Malgré les hausses de taux, les entreprises se ruent sur le crédit

En zone euro, la croissance des crédits accordés par les banques aux entreprises a fortement augmenté en août alors que l'inflation alourdit les coûts à financer, a indiqué mardi la Banque centrale européenne (BCE). Qui précise que c'est du jamais-vu depuis 2009 - en pleine crise financière.
(Crédits : Reuters)

Changement de décor : alors que les établissements bancaires estimaient cet été que la hausse des taux allait provoquer une nette diminution des demandes de prêts au troisième trimestre, les entreprises ont finalement sollicité plus de jamais leurs banques.

Selon les chiffres de la Banque centrale européenne (BCE), les encours de crédit aux entreprises ont fortement progressé en août, de 8,7 % en glissement annuel. Mieux, cette croissance est la plus élevée constatée en zone euro depuis 2009, souligne la banque centrale.

Croissance des prêts record

Dans cet ensemble la croissance pour les prêts d'une durée inférieure à un an s'est élevée à +18,7%, du jamais-vu depuis l'entrée de l'euro.

Les crédits aux entreprises pour une durée entre un et cinq ans augmentent aussi nettement, de +9,8%.

De leur côté, les crédits accordés aux ménages, en comprenant les prêts pour la consommation et le logement, ont gardé un rythme de croissance inchangé de 4,5% en août.

Globalement, les prêts ajustés au secteur privé ont grimpé de 6,7%, soit plus du double du score affiché il y un an.

Net rebond de la croissance monétaire pourtant en phase de décrue

De fait, la croissance de la masse monétaire M3, à 6,1%, marque un rebond dans une phase de décrue entamée après le pic de début 2021 (+12,5% pour mémoire) qui suit la diminution des demandes d'aides publiques liées aux effets de la pandémie de Covid-19.

L'agrégat M3 est utilisé par la BCE comme indicateur avancé de l'inflation, en comprenant les espèces en circulation, les crédits à plus de deux ans ainsi que les dépôts des ménages et des entreprises.

En dépit d'une vitesse ralentie de création de la masse monétaire, l'inflation a atteint un record de 9,1% dans la zone euro en août, tirée par la flambée des prix de l'énergie et des matières premières sur fond de guerre d'invasion de la Russie en Ukraine.

Déterminée à ramener l'agrégat à 2%, la BCE a décidé de relever ses taux directeurs, de 0,50 point et juillet et de 0,75 point en septembre - du jamais-vu en zone euro - en laissant clairement entendre que d'autres hausses vont suivre, même si cela doit peser sur l'évolution de la conjoncture.

(avec AFP)

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Commentaires 5
à écrit le 28/09/2022 à 11:06
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Eh oui, les entreprises "zombies" sont entrain de tester la théorie de "Vil Coyote" (pour reprendre l'expression de l'économiste Paul Krugman). Pour être plus précis, c’est la "Théorie du Coyote suspendu" qui fait aussi référence aux travaux de Galil...

à écrit le 28/09/2022 à 9:14
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Nous ne sommes pas encore à des taux au delà de 8/10%. Les années 80 ont connu des prêts immobiliers dits "progressifs" qui passaient en 15 ans de 3% a 14% dans une économique où l'inflation regressait chaque année. La stabilité serait dans une une ...

à écrit le 27/09/2022 à 13:50
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Pourquoi pas ? Emprunter à 3 % quand l'inflation est durablement à 15 %, ça peut être une bonne idée, du moins à condition d'avoir des projets intéressants dans lesquels investir les fonds.

à écrit le 27/09/2022 à 13:18
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les boites empruntent avant que ca ne soit trop cher.. le niveau de la masse monetaire devient delirant

à écrit le 27/09/2022 à 13:03
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Un bon cercle vicieux est déjà en train de naitre puisque les entreprises empruntent parce qu'ayant besoin d'emprunter et non pour faire les malines. Inquiétant quand même non ?

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