Au procès UBS, l’Etat français réclame 1,6 milliard d’euros

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La banque suisse ubs sur le banc des accuses en france
Arnd Wiegmann

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La banque suisse ubs sur le banc des accuses en france
Arnd Wiegmann
UBS joue gros devant le tribunal correctionnel de Paris. La grande banque helvétique comparaît depuis début octobre pour démarchage bancaire illégal ainsi que blanchiment aggravé de fraude fiscale. L'Etat français, qui s'est constitué partie civile, a demandé ce mercredi 7 novembre une « réparation à hauteur de 1,6 milliard d'euros ». Le leader mondial de la gestion de fortune est jugé pour avoir envoyé illégalement, entre 2004 et 2012, ses commerciaux démarcher de riches potentiels clients français, repérés lors de réceptions, parties de chasse ou rencontres sportives, dans le but de les convaincre d'ouvrir des comptes non déclarés en Suisse (et donc à l'insu du fisc français).
La filiale française d'UBS est poursuivie pour complicité de ces mêmes délits. L'avocat de l'Etat, Xavier Normand-Bodard, a dénoncé « un système digne de Tartuffe dans lequel les banques prétendent ne pas entendre ne pas voir, ne pas savoir, au nom... du secret bancaire », rapporte l'AFP.
Les faits reprochés à UBS sont lourds mais les ex-cadres et représentants de la banque campent sur leurs positions. Les banquiers suisses ont répété qu'ils n'avaient « pas connaissance » de comptes non déclarés de clients français. Selon eux, la loi ne leur imposait pas de s'assurer de la régularité de la situation fiscale de leurs clients dans leur pays de résidence.
Au 30 septembre 2015, 3.983 contribuables français (détenant des comptes chez UBS) avaient déposé des déclarations rectificatives. La cellule de "dégrisement" mise en place par le ministère des Finances avait alors récupéré 3,7 milliards d'euros de fraudeurs repentis.
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Les juges d'instruction avaient estimé à plus de 10 milliards d'euros les actifs de Français non déclarés au fisc et gérés par UBS entre 2004 et 2012. Ce montant est contesté par le groupe suisse. Selon l'article 324-3 du Code pénal, les amendes pour le blanchiment d'argent, lorsqu'il est commis en bande organisée, peuvent aller jusqu'à la moitié de la valeur des fonds sur lesquels ont porté les opérations de blanchiment présumé. UBS pourrait ainsi écoper d'une amende de 5 milliards d'euros. Le procès doit s'achever le 15 novembre prochain.
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