EADS devient une entreprise normale treize ans après sa création

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Copyright Reuters (Crédits : EADS-Thomas Jullien)
L'assemblée générale extraordinaire d'EADS a approuvé ce mercredi le changement de statut, qui permettra de réduire l'influence des Etats. ces derniers avaient jusqu'ici un droit de veto sur les décisions stratégiques.

C'est fait... EADS devient une entreprise normale treize ans après sa création. L'Assemblée générale extraordinaire a décidé à 88,08 % ce mercredi à Amsterdam de modifier les statuts du groupe européen, qui résulte d'un accord multipartite du 5 décembre 2012 conclu entre les actionnaires allemands, français et espagnols. C'est une décision historique dans l'évolution de la gouvernance du groupe. EADS, qui opère sa transformation la plus spectaculaire depuis sa création en 2000, aura un actionnariat simplifié, la France et l'Allemagne ayant chacune 12 % de son capital, l'Espagne 4 % et un flottant porté d'environ 50 % à 72 % du capital. L'adoption de la résolution portant sur la modification des statuts devrait réduire l'influence des Etats dans la gestion opérationnelle du groupe d'aéronautique et de défense et, surtout, enlever un droit de veto sur les décisions stratégiques. A ce titre, il faut déjà souligner l'absence de polémiques en Allemagne lors du départ du PDG d'Eurocopter, Lutz Bertling, remplacé par un Français, Guillaume Faury. Mais faut-il rappeler que l'Allemagne avait bloqué en octobre dernier un projet de fusion avec le groupe de défense britannique BAE Systems, qui aurait créé un leader mondial devant l'américain Boeing.

99,13 %... C'est aussi le pourcentage recueilli par Tom Enders pour siéger au conseil d'administration d'EADS, un tout peu moins que les suffrages recueillis par Anne Lauvergeon (99,41 %) et Denis Ranque, le nouveau président du conseil d'administration (99,77 %). Un plébiscite de la part des actionnaires du groupe européen, dont certains ont toutefois regretté lors de l'assemblée générale extraordinaire d'EADS le projet de rachat d'actions jusqu'à 15 % du capital à un prix plafond de 50 euros par action. Une décision qui a suscité des controverses ces dernières semaines mais qui a finalement été adoptée à 88,08 %. Le nouveau conseil d'administration, qui s'est réuni dans la foulée de l'assemblée générale, "décidera du lancement potentiel d'un programme de rachat d'actions, et déterminera, le cas échéant, sa dimension, son calendrier et ses contours, ainsi que l'opportunité de participer aux éventuelles campagnes de ventes d'actions d'EADS réalisées par les actionnaires de référence (Daimler, Lagardère, Sepi, ndlr), en fonction des conditions du marché qui prévaudront", a expliqué EADS dans un communiqué publié ce mercredi. Arnaud Lagardère a confirmé dans un entretien publié mercredi par Les Echos que la cession de la participation restante de 7,5 % de son groupe dans EADS devrait se faire avant l'été.

Une assemblée générale paisible

Par ailleurs, EADS avait annoncé un peu avant la tenue de l'asemblée générale "un amendement à l'accord multipartite". "Par exception aux dispositions de blocage, et à sa demande, la société holding de l'Etat espagnol SEPI sera autorisée à vendre jusqu'à 1,15 % des parts qu'elle détient au capital d'EADS entre la réalisation de l'accord (à savoir la conclusion de la transaction par l'acte notarié de l'amendement des statuts d'EADS) et le 9 avril 2013 fin de journée, de manière à pouvoir ramener sa participation future à un niveau aussi proche que possible de 4 %", a expliqué le groupe dans un communiqué. L'Etat espagnol devrait récupérer ainsi environ 400 millions d'euros.

Une assemblée générale... extraordinairement paisible même si Tom Enders a été légèrement agacé par les nombreuses questions d'un actionnaire particulier allemand, désireux de mieux comprendre cette opération de rachat d'actions en dépit des nombreuses explications déjà données par le patron d'EADS. Le rachat d'action proposé par EADS à ses actionnaires ne dépassera pas un tiers de sa trésorerie, a assuré Tom Enders. "Je n'ai pas l'intention de proposer un rachat qui dépasse un tiers de nos réserves de cash", qui s'élevaient à 12,3 milliards d'euros fin 2012, a-t-il précisé. Il voulait souligner que le groupe n'allait compromettre ni les développements en cours ni ses capacités d'investissements, comme l'a assuré le directeur financier du groupe, Harald Wilhelm. Tom Enders a estimé que cette opération devrait être "relutive". L'action EADS a gagné 34,7 % depuis le début de l'année après un gain de 22 % en 2012. Elle cède 2,99 %, à 39,70 euros mercredi vers 13h25 à la Bourse de Paris, donnant une capitalisation de 32,9 milliards.

EADS ne sera pas une proie

Le groupe européen ne risque pas de devenir une proie, la nouvelle organisation de sa gouvernance et de son actionnariat lui apportant les protections adéquates, a par ailleurs souligné Tom Enders. "EADS ne sera facile à prendre d'assaut", a-t-il martelé. Dans le cadre de la nouvelle organisation, la France et l'Allemagne disposeront chacune d'une "société holding de défense" où seront logés leurs intérêts stratégiques spécifiques (notamment en matière d'armement nucléaire). Le directeur financier Harald Wilhelm a précisé de son côté que les contrôles effectués sur le programme à risque du futur long-courrier A350 d'Airbus permettraient de limiter tout impact trop important sur la trésorerie.

Enfin, Tom Enders, qui va pouvoir discuter avec le nouveau conseil de la révision stratégique en préparation du groupe, s'est montré confiant dans sa capacité à continuer à améliorer ses performances, après un bond de 68 % de son bénéfice d'exploitation avant exceptionnels en 2012 grâce à Airbus. Il a également indiqué que le groupe ne procéderait pas à une augmentation de capital et que la politique de dividende du nouveau conseil serait probablement "beaucoup plus attractive que par le passé". EADS a proposé un dividende de 0,60 euro par action au titre de 2012 contre 0,45 euro pour 2011. L'assemblée générale annuelle du groupe est prévue le 29 mai.

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Commentaires
a écrit le 29/03/2013 à 17:22 :
Bonjour, espérons que avec cette gouvernance nouvelle cette entreprise fonctionnera mieux, actuellement nous avons des usines d'assemblage en Europe, (Allemagne,France,Espagne) en Chine (qui ne fonctionne à correctement) et bientôt au USA, espérons que nous allons enfin pouvoir produire nos avions en temps et en heure.... Quel sera les futures développement, un avion cargo a base des élément de A380?, un nouveau concorde moderniser et européen,,,,, ils semble importants de régler nos problème sur nos dernier appareil. (A400,A380) , de peneriser la production en Europe, et de relancer les recherches sur des projets techniquement réalisable.... Il reste à voir si l'efficacité allemande est effectivement un point de résultat commun....
a écrit le 28/03/2013 à 10:26 :
ça y est EADS a été offert à nos "amis" allemand en échange de quoi ? le siege à amsterdam permet certainement toutes les accrobaties financières et une prise en main ferme par nos amis teutons .adieu EADS vive les nouveaux maitres il nous reste nos yeux pour pleurer.dailleurs les chinois ont toujours dit que EADS était allemand !!!! c"est fait !!!
a écrit le 28/03/2013 à 10:20 :
Une des rares grosses entreprises françaises encore bénéficiaire : il y avait urgence à en modifier les statuts pour la ruiner ou la vendre à l'étranger.
a écrit le 27/03/2013 à 21:56 :
EADS est une entreprise stratégique pour la France et de plus bien portante et source de bénéfice. Pourquoi la République française accepte de se déposséder sans raison d'un de ses plus beau fleuron et atout international ? Je ne parviens pas à comprendre.

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