Entreprise : "2018 sera l'année du passage à l'échelle industrielle de l'intelligence artificielle"

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Les avantages de l'IA seraient plus importants encore pour les dirigeants d'entreprise puisque, 83% d'entre eux estiment qu'elle permettrait de réduire les risques d'erreur.
Les avantages de l'IA seraient plus importants encore pour les dirigeants d'entreprise puisque, 83% d'entre eux estiment qu'elle permettrait de réduire les risques d'erreur. (Crédits : DR)
Évolution des tâches, de l'organisation du travail, de la notion de responsabilité ou encore des compétences, l'intelligence artificielle va bouleverser le monde de l'entreprise. Pour l'heure, si elles sont nombreuses à avoir conscience de la nécessité de s'adapter à l'émergence de l'IA, elles restent encore peu préparées à être d'ores et déjà préparées.

Avec l'émergence des toutes puissantes données, du digital et de l'intelligence artificielle (IA), les entreprises doivent s'adapter à la "4e révolution industrielle". A l'aube de ce bouleversement du monde du travail, des mutations économiques, technologiques mais aussi humaines seront à prévoir au sein des entreprises. Une étude (*) menée par le Boston Consulting Group et Malakoff Médéric-Le Comptoir mm révèle que tous les secteurs ont aujourd'hui conscience des transformations à venir. Certes, "2018 sera l'année du passage à l'échelle industrielle de l'IA", prévient cette enquête. Mais les entreprises y sont-elles prêtes ?

Pour les dirigeants, l'IA est du pain béni

Au premier abord, l'arrivée grandissante et inéluctable de l'IA  au sein de l'entreprise est perçue plutôt positivement. Pour les dirigeants du moins, puisqu'ils la voient, à 70%, comme une bonne chose. A 70% également, ils sont d'accord pour travailler avec une IA. Pour les trois-quarts d'entre eux, l'intelligence artificielle aurait même des effets positifs sur les conditions de travail. Une grande majorité des dirigeants y voit l'opportunité d'améliorer la performance de l'entreprise, la rapidité et la fiabilité de la prise de décision, l'organisation et la manière de travailler.

Les avantages de l'IA seraient plus importants encore pour les dirigeants d'entreprise puisque, 83% d'entre eux estiment qu'elle permettrait de réduire les risques d'erreur. Mais elle favoriserait aussi la montée en compétences (77%), la réduction des tâches dangereuses (62%), l'amélioration de l'intérêt des tâches et de la valeur ajoutée du travail (62%) et le renforcement des aspects relationnels.

Du côté de la santé au travail, les dirigeants et managers sont nombreux (respectivement 67% et 70%) à croire à un impact positif de l'IA pour les salariés tandis qu'ils sont presque autant à estimer que ce changement technologique permettra de développer la prévention, notamment grâce aux objets connectés. Pour 70% des managers et 50% des dirigeants, l'IA permettra même de réduire les risques d'accidents et les maladies professionnelles.

Les salariés, bien plus mitigés sur l'émergence de l'IA

Contrairement à leurs dirigeants, les salariés sont plus craintifs quant à l'arrivée de l'intelligence artificielle dans leur environnement de travail. Seuls 44% d'entre eux jugent son émergence positive et le même pourcentage se déclare "prêt à travailler avec une IA".

Sur les avantages (performance, rapidité, fiabilité de la prise de décision, organisation du travail, manière de travailler) les salariés sont, là encore, bien plus réservés que les dirigeants. Environ 30% d'entre eux pensent que l'IA apportera des améliorations mais ils sont presque autant à ne pas vouloir se prononcer sur la question. De plus, les salariés sont 41% à penser que l'IA aura un impact plutôt positif sur la santé au travail mais, à nouveau, 30% d'entre eux ne s'expriment pas sur le sujet.

Parallèlement, les salariés sont 34% à penser que le développement de l'IA va dégrader leur emploi. En premier lieu, ils craignent une déshumanisation du travail et une perte du lien social. La moitié des salariés interrogés ont également peur que l'IA amène de nouveaux risques psychologiques. Un chiffre, davantage élevé (56%) chez les 50 ans et plus.

Risques psychologiques, avec plus de contrôle et de reporting

S'ils sont plus optimistes, les dirigeants et managers ne sont pas sans ignorer les risques qu'engendre l'IA dans leur entreprise. Mais leurs perceptions diffèrent quelque peu de celles des salariés. Pour eux, le premier danger est de créer plus de contrôle et de reporting (70% le pensent) et ils placent au même niveau la crainte de déshumanisation et de perte du lien social. Ils sont cependant, plus nombreux encore que les salariés, à envisager l'apparition de nouveaux risques psychologiques.

La taille de l'entreprise, déterminante pour la perception de l'IA

Concernant le niveau d'anticipation et de préparation, on remarque des disparités liées à la taille de l'entreprise: si 20% des dirigeants déclarent, aujourd'hui, faire de l'IA une priorité stratégique (le chiffre augmente lorsqu'on leur demande leur positionnement d'ici à 5 ans), le pourcentage est plus élevé chez les entreprises de plus de 250 salariés (53%) que pour les autres firmes (32%). Chez les PME, la prise de conscience serait "nettement plus faible", révèle l'étude.

Du côté des managers, ils sont 56% à déclarer être suffisamment accompagnés par leur entreprise au sujet de l'IA, contre 20% des salariés. Mais beaucoup attendent davantage de formations sur les technologies et les outils utilisés par l'IA, des formations pour collaborer ou interagir avec des machines intelligentes et une meilleure compréhension des nouveaux métiers liés à l'IA.

Repenser l'organisation du travail et la répartition des tâches

Si elles ne sont toutes pas au même point de préparation, les entreprises ont conscience que les transformations à venir comportent de grands enjeux humains, révèle l'étude. Pour 56% des dirigeants, le premier défi sera de repenser l'organisation du travail et la répartition des tâches entre humains et IA. La formation culturelle des collaborateurs pour travailler avec l'intelligence artificielle et l'accompagnement de leur montée en compétences sont les priorités qui suivent.

Les RH devraient être en première ligne de l'accompagnement de cette transformation et, moins préparées au développement de l'IA, les TPE / PME auront davantage encore de défis à relever pour prendre le tournant de cette mutation.

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(*) Etude réalisée par Malakoff Médéric (lecomptoirmm) et le Boston Consulting Group auprès de plus de 1.700 personnes (dirigeants, managers et salariés) entre novembre et décembre 2017.

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Commentaires
a écrit le 19/03/2018 à 19:57 :
L'intelligence artificelle en entreprise oui, mais le deep learning non.
Le deep learning n'est utile qu'en dehors de l'entreprise sur des sujets où ni la réplicabilité des algorithmes ni l'explication n'entrent en compte.
En entreprise, sur des sujets mettant en jeu des clients bien identifiés, c'est la pire chose qui puisse arriver. Il est impossible de répliquer à cause de la manière de construire les hyperparamètres entre autres. Une entreprise qui met en place des outils à base de deep learning est soit incompétente soit n'a pas bien compris le sujet. C'est simple : ces solutions sont à fuir comme la peste.
a écrit le 13/03/2018 à 18:25 :
"Pour les dirigeants du moins, puisqu'ils la voient, à 70%, comme une bonne chose. A 70% également, ils sont d'accord pour travailler avec une IA."

Ils sont pas au courant alors, HAL(hardware abstraction layer) vient de signer à la CGT.
a écrit le 13/03/2018 à 16:52 :
L’IA va supprimer des «  emplois » enrichir les «  entreprises » sui veulent faire des économies car ils sont assomés par des taxes.

Question : quelles solutions pour le chomâge de masse?
Comment l’IA peut aider à réduire le chomâge?

Je sais déjà que l’IA permet de faire des calculs pour spolier des droits sociaux prévus dans dix ans ou plus et de faire des exclusions et séléction artificielle d’un groupe à l’autre.

C’est sur que c’est plus problématique et difficile de «  poursuivre des machines » en justice de discrimination ...

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