Gaspillage : comment Amazon détruit et jette des millions d'objets neufs chaque année

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Un employé dans un entrepôt Amazon. Le géant américain du e-commerce a été épinglé, dans un reportage diffusé sur M6, pour sa politique de destruction de biens manufacturés neufs.
Un employé dans un entrepôt Amazon. Le géant américain du e-commerce a été épinglé, dans un reportage diffusé sur M6, pour sa politique de destruction de biens manufacturés neufs. (Crédits : Reuters)
L'émission "Capital" sur M6, diffusée dimanche 13 janvier, a dévoilé qu'Amazon s'adonnait chaque année à la destruction de millions de produits manufacturiers... neufs. La secrétaire d'Etat française à la Transition écologique Brune Poirson a annoncé dans la foulée plusieurs mesures pour lutter contre cette pratique.

A l'heure ou la lutte contre le réchauffement climatique et la préservations des ressources naturelles sont au coeur des préoccupations d'un certains nombre d'acteurs (Etats, associations, citoyens), les révélations de l'émission "Capital" sur le groupe Amazon risquent de ternir encore davantage l'image du géant du e-commerce. Pour cause, un reportage diffusé dimanche 13 janvier dans le magazine d'information de M6, a dévoilé comment un journaliste de la chaîne a réussi à se faire embaucher en tant que manutentionnaire dans l'un des entrepôts d'Amazon, à Saran (Loiret). Son objectif : filmer, notamment, les gros conteneurs destinés à la destruction d'objets de toutes sortes : couches, machines à café, téléviseurs, jouets, etc...

Les journalistes en infiltration ont ainsi filmé les zones de stockage avant la destruction de marchandises invendues, au sein de la plate-forme. Ils ont fait un inventaire rapide (livres, couches à 31 euros, boîtes de Lego à 128 euros, boîte de Playmobil ou une télévision) et installé des traqueurs pour suivre les produits. À la destruction de biens neufs, constatée par M6, s'ajoute le fait que certains d'entre-eux, repérés grâce à des balises GPS placés sur eux, sont sauvagement déchargés dans un site de la forêt orléanaise.

Marchandises parfois renvoyées, souvent détruites

En tout, selon les estimations d'élus CGT, rapportés par Le Monde, Amazon détruit chaque année plus de 3,2 millions d'objets manufacturés neufs. Près de 300. 000 objets neufs ont été jetés en trois mois dans son entrepôt de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), le plus petit des cinq établis en France par le géant de la vente en ligne. Pourquoi cela ? Amazon stocke beaucoup de produits de ses partenaires afin d'assurer une livraison rapide à ses acheteurs.

Or, si le produit ne trouve pas preneurs, la question des invendus se pose. Récupérer la marchandise ou la détruire s'avèrent les deux seuls alternatives possibles explique Guillaume Cahour, le journaliste qui a mené l'investigation. En effet, les clauses contenues dans les contrats entre la plateforme d'Amazon ("market place") et les vendeurs tiers qu'elle héberge et dont elle stocke les produits dans ses entrepôts prévoient qu'en cas d'invendus, soit les marchandises sont renvoyées, soit elles sont détruites même neuves.

Le coût prohibitif du stockage de produits

Cela est dû à la difficulté, d'ordre financière, pour les vendeurs indépendants, dont les entrepôts d'Amazon regorgent de produits, de conserver leurs stocks. Selon le reportage, de 26 euros au départ, les frais de stockage proposés par la firme peuvent passer à 500 euros au bout de six mois et à 1.000 euros au bout d'un an. Un tarif prohibitif qui oblige les vendeurs indépendants, propriétaires de leurs produits, à les rapatrier à leurs frais ou demander leur destruction à Amazon, qui s'en charge à moindre coût. Selon un formulaire de destruction obtenu par des syndicalistes à Chalon-sur-Saône, 97% des produits détruits sont ceux de vendeurs indépendants.

Lire aussi : Pourquoi Mounir Mahjoubi presse Amazon de desserrer l'étau autour des TPE/PME françaises

Ce procédé a suscité l'ire de la secrétaire d'Etat française à la Transition écologique Brune Poirson, présente en plateau, qui l'a condamné et annoncé des mesures pour le contrecarrer.

"Je suis choquée. Outrée (...). Dans les mois à venir, une loi (sur l'Economie circulaire, ndlr) va passer au Parlement qui va interdire ce type de pratique. Des entreprises comme par exemple Amazon ne pourront plus jeter des produits qui sont encore consommables", a déclaré Mme Poirson après la diffusion du reportage.

Rendre les "market places" responsables de la fin de vie des produits

Les entreprises usant de ces pratiques "ne pourront pas non plus rendre impropres à la consommation des produits qui pourraient être encore utilisables : pour cela, elles devront se débrouiller et trouver des solutions", a ajouté Brune Poirson.

Mme Poirson a annoncé également souhaiter "aller encore plus loin: nous voulons considérer les "market place" telles Amazon comme étant responsables par défaut de la fin de vie des produits qu'elles commercialisent", sans préciser comment.

Par ailleurs, "les entreprises devront rendre public leur politique de lutte contre le gaspillage alimentaire et les quantités de produits qu'elles ne gaspillent pas". Enfin, Brune Poirson a annoncé la "mise en place d'un affichage environnemental sur les vêtements : le consommateur aura une idée de la consommation d'eau qu'il a fallu pour les produire".

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 18/01/2019 à 11:29 :
Pour éviter le gaspillage, il existe des sociétés qui proposent des produits de second choix (déstockés, aux emballages abîmés, reconditionnés...). C'est le cas de Demarq-online, où les produits actuels sont vendus jusqu'à 70% moins chers que leur prix de lancement. Depuis la création, on a ainsi déjà sauvé de la destruction plus d'un million de produits : en plus d'être pas cher c'est bon pour la planète :)
Au cas où : www.demarq-online.com
a écrit le 17/01/2019 à 13:35 :
Le chouchou des bourses se permet de saloper les lieux où il installe ses entrepôts partout dans le monde. En plus de la concurrence déloyale à l'encontre des commerces locaux il faut encore endurer la pollution de ses déchets.
a écrit le 16/01/2019 à 15:37 :
Hello,
vous avez vu la réponse d'un des reporters Capital à la réponse de Amazon c'est ici => https://www.be-actu.fr/societe/amazon-le-grand-gaspillage-devoile-par-lemission-capital-les-vrais-chiffres-et-infos-1860652019.html
a écrit le 16/01/2019 à 13:13 :
Attention il ne faut pas croire que le don soit gratuit pour les entreprises, en effet il faut respecter les lois fiscales qui s’empilent en france le don est sévèrement encadré :
- la marchandise donnée impose de s’acquitter de la TVA
- la revente à perte est très, très, rigoureusement encadrée en France
- donner peut valoir un sévère redressement fiscal, si l'on a fait l'erreur de ne pas respecter un obscure texte de loi.
Rendre les market place responsable de la fin de vie des produits, les conduira a facturer immédiatement le cout du renvoi au independant en cas d'invendu, cela renchérira donc le cout des produits.
a écrit le 15/01/2019 à 17:23 :
ça fait longtemps que je n'achète plus chez Rakuten que des PRODUITS D'OCCASION
a écrit le 14/01/2019 à 19:58 :
C est le rôle des soldes que d'autoriser la vente à perte.
Encore faut il le vouloir ou pouvoir.

Je suis surpris que des brokers ne soient pas sûr le coup ?
a écrit le 14/01/2019 à 17:22 :
Quelle est l'entreprise qui ne fait pas 3% de perte? Encore des journalistes qui veulent démontrer un état de fait qui est un faux problème. Même un particulier jette plus de 3% de ce qu'il achète sans l'avoir consommer. Ce n'est pas sur cela qu'il faut jeter la pierre sur Amazon, c'est plutôt sur sa non imposition qu'il faut faire porter l'action du gouvernement, mais B.Poirson ne connait bien que les problèmes de l'eau, elle qui a coulé Véolia en Inde quand elle en était une des responsables de marché.
a écrit le 14/01/2019 à 14:13 :
a priori elle n'a pas bien compris le concept
donc soit les independants reprendront leurs bien et la logistique inverse leur sera facturee, soit on leur facturera des le debut le retour avec une remise si le bien est finalement vendu
dans le pire des cas on leur dira qu'il n'y a pas de market place et ils devront faire eux memes un site web invisible, avec les couts associes, ca va en calmer plus d'un!
quant a rendre quelqu'un responsable d'un produit qui n'est pas a lui, outre le fait que juridiquement ca ne colle pas, ca ouvre la voie a tout et n'importe quoi
on pourra vous accuser du vol de voiture commis par votre voisin, vu que vous habitez le meme immeuble que lui et que vous auriez du l'en empecher
alternative: il s'agit encore une fois d'une gesticulation braillarde pour exister...
a écrit le 14/01/2019 à 11:30 :
Les gars, au lieu d'agresser systématiquement les GAFA comme les bons petits soldats que vous êtes je vous conseille vivement, afin de comprendre pourquoi on ne vous accorde que de moins en moins de crédibilité, d'aller faire votre métier à l'entrée des incinérateurs français et vous verriez, mais il est vrai que vos patrons n'en ont pas envie c'est une certitude, que cela fait très longtemps que des produits neufs, de la nourriture non périmée, du high tech et-c, et-c... est détruit régulièrement tous lesj ours.

Hier encore sur France 5 un documentaire sur les enseignes de vêtements qui détruisent des tonnes de produits tout neufs.

"Tandis que le sage montre l'horizon du doigt, l'imbécile regarde le doigt."

Alors il est beau le doigt d'internet ?

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