« Le ticket restaurant papier va disparaître d’ici 3 ans » selon Edenred

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Dans l'Hexagone, 800.000 cartes Ticket Restaurant ont été distribuées.
Dans l'Hexagone, 800.000 cartes Ticket Restaurant ont été distribuées. (Crédits : edenred)
Le géant des services prépayés dans le monde du travail accélère sur le numérique. Julien Tanguy, son directeur général pour la France, estime que son offre Ticket Restaurant sera complètement dématérialisée d'ici trois ans. A moyen terme, l'entreprise française veut jouer le rôle de "compagnon universel" dans le monde du travail.

Edenred, la maison-mère de Ticket Restaurant, pousse les feux sur le numérique. Le spécialiste des services prépayés pour le monde de l'entreprise, présent dans 45 pays à travers le monde, s'appuie sur le digital pour conquérir de nouveaux clients et étoffer sa palette de services.

L'ex-filiale d'Accor, scindée en 2010, qui a enregistré un chiffre d'affaires de 1,38 milliard d'euros en 2018, dont 239 millions réalisés en France, s'est développée autour de trois grands pôles : « les avantages aux employés » (65% de  son activité), qui comprend notamment Ticket Restaurant, le pôle « solutions de mobilité professionnelle » (25%) et celui des « solutions complémentaires » (10%), qui englobe notamment les solutions de paiement interentreprises.

Aujourd'hui, elle assure que 47 millions de salariés dans le monde utilisent un produit Edenred sous forme d'applications mobiles, de plateformes en ligne et de cartes. Le groupe français a géré 15 millions de transactions sur mobile en 2018.

Investissement de 100 millions par an dans le digital

L'entreprise affirme investir chaque année 100 millions d'euros dans le digital à l'échelle mondiale. Cela se traduit à différents niveaux. Le canal numérique est ainsi devenu un levier clé dans la conquête de nouveaux clients (essentiellement des PME en France) afin de gagner en efficacité. « 20% de l'acquisition des nouveaux clients sur la partie Ticket Restaurant s'effectue aujourd'hui en ligne. C'était zéro il y a trois ans !», indique Julien Tanguy, le directeur général d'Edenred France.

Edenred mise surtout sur le digital pour proposer de nouveaux services aux utilisateurs finaux, les salariés de ses entreprises clientes, à l'heure où de nouveaux entrants, comme la startup montpelliéraine Lunchr, entendent « digitaliser la pause déjeuner. »

« Il n'y a pas de petits concurrents », commente Julien Tanguy.

Il y a cinq ans, l'entreprise a lancé la carte Ticket Restaurant. Associée à une application mobile, elle permet de dématérialiser ce service.

« D'ici trois ans, le ticket restaurant papier va disparaître. On passera au 100% digital », estime le directeur général d'Edenred France.

Le Brésil, où l'entreprise s'est très fortement développée, est au tout-digital depuis 2016. Pourtant, en France, seules un peu plus de 12.000 entreprises clientes sur 65.000 (soit environ 20%) sont passées au titre-restaurant dématérialisé. Dans l'Hexagone, 800.000 cartes Ticket Restaurant ont été distribuées. « Nous passerons sans problème le cap du million de cartes au cours de l'année », affirme Julien Tanguy.

Les utilisateurs ont aussi la possibilité d'enregistrer cette carte dans les différents portefeuilles numériques du marché (Apple Pay, Google Pay et Samsung Pay) pour régler leur déjeuner directement depuis leur mobile. Edenred a également noué des partenariats avec une vingtaine d'acteurs de la Foodtech, comme Deliveroo, Uber Eats, Nestor ou encore Dejbox, afin de permettre aux salariés de commander leur déjeuner sur ces sites en ligne avec le moyen de paiement Ticket Restaurant, en renseignant simplement leur identifiant. « Plus de 500.000 repas ont été commandés sur ces plateformes de livraison depuis septembre », indique Julien Tanguy. L'entreprise entend poursuivre cette stratégie pour compter une cinquantaine de partenaires d'ici la fin de l'année.

Des synergies opérationnelles avec les startups

Pour rester compétitif et imaginer de nouveaux services, le groupe mise sur l'innovation en interne (cycles de développement courts, multiplication des focus groupes, innovations incrémentales, programme d'intrapreneuriat) et l'exposition au monde des startups. « Dès la création d'Edenred, en 2010 [lors de sa séparation du groupe Accor, ndlr], nous nous sommes dotés d'un fonds de capital-risque», se targue le dirigeant.

Le géant du prépayé a ainsi investi dans Zenchef, qui édite un logiciel de réservation pour les restaurants et gère leur e-réputation, ou encore dans ProwebCE, spécialiste des solutions de gestion à destination des comités d'entreprise, finalement rachetée en 2015. Edenred a, par exemple, capitalisé sur ce rachat pour développer des applications permettant aux salariés d'acheter directement une place de cinéma depuis leur smartphone, tout en bénéficiant de l'aide financière apportée par le CE : plus besoin de penser à acheter une place de cinéma auprès d'un représentant du comité d'entreprise avant de partir en week-end.

Plus récemment, Edenred est entré au capital de la startup suisse Beekeeper, qui propose des outils de communication aux entreprises dont les salariés sont mobiles. Quel lien avec les services de paiement prépayés ?

« Notre objectif est de devenir le compagnon universel du monde du travail. Nous voulons nous inscrire dans l'expérience des gens et être acteur du bien-être au travail », répond Julien Tanguy.

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a écrit le 19/03/2019 à 11:42 :
Encore un moyen de ligoter les mains des salariés.
Les Tickets Restaurants sont pour beaucoup un moyen de compenser la faiblesse du salaire. Certes, de manière théoriquement impossible, les TR papiers peuvent être utilisés par les salariés "comme bon leur semble" et dans les proportions qui leur semble nécessaire (s'il ont besoin de mettre plus de 2 TR, ils le peuvent, avec l'accord du prestataire).
Avec le TR digital, c'est une manière définitive de restreindre l'utilisation à son strict minimum.
Mais bon sang, qu'est-ce que ça peut faire qu'un ouvrier utilise 4 TR pour faire ses courses le samedi plutôt que d'en utiliser 2 pour manger à midi (sachant qu'on ne rend pas la monnaie dessus, donc souvent c'est 1 TR + monnaie !!!), voire même qu'il en utilise 6 d'un coup parce qu'il s'offre un repas avec son épouse au restaurant ?? Bon sang, fichez la paix aux gens !!!! Laissez-les vivre ! Vous ne comprenez pas que ça finira par exploser pour de bon à force de brimer la population !
Du moment que les TRs sont financés par l'employeur et le salarié lui-même, qu'est-ce que ça peut vous faire comment ils sont utilisés ????? Vous voulez faire des économies avec le digital ? Soit, mais dans ce cas, enlevez toutes ces restrictions stériles qui pénalisent toujours le même en bout de course : le salarié !
a écrit le 18/03/2019 à 18:36 :
Perso, je me suis toujours opposé au passage du titre papier à la carte !
Pourquoi : tout simplement parce que je ne fais pas mes courses tous les jours, et que la carte limite l'usage du titre repas à moins de 20€ par jour !!
Avec le titre papier, je suis limité à 2 tickets par jour... et par commerçant !!! je peux donc, le même jour, remettre 2 titres à mon boucher-traiteur, 2 titres à mon crémier, 2 titres à mon épicier, 2 titres à mon boulanger-patissier, 2 titres au maraicher, 2 titres ...
Tant qu'il y aura des titres papier, je demanderai la version papier !!
A moins que la limite d'usage soit levée (je ne vois d'ailleurs aucune raison à cette limite, dès lors qu'il y a déjà une limite pour l'acquisition de ces titres, et une 2e limite pour l'utilisation en terme d'objet de l'achat, pourquoi empêcher de faire ses achats groupés sur 1 journée ???)
Réponse de le 18/03/2019 à 21:31 :
Vous ne devez pas utiliser les titres papiers pour vos course pour en savoir si peu... Chaque magasin autorise jusqu'à un max. Avec la carte vous pouvez choisir le montant jusqu'à cette limite. Avec le papier c'est obscure et très difficile. Chez géant c'est 10 euro max donc 1 ticket quand ils sont e 6 euros chez grand frais c'est 20 euros donc 3 tickets... Quand à la limite dont vous parlez ce doit être votre employeur qui l'a décidé car vous pouvez payer sans limite aux restaurants (sauf celle du ravitaillement mensuel bien sûr !
Réponse de le 19/03/2019 à 0:12 :
Le ticket restaurant a été inventé pour permettre au salarié de payer son déjeuné quotidien, non groupé.
Réponse de le 19/03/2019 à 15:13 :
vous n'avez pas le droit de faire des courses avec, c'est motif à licenciement par l'inspection du travail, qui a fait une campagne de licenciements le printemps dernier sur ce sujet, d'ailleurs plusieurs milliers de personnes ont été réjouis on va dire, que les fonctionnaires de l'Etat augmente le chomage, surtout pour ce genre de "faute" dont personne ne connait la règle.
La règle du ticket, ils l'ont dit, c'est soit acheter genre un sandwich au super, soit aller au restau, c'est tout et pas le droit de le dépenser hors jour de travail aussi...

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