Airbus assure que l'OMC condamne Boeing

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Le rapport de l'OMC (Organisation mondiale du commerce) devait pourtant rester secret plusieurs semaines. Airbus et Boeing s'envoient des communiqués à la figure.

Que du classique. Après la remise du rapport final de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les aides publiques américaines attribuées à l'industrie aéronautique américaine, Européens et Américains divergent sur le contenu de ce rapport, qui restera confidentiel pendant trois mois. En octobre 2004, Washington et Bruxelles s'étaient mutuellement attaqués à l'OMC, sur le dossier des aides étatiques à Airbus et Boeing. En juillet, l'OMC avait condamné l'Europe, qui a fait appel.

Aujourd'hui, l'OMC a, selon le camp européen, fait de même concernant Boeing. L' OMC a "confirmé" la version du rapport préliminaire, a déclaré le commissaire européen chargé du Commerce, Karel De Gucht. Ce rapport avait épinglé Boeing sur plusieurs points. Les aides à la recherche versées à Boeing par la NASA et le ministère américain de la défense (DOD) étaient considérées comme des subventions ayant entraîné un impact défavorable sur l'activité d'Airbus. Mais elles n'avaient pas été interdites, selon nos sources. Idem pour les aides de l'Etat de Washington. En revanche, l'OMC a été très ferme sur le FSC (Foreign Sales Corporation), ces aides à l'export déjà condamnées par deux fois. Ce sont des subventions, estime l'OMC exigeait leur retrait immédiat.

Selon Airbus, Boeing n'aurait pas pu lancer le 787 ces subventions illégales. « Boeing a reçu au moins 5 milliards de dollars d'aides des contribuables américains, jugées illégales. Le chiffrage des aides supplémentaires perçues par Boeing au-delà de ces 5 milliards de dollars sera effectué ultérieurement si Boeing décide de poursuivre l'affaire », indique Airbus dans un communiqué. Au final, ces subventions « sont directement responsables d'importants dommages subis par l'industrie aérospatiale européenne », et leur effet « se poursuivra à l'avenir, causant un grave préjudice à Airbus ». L'avionneur estime le préjudice a 45 milliards de dollars.

Le discours de Boeing est tout autre. "Les informations publiées ce jour confirment les informations provisoires de septembre 2010, selon lesquelles l'OMC a rejeté la quasi-totalité des plaintes déposées par l'Europe à l'encontre des Etats-Unis, y compris la grande majorité de ses réclamations dans le domaine de la recherche et développement, à l'exception d'environ 2,6 milliards de dollars", déclare l'avionneur américain, qui assure que le rapport publié aujourd'hui constitue un rejet massif des plaintes européennes.

Pour Boeing, "dans les informations publiées ce jour, il n'y a rien de comparable avec les 20 milliards de dollars d'aides illégales qu'Airbus/EADS a reçus, selon les conclusions publiées par l'OMC en juin dernier".
Boeing risque néanmoins de faire appel.

 

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Commentaires
a écrit le 01/02/2011 à 10:03 :
Depuis que les dirigeants d'Airbus ont vendu à la Chine des Airbus en acceptant de les construire en Chine avec transfert de technologie, la Chine prépare l'export de ses propres avions (C919 parait-il) qui viendront concurrencer les A3xx d'Airbus et les B7xx de Boeing. Airbus va souffrir, et devra licencier. Mais entretemps, les dirigeants d'Airbus auront touché de beaux bonus et, s'ils sont virés, de beaux parachutes dorés et retraites chapeau. Ainsi va la France du CAC40.
a écrit le 31/01/2011 à 20:47 :
Il a fallu une "enquête" de l'OMC pour savoir ce que l'on connaissait déjà. Au lieu d'aides transparentes votées par les États (subventions accordées à Airbus par les États européens), les américains préfèrent les aides indirectes, bien plus élevées, par le biais de budget fédéraux (recherche, ministère de la défense...), bien moins transparentes. L'OMC aurait pu faire des économies. Apparemment, il suffisait de demander à certains internautes qui ont l'aire parfaitement au courant. Mais, allons plus loin. Si les aides indirectes sont des "caches sexe" et les aides directes européennes sont critiquées par Bruxelles et l'OMC, comment ces deux géants de l'aéronautique vont ils réussir à lutter contre le géant chinois, en cour de formation? Tien, les aides des États seraient donc logiques? Après cela, il va être dur d'expliquer qu'il ne faut pas aide les sociétés publiques "vouées à disparaitre pour laisser place aux forces du marché". Du bla bla. Sans aides publiques, pas de grands projets. Sans grands projets, pas de grands pays ni de grands espoirs.

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