Haute horlogerie : la revanche du made in France
Samuel Loutaty
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La manufacture Pequignet à Morteau (Doubs). Le modèle Concorde sorti à l’occasion du 50e anniversaire de la marque.
Piquignet/Claire Vial
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La manufacture Pequignet à Morteau (Doubs). Le modèle Concorde sorti à l’occasion du 50e anniversaire de la marque.
Piquignet/Claire Vial
La migros - la loupe des horlogers - sur l'œil, Sandrine, quarante ans de métier, assemble à l'aide d'une pince et d'un petit tournevis dynamométrique un calibre, la partie interne d'une montre, « celle qui génère le mouvement ». De loin, on dirait des paillettes argentées. De près, on distingue des microvis qui brillent dans la lumière de cette belle journée d'octobre, entrant par les immenses baies vitrées de l'atelier de fabrication de la maison Pequignet. C'est ici, entre un pan de forêt jurassienne et un grand champ où paissent des vaches insensibles au temps qui s'écoule, que la marque fondée en 1973 par Émile Pequignet ressuscite la montre made in France.
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Un made in France qui avait quasiment disparu depuis les années 1970, au point qu'aujourd'hui 98 % des montres vendues dans l'Hexagone sont fabriquées à l'étranger. C'est peu dire que Peguignet, seule manufacture de haute horlogerie française, fait figure de résistante. Elle produit chaque année de A à Z dans ses ateliers de Morteau près de 3 000 garde-temps, et surtout conçoit et fabrique en interne ses propres mécanismes. Tel le Calibre Royal lancé en 2011, qui a nécessité six années de recherche et signé le renouveau de la maison. « Le calibre pour une montre, c'est comme le moteur d'une voiture, explique Julien, ingénieur de formation au bureau d'études de haute horlogerie de la PME - le seul existant en France. À l'heure actuelle, nous sommes les seuls à fabriquer nos propres moteurs. La plupart des marques de montres françaises ont recours à des mouvements fabriqués en Suisse ou en Asie... »
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