Maif Avenir investit dans la Fintech Active Asset Allocation, qui lève 4 millions d’euros

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(Crédits : AAA)
L’assureur niortais est l’investisseur principal du premier tour de table de la startup niçoise Active Asset Allocation, née il y a 9 ans et qui, jusqu’ici, s’était développée sur fonds propres. Allianz France figure également parmi les nouveaux actionnaires. Les deux assureurs vont utiliser sa technologie pour proposer une nouvelle expérience à leurs clients en assurance vie.

Maif Avenir, le fonds de corporate venture de l'assureur mutualiste niortais, l'avait prévenu : sa priorité n'est plus les startups de l'économie collaborative, mais les jeunes pousses de la finance. Le fonds met désormais en musique sa nouvelle stratégie. Il vient de mener le premier tour de table de la Fintech niçoise Active Asset Allocation, ou AAA, qui a levé 4 millions d'euros, aux côtés de Région Sud Investissement, géré par Turenne Capital, et d'Allianz France via son fonds InnovAllianz.

Le montant investi par Maif Avenir demeure confidentiel, mais l'assureur précise qu'il s'agit d'une prise de participation minoritaire. Née en 2010, AAA s'est spécialisée dans le développement de modèles dynamiques d'allocation d'actifs basés sur la gestion des risques.

"Nos algorithmes mêlent différentes approches de gestion des risques. L'idée est de partir de l'objectif du client et du montant maximum d'argent qu'il est prêt à perdre et de construire un algorithme qui adapte l'allocation d'actifs à la façon dont le portefeuille s'est approché ou éloigné de l'objectif du client", expose Adina Grigoriu, cofondatrice et directrice générale de la startup.

Actuaire de formation, Adina Grigoriu a d'abord occupé des postes de tradeuse et d'asset manager, avant de rejoindre l'Edhec Risk Institute, un centre de recherche spécialisé dans la gestion d'actifs, puis de se lancer dans l'entrepreneuriat.

AAA s'est d'abord développée dans une logique B2B et compte une vingtaine de clients, qui représentent une trentaine de portefeuilles. Parmi eux : La Fondation MAIF, MAIF, Allianz France, Spirica (groupe Crédit Agricole), OFI AM, Mandarine Gestion, AG2R la Mondiale, Generali, UAF Life Patrimoine ou encore MesPlacements.fr et la fintech Advize. Elle revendique aujourd'hui plus de 2 milliards d'euros d'encours conseillés.

Un investissement stratégique pour Maif

"Cet investissement correspond à notre volonté d'investir dans des sociétés plus mûres. AAA est une entreprise dont le modèle est éprouvé, qui enregistre un chiffre d'affaires significatif, qui cumule neuf années d'expérience et qui s'est autofinancée. C'est une entreprise solide", explique Milène Gréhan, aux manettes du fonds Maif Avenir. "Cet investissement s'inscrit, par ailleurs, directement dans le nouveau plan stratégique du groupe Maif, qui met notamment l'accent sur l'assurance des personnes", poursuit-elle.

L'assureur niortais a ainsi mis au point une preuve de concept avec la startup AAA pour mettre sa technologie au service de ses sociétaires. "L'idée est de permettre aux sociétaires qui ont des projets d'épargne de mettre en adéquation l'allocation des actifs avec leur projet et leur profil de risque", expose Milène Gréhan. En parallèle, l'assureur mutualiste utilise déjà la technologie de la jeune pousse niçoise pour la fondation Maif et un fonds multi-classes d'actifs.

Allianz France entend, lui aussi, utiliser la technologie de la Fintech pour proposer une nouvelle expérience à ses clients. "Les outils développés par AAA nous permettront de proposer à nos clients en assurance-vie une expérience plus fluide et intuitive", détaille dans un communiqué de presse, Julien Martinez, directeur de la stratégie, des projets innovants et des fusions & acquisitions d'Allianz France.

Co-créer de nouvelles solutions avec les assureurs

Grâce aux fonds levés, Active Asset Allocation, qui emploie quinze collaborateurs, entend poursuivre ses développements en matière d'intelligence artificielle, d'ingénierie financière et sur les services digitaux en général. Cet argent frais lui servira également à renforcer ses équipes commerciales et marketing.

"Avoir des acteurs institutionnels à notre capital, nous permettra également de co-créer avec eux les solutions de demain", complète Olivier Hiezely, l'autre cofondateur et président de la startup.

La Fintech entend doubler le volume d'encours conseillés d'ici la fin de l'année 2020. D'ores et déjà active aux Etats-Unis et aux Pays-Bas, elle prévoit de s'attaquer rapidement au marché luxembourgeois et a enregistré une croissance annuelle de 30% de son chiffre d'affaires.

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