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Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

Défense : l'armée française va perdre 34.000 postes d'ici à 2019

F.G.

Publié le 29 avril 2013 à 11:08

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Sur la durée de la prochaine loi de programmation militaire 2014-2019, le Livre blanc de la sécurité et de la défense, rendu ce lundi à François Hollande, prévoit un budget de 179,2 milliards d'euros. Aux 10.000 suppressions de postes déjà prévues en 2014-2015, il table 24.000 suppressions de postes supplémentaires. Ce qui fera 79.000 depuis 2008.

Neuf mois après le début des travaux le quatrième Livre blanc de la sécurité et de la défense de la France après ceux de 1972, 1994 et 2008, été remis ce lundi en fin de matinée au chef de l?Etat. Ce dernier s?était en effet engagé quand il était candidat à réviser la stratégie de défense du pays pour tenir compte des bouleversements survenus dans le monde tant géostratégiques, comme les révolutions arabes et l'évolution de la politique étrangère des Etats-Unis qui se détournent de l'Europe, qu?économiques avec la crise économique et de fortes contraintes budgétaires.

1,5% du PIB en 2014
Dans ce contexte extrêmement tendu des dépenses publiques « la dépense de défense dans les années à venir sera d?abord stabilisée en valeur pour connaître ensuite une remontée progressive en volume », explique le Livre blanc. Sur la durée de la prochaine loi militaire 2014-2019, 179,2 milliards d?euros 2013 seront consacrés à la défense (hors pensions) et 364 milliards entre 2014 et 2025. Par ailleurs, comme l'a annoncé le président François Hollande le 28 mars, le budget 2014 de la Défense sera maintenu à 31,4 milliards d'euros, toutes ressources confondues, « soit le même montant qu?ne lois de finances initiales pour 2012 et 2013 », indique le Livre blanc qui précise que « cette stabilité en valeur permettra de maintenir en 2014 l?effort de dépense à 1,5% du PIB hors pensions et hors gendarmerie ». En 2014, plus de 16 milliards d?euros de dépenses d?équipement sont prévues. Néanmoins, s?il prévoit le renouvellement de toutes les capacités critiques indispensables aux armées en respectant els priorités en faveur des capacités de dissuasion, de renseignement et de projection de puissance, rythme de modernisation à l?horizon 2025 sera plus lent que prévu.

55.000 postes supprimés 2008-2015
Les suppressions de postes continuent. Après les 55.000 programmées par sur la période 2008-2015, dont plus de 10.000 entre 2014-2015, environ 24.000 postes vont être à nouveau supprimés. Entre 2014 et 2019  précise le Livre blanc, ce sont donc au total 34.000 postes qui devraient être supprimés au ministère de la Défense sur un effectif total de quelque 280.000 personnels, militaires et civils, ont quelque 130.000 pour l'armée de Terre, 40.000 pour la Marine et 55.000 pour l'armée de l'Air. La répartition des suppressions de postes entre les différentes armées et services de la défense sera décidée ultérieurement, lors de le l'élaboration de la Loi de programmation militaire (LPM, 2014-2019) qui doit être discutée à l'automne au Parlement. Néanmoins, c'est l'armée de Terre, la plus nombreuse, qui devrait être la plus touchée par ces nouvelles réductions d'effectifs qui devraient se traduire par la disparition de régiments et de bases militaires. L'armée de l'air devrait également être impactée.

Les effectifs en opex divisés par deux

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Par ailleurs, le Livre blanc précise que les effectifs que les armées doivent être en mesure de déployer en opération extérieure (opex) vont être ramenés de 30.000 hommes à 15.000 ou 20.000, selon le type d'opération. En outre, il prévoit que pour des opérations de "gestion de crise", dans la durée, sur deux ou trois théâtres extérieurs, des hommes des forces spéciales et 6.000 à 7.000 hommes des forces terrestres équipés de blindés et d'hélicoptères doivent pouvoir être projetés. Entre 5.000 et 8.000 militaires français sont régulièrement déployés en Opex depuis une dizaine d'années. Après l'Afghanistan, où les effectifs français ont atteint jusqu'à 4.000 hommes, un nombre identique est actuellement déployé au Mali. Mais les soldats français interviennent aussi dans le cadre d'opérations multinationales, comme au Liban, ou pour lutter contre la piraterie au large de la Somalie, et dans des opérations nationales en Côte d'Ivoire ou au Tchad.
 "Une rupture par rapport au passé"
Sans évoquer les réductions d'effectifs François Hollande a promis les "meilleurs" entraînement, équipements et renseignement pour les armées. "S'il y a un fil rouge dans ce que nous avons voulu faire à travers le Livre blanc, c'est d'assurer le meilleur entraînement, les meilleurs équipements et le meilleur renseignement possible pour nos armées, elles le méritent", a-t-il déclaré devant les membres de la Commission du livre blanc reçus à l'Elysée.
Le chef de l'Etat et des armées a précisé avoir "rendu les arbitrages pour concilier trois impératifs". Le premier est d'assurer "à la défense et à la sécurité de notre pays une visibilité pour les quatre ans qui viennent", le second, "de permettre à l'industrie d'anticiper ses volumes de commandes et d'anticiper ses recherches", et le troisième, "la nécessité de concilier l'équilibre de nos comptes publics (...) avec l'indépendance de nos décisions". "Ce que je souhaite, ce que j'exige même, c'est que les engagements que nous prenons soient respectés sur les cinq prochaines années, ce qui marquera une évolution, pour ne pas dire une rupture par rapport au passé", a déclaré François Hollande.

F.G.

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