Thales : Jean-Bernard Lévy lance sa révolution de velours

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Le PDG de Thales, jean-Bernard Lévy  DR
Le PDG de Thales, jean-Bernard Lévy DR
C'est une évolution légère de l'organisation de Thales que le nouveau PDG de Thales Jean-Bernard Lévy a dévoilé ce jeudi à ses troupes. Comme annoncé par "La Tribune", le nombre de divisions passe de sept à six, lesquelles deviennent des "activités mondiales". Les divisions Opérations aériennes et Défense terrestre fusionnent et la nouvelle entité sera dirigée par le Britannique Alex Cresswell, six mois après son éviction.

Le nouveau PDG de Thales, Jean-Bernard Lévy, fait évoluer en douceur l'organisation de son groupe. Après avoir annoncé lundi les premières nominations ou confirmations au sein du comité exécutif du groupe électronique, il a dévoilé ce jeudi son projet d'évolution de l'organisation de Thales, qui sera finalement légère. "Il fallait quelque chose de simple pour stabiliser le groupe qui en a besoin", explique-t-on à "La Tribune". D'autant que Jean-Bernard Lévy a la mission d'apaiser rapidement le groupe. Comme "La Tribune" l'avait révélé, le nombre de divisions va passer de sept à six, lesquelles vont devenir des "Activités mondiales" et le nouveau PDG veut un nouveau rééquilibrage des pouvoirs entre les pays et lesdites activités mondiales.

"Jean-Bernard Lévy veut mieux exploiter le potentiel de Thales tout en y associant les salariés et rompre ainsi avec une méthode coercitive", précise-t-on. Dans ce cadre, il souhaite lancer cet été une réflexion sur les valeurs et les ambitions du groupe en vue de resserrer les troupes, traumatisées par les méthodes de l'ancien PDG. Enfin, le nouveau patron prépare pour les prochains mois un plan stratégique à cinq ans en vue de fixer un cap à Thales.

Un Britannique au comité exécutif

Quelle division a fait les frais de cette mini-réorganisation ? C'est la division opérations aériennes, dirigée par Guy Delevacque, qui fusionne avec celle de défense terrestre. Et pour internationaliser à nouveau le comité exécutif, le Britannique Alex Cresswell, évincé par Luc Vigneron en juillet dernier, revient à la tête de la division défense terrestre à la place de Serge Adrian, qui va rester dans le groupe aux côtés du nouveau directeur général en charge des opérations et de la performance, Patrice Caine. Il est apparu dans la réflexion de la direction de Thales qu'il était important de réunir dans une même "activité mondiale", qui s'appelera Systèmes terrestres et aériens, les activités missiles, systèmes de missiles et équipements de missiles.

Dans les réflexions, il a même été question d'une organisation bâtie autour de cinq divisions. Car il a été notamment question de fusionner la division avionique, dirigée par Michel Mathieu, avec celle de Systèmes de mission de défense de Pierre-Eric Pommellet. Mais, le rapprochement de ces deux divisions, l'une civile et l'autre militaire, n'a pas abouti. Notamment Thales ne souhaitait pas prêter flanc à la critique de la Direction générale de l'armement (DGA), soucieuse de voir ses crédits investis uniquement dans les activités militaires...

Un rééquilibrage des pouvoirs entre les activité mondiales et les pays

Le nouveau PDG de Thales va également rééquilibrer les pouvoirs entre les activités mondiales et les pays sans pour autant préconiser un retour en arrière d'avant la présidence de Luc Vigneron à qui il vient de succéder. "L'idée est de remettre le balancier au milieu", précise-t-on. Ainsi, le pilotage sera beaucoup plus fin qu'auparavant et se fera au cas par cas, selon l'importance des pays. Ainsi, la nouvelle direction a découpé en quatre zones tous les pays, en commençant par la France, qui sera gérée par Patrice Caine. Ensuite, dans un deuxième groupe, Thales va regrouper six pays où l'électronicien dispose d'une implantation industrielle forte et de centres de compétences - trois en Europe (Royaume-Uni, Pays-Bas et Allemagne) et tois pays anglo-saxons (Etats-Unis, Canada, Australie). Les patrons de ces pays seront responsables de leurs structures et des petits projets. En revanche, Jean-Bernard Lévy a tenu à associer les activités mondiales, qui seront coresponsables des grands projets dans ces pays. Enfin, ces pays auront chacun un superviseur, qui siègera au comité exécutif. Ainsi, Jean-Bernard Lévy s'occupera lui-même du Royaume-Uni qu'il connaît très bien et Jean-Pierre Forestier du Canada.

Le troisième groupe concerne tous les pays de l'Union européenne, à l'exception des quatre pays déjà cités (France, Royaume-Uni, Pays-Bas et Allemagne), qui seront pilotés par une direction des opérations internationales sous la responsabilité de Patrice Caine. Enfin, le quatrième groupe - le reste du monde, notamment les pays émergents où Thales a de grandes ambitions -, sera dirigé par Pascale Sourisse. Elle aura pour mission de développer Thales à l'international et devra, pour ce faire, mettre en place un plan statégique. "Jean-Bernard Lévy a été surpris des résultats mitigés réalisés dans les pays émergents", note-t-on. D'où la volonté de faire croître le chiffre d'affaires de Thales dans les pays à forte croissance.

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Commentaires
a écrit le 09/02/2013 à 9:56 :
Quand aurons-nous une information indépendante sur l'activité des grands groupes ? M. Cabirol a vilipendé l'ancien président pendant tout son mandat, le voici maintenant parti pour une info qui est à quelques détails près la communication officielle du groupe. M. Cabirol et sa source vont donc nous vanter tous les lundis les bienfaits des actions de Monsieur Levy ? Ou pouvons nous espérer un vrai regard journalistique, une analyse économique sérieuse et notamment un regard qui, au delà de parler de pays "émergents", démontre une connaissance de la géopolitique des zones des marchés ciblés par le groupe ?
Réponse de le 11/02/2013 à 18:48 :
Bonjour, je suis preneur de toutes les infos. Voici mon mail mcabirol@latribune.fr. Au plaisir de communiquer avec vous. Michel Cabirol
a écrit le 07/02/2013 à 23:29 :
Non, JBL, c'est plutôt le frangin de Pioneer...
a écrit le 07/02/2013 à 18:57 :
C'est le frère de BHL ?
Réponse de le 08/02/2013 à 10:04 :
Je ne crois pas; il n'a pas le même décolleté.

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