personnelles" dramatiques, a rétorqué le porte-parole de LCL. Selon lui, l'entreprise fait en sorte que les conditions de travail "soient les meilleures" possibles.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 29/03/2017 à 15:44 :
En 2003, quand LCL est devenue une filiale du Crédit Agricole à 100 %, il y avait 33 000 salariés... en 15 ans cela fait une belle purge ! A cette époque René Carron le Président du Crédit Agricole, disait que "l'avenir de LCL, c'était la banque low coast". On peut se demander comment les autorités de la concurrence ont autorisé le rachat de LCL par le Crédit Agricole ?
a écrit le 29/03/2017 à 15:25 :
Dans les banques... c'est devenu un abattoir moderne ! Les Directions sont obnubilés par (se) servir (sur) le client... enfin le tondre : la clientèle grand public doit se coltiner la banque digitale, débrouille-toi avec le web c'est moderne ! Pour les clientèles de niches, on essaye de les brosser dans le sens du poil pour les garder ! Pour les salariés, ils sont (dé)formés à vendre, vendre des produits qui ne sont utiles qu'à la banque ! Très peu de formation qualifiantes, toujours du quantitatif pour vendre plus, ou bien encore plus sournois : les formations lobotomisantes qui mettent en place des codes uniformes de communication (pour recevoir un client, le salariés n'a plus le choix des mots, il doit dire 'Bonjour, en quoi puis-je vous être utile ?" ou une formule similaire que l'on retrouve dans d'autres entreprises – Bref la négation même de l’être humain). Les métiers n'ont pas trop de perspectives (intéressantes)... à part devenir calife à la place du calife afin de presser les conseillers pour les faire vendre encore plus ! D'où d'énormes problèmes de burn-out, puisque le personnel des agences ne peuvent pas faire leur métier de conseiller (pour se réaliser professionnellement) au mieux des besoins de leurs clients. Beaucoup de salariés dans les réseaux arrivent à saturation professionnelle au bout de 10/15 ans, alors qu'il y a quelques années une carrière entière était envisageable au guichet (aujourd'hui ce n'est plus trop le cas). Mais chut il ne faut rien dire, les Directions communiquent bruyamment pour couvrir les cris de souffrance des salariés et surtout ne font riene pour les aider. Ainsi la loi du silence et de la peur règne, les petits kapos commettent leur méfaits à l'encontre des salariés (personnel vulnérable car souvent isolé dans des agences sous l’emprise de leur supérieur hiérarchique tout puissant) ! Beaucoup de restructuration, sous-traitance, externalisation,… dans les agences les écrans de télé, tablettes, ordinateurs en libre-service pour que le client se débrouille afin de supprimer encore des emplois ! Voilà la situation vue de l’intérieur.
a écrit le 28/03/2017 à 9:08 :
Le monde du travail devient le monde de la souffrance et on s'étonne de voir nos jeunes aller vers le marché du travail en reculant: "Heu t'es bien sûr qu'il faut y aller là dans le truc ?"
a écrit le 28/03/2017 à 9:04 :
J'ai été lire la lettre sur le site de FO à LCL. je travaille dans une autre banque mais je me reconnais totalement dans ce qui est écrit. Tu as raison bibi69. Len banques en ont jamais assez. Nous on fait comme on peut et ça va jamais. Du coup, pas de merci, pas d'augmentation. Je pense vraiment à changer de métier. Je gagnerai peut-être moins mais je serai plus tranquille.
a écrit le 27/03/2017 à 20:59 :
C'est fou de voir ce que les banques font passer comme messages. On croit que c'est le paradis, mais non c'est le paradis fiscal vous le savez bien Mesdames et Messieurs. Les employés doivent produire, produire et encore produire des objectifs et encore des objectifs, car les directions bancaires ne sont jamais satisfaites, toujours plus, toujours plus etc..... Tout ça pour se taper sur le ventre en se disant : mais voyons nous sommes meilleurs que nos concurrents, et à peine dit on recommence l'année suivante. Et pendant ce temps les employés sont à bout de nerf. Mais tout va bien dans ce monde de brutes.

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