La livraison du Boeing B787 retardée par une "clé de 12" oubliée

Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est un outil oublié dans une armoire électrique qui est à l'origine de l'incendie du 9 novembre ayant obligé Boeing à interrompre les essais en vol du B787. Bien que décelée, cette anomalie pose toujours des problèmes aux ingénieurs qui doivent comprendre comment éviter qu'elle ne se reproduire. Parmi les sous-traitants en ligne de mire : le français Zodiac.

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Copyright Reuters (Crédits : Kevin P)

F.O.D pour "foreign object damage", ou dégât provoqué par un corps étranger. C'est, selon plusieurs sources industrielles, l'élément déclenchant de l'incendie qui s'est déclaré le 9 novembre sur un vol d'essai d'un Boeing 787, obligeant, depuis, le constructeur à suspendre sa campagne d'essais en vol à trois mois de la première livraison à All Nippon Airways. "Un outil, oublié dans une armoire électrique (dans laquelle se trouve des logiciels, des composants..., ndlr) a provoqué un court-circuit", assure-t-on à La Tribune.

Pour autant, cela n'aurait pas dû entraîner de telles conséquences. Car c'est tout le système de distribution d'énergie, un point crucial de l'avion, qui est en cause."Par sécurité, tout est redondant dans un avion. Or, la panne qui a eu lieu dans la première armoire électrique s'est propagée à la seconde, et l'appareil a dû utiliser la gestion électrique de secours pour se poser", expliquent les mêmes sources. Il s'agit d'une petite éolienne (appelée la rate) qui se trouve sur le fuselage et alimente un petit générateur électrique de secours permettant à l'appareil d'atterrir.

Plusieurs industriels sont concernés dans ce sac de noeuds. Notamment le français Zodiac l'un des sous-traitants de l'américain Hamilton (filiale de United Technologies), maître d'oeuvre de la distribution d'électricité de l'avion, et bien entendu Boeing, responsable des spécifications et des contrôles. L'équipementier français fournit par exemple des composants présents dans l'armoire électrique. Hamilton en fournit d'autres. "Pour autant, impossible d'incriminer qui que ce soit pour l'heure, explique un industriel, car plus qu'un problème de qualité d'une pièce, c'est un problème dans la logique de gestion du système électrique puisque la panne s'est propagée."

Il n'empêche, le résultat des courses risque d'être sans appel. Le Boeing 787 se dirige tout droit vers un septième retard. C'est même une certitude pour le très respecté Steven Udvar-Hazy, patron du loueur d'avions Air Lease Corporation. "Si des modifications sont nécessaires sur certains logiciels, cela prendra du temps et les livraisons d'avions seront repoussées", assure un industriel français. Pour Morgan Stanley, un tel scénario pourrait décaler les premières livraisons de l'avion à 2012. Elles étaient prévues en 2008, lors du lancement du programme en 2004.

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Commentaire 1
à écrit le 01/12/2010 à 17:44
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1 - La principale information de l'article est le nouveau retard du B787, ce qui est un fait, et pas un jugement de valeur, 2 - Le défaut de conception du système électrique fait que la redondance n'est pas assurée, et c'est aussi un fait (qui justif...

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