Défense : le Vladivostok, le Mistral russe, se met à l'eau en catimini

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Le Dixmude, un Batiment de projection et de commandement, dont deux exemplaires ont été vendus à la marine russe
Le Dixmude, un Batiment de projection et de commandement, dont deux exemplaires ont été vendus à la marine russe (Crédits : DCNS)
Sans tambour, ni trompette, DCNS et STX France vont procéder ce mardi à la mise à flot du Vladivostok, le premier Bâtiment de projection et de commandement, de type Mistral destiné à la marine russe. Une cérémonie zappée par le gouvernement français en raison des relations glaciales entre la France et la Russie.

C'est presque en catimini que les industriels (DCNS - maître d'œuvre - et STX France) vont mettre à flot ce mardi en fin de matinée à Saint-Nazaire, le Vladivostok, le premier des deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) commandés en novembre 2011 par la marine russe pour 950 millions d'euros, l'un des très rares gros contrats signés lors de la présidence de Nicolas Sarkozy. Difficile toutefois de cacher la mise à l'eau d'un tel bâtiment tant ces BPC, de type Mistral, long de près de 200 mètres environ, ne passent vraiment pas inaperçus.

Mais, compte tenu des relation plutôt fraiches actuellement entre Paris et Moscou en raison de leurs divergences de vue sur le dossier syrien, le gouvernement Ayrault a décidé d'assurer pour la cérémonie prévue à Saint-Nazaire un service minimum. A priori, seules les autorités militaires - le chef d'état major de la Marine, l'amiral Bernard Rogel, et son homologue russe - ainsi que les industriels français et russes assisteront à cette cérémonie. Quelques politiques devraient être présents.

Quelle suite pour le BPC en Russie

Au-delà des relations diplomatique actuelles entre les deux pays, la Russie, qui détient une option d'achat pour deux autres BPC fabriqués cette fois-ci sur le sol russe, ne l'a pas pour le moment annulée. Avant de prendre une décision, Moscou veut au préalable tester un, voire les deux BPC en opération. Le Vladivostok devrait être remis fin 2014 à la marine russe à l'issue des essais en mer. "Ils sont toujours dans cet état d'esprit", explique-t-on à La Tribune. Pour les militaires russes, il faut déterminer le rôle et la place de ces navires dans leur flotte. Et, d'ici là, les relations entre les deux pays se seront peut-être apaisées. 

Ce qui pourrait ouvrir une nouvelle coopération dans le domaine militaire entre les deux pays. Selon nos informations, la Russie et la France étaient très intéressées il y a peu de temps encore pour le co-développement d'un pétrolier ravitailleur. Les deux pays ont besoin de renouveler leur flotte. Mais aucun crédit n'a été inscrit en France dans la loi de programmation militaire (2014-2019). Fin 2012, la Direction générale de l'armement (DGA) avait pourtant confié à DCNS un contrat de levée de risque d'environ cinq millions d'euros en vue de préparer le lancement d'un appel d'offre sur la construction de quatre pétroliers ravitailleurs pour la marine nationale. Un projet qui à terme était estimé à près de 1 milliard d'euros, dont STX serait le grand bénéficiaire en cas de succès du chantier naval militaire.

Les industriels russes déjà impliqués dans la construction du Vladivostok

Alors que la construction du premier BPC a débuté en février 2012, le chantier russe de Saint-Pétersbourg OSK a participé à la construction du Vladivostok en tant que sous-traitant de STX France. Il a notamment assemblé la partie arrière du BPC avant qu'elle ne soit acheminée vers Saint-Nazaire.

Lancé en 2000, le programme BPC est un peu aujourd'hui le "couteau suisse" de la marine française, qui en a reçu trois exemplaires (Mistral, Tonnerre et Dixmude). Il peut aussi bien servir de porte-hélicoptères (6.400 mètres carrés de pont d'envol), de transport de matériels (jusqu'à 59 blindés, dont 13 chars Leclerc), de bateau de commandement grâce à son système de communication performant (Thales), de navire hôpital ainsi que d'évacuation de personnes. Lors de l'opération Baliste lors du conflit entre le Liban et Israël en 2006, 4.753 personnes avaient pu être ainsi évacuées.

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a écrit le 20/03/2014 à 21:11 :
"Ce qui pourrait ouvrir une nouvelle coopération dans le domaine militaire entre les deux pays."

Croyez-vous que après cette fanfaronnade de Laurent Fabius Poutine sera-t-il encore intéressé à conclure des affaires avec notre pays? non mais sans blague! on peut imaginer le nombre d'offres qui doit pleuvoir à Moscou en venant de plusieurs constructeurs navals du monde entier. Fabius 1 X 0 Saint-Nazaire.
a écrit le 20/03/2014 à 21:04 :
C'est tout un symbole: l'actuel gouvernement boude la mise à l'eau de l'un des fleurons de notre construction navale pour ne pas heurter les susceptibilités du gouvernement nord-américain ! Hollande et ses sbires crachent sur la fierté de ouvriers de St-Nazaire, eux aussi, remis à flot depuis peu de temps.
a écrit le 23/10/2013 à 21:09 :
pas le trop de rechercher les aricles mais en voila un sur le rafale stobar, une étude récente de Dassault,
qui a du ressortir du placard.

Rafale stobar

http://www.lefauteuildecolbert.fr/article-rafale-m-techniquement-operable-en-stobar-message-pour-londres-suez-inverse-107475837.html
Réponse de le 20/03/2014 à 21:18 :
Rien d'intéressant dans cet article, c'est de la RP de Dassault pure et dure, ce même Dassult qui a déjà vendu tant de Rafales un peu partout dans le monde. Des hypothèses et de théories, suppositions, rien d'autre. Désolé.
a écrit le 23/10/2013 à 17:12 :
Tout a fait d'accord sur le concept d'un PA "d'escorte" de 25000 tonnes, avec pont d'envol
"tremplin" qui embarquerait une flottille mixte d'avions de combat V/STOL et d'hélicoptères
d'assaut. Cela a été le concept des Russes et des Britanniques dés les années 80. Puis les
Russes ont vendu les coques inachevées aux Chinois et aux Indiens. Les Anglais ont
désarmé leurs unités comme l'Ark-Royal. Les deux pays avaient développé les avions
correspondants, le fameux Harrier d'un coté et le Yak-38 de l'autre, aujourd'hui obsolètes.
avec leurs deux nouveaux "porte-aeronefs", les Anglais ont tourné en rond pour le choix
des appareils embarqués; catapultable pour ètre compatible avec les Rafale-Marine du
CDG ? donc le F-35C ou "jumpable" pour être compatible avec les F-35B des navires de
l'US-Marine Corp. Finalement, ils sont restés au F-35B. De toute façons, les modifications
n'étaient plus possibles et il aurait fallu des catapultes électromagnétiques, pas encore au
point. Et aussi bien le F-35, B ou C coutent des fortunes et n'atteindront jamais les perfs
prévues ! Les Anglais doivent se mordre les doigts de n'avoir pas prévu à temps un
successeur au Harrier.
Pour les Français, il est temps de penser à ce nouveau type de navire, qui ne serait pas
"une super péniche de débarquement" comme ces BPC, mais un vrai navire de combat.
Que la DCNS et Dassault collaborent avec les Russes pour développer ce navire et un
avion de combat S/VTOL navalisé, un domaine ou les Russes ont acquis une expérience !
La France pourrait alors être en pointe sur ce créneau d'armement pour équiper un certain
nombre de pays dans le monde, en Asie, en Amérique Latine, en Afrique australe.
a écrit le 15/10/2013 à 21:03 :
Ils est regrettable que ce type de navire ne soit pas conçu avec avec la possibilité d'un avant relever, afin de permettre l'utilisation d'avion à décollage coure... Il me semble que cette achat sur etagere des russes est surtout pour avoir une vue sur des capacité de commandement moderne.... La flotte russe sera dans un cours terme dans une procédure de remplacement des nuités qui date de l'URSS. Ils seraient souhaitable de développer une coopération de recherche et de réalisation avec ce grand pays riche....
Réponse de le 16/10/2013 à 19:42 :
Et on les récupère comment ces avions, il n'y a pas beaucoup d'avions STOVL! Donc, il faudrait des catapultes, donc plus d'équipements, plus lourds et il faudrait aussi stocker les avions avec les services d'entretien, etc...
Réponse de le 19/10/2013 à 11:33 :
Le rafale était prévu pour être stobar, au début, et la piste d'un bpc est assez longue, il est devenu catobar,
mais on pourrait très bien faire trois porte avion d'escorte low cost (3 milliards) avec 12 appareils rafale stobar, et un porte avion amiral type CDG (6 milliards), avec une capacité de 40 appareils max rafale catobar,
Le PA d'escorte n'a pas de vocation à etre equivalent a ce que faire un PA type cdg, il vient il fait décoller les appareils, les recupères avec les barres d'arrêts, les PA d'escorte ont l'avantage d'etre construit rapidement. car plus simple dans leur conception. Quand on voit le BPC. on comprend vite.
l'inconvinient d'un rafale stobar, il emporte moins de charge utile, carburant/armement, mais une catapulte, il en faut acheter une aux USA et coute extrement cher, 1 milliards, c'est le prix que paye les anglais pour leur catapulte.
Réponse de le 21/10/2013 à 19:01 :
"Le rafale était prévu pour être stobar, au début". Avez-vous un quelconque document à ce propos? Même les Mig-29 et Su-27 n'étaient pas prévus, malgré la poussée disponible de leurs réacteurs.
a écrit le 15/10/2013 à 18:46 :
Belle réussi d'un concept d'une navire actualisée. Mais il reste deux lacune majeure:
1) couverture autonome de la surveillance comme sur le porte d'avion (AWAC).
2) Insuffisance de l'attaque et couverture pour le troupe au sol lors elle lance une opération à l'intérieur de terre.
Pour La Russie, il faut 30% plus grande avec leur activités dans le monde.
a écrit le 14/10/2013 à 19:52 :
Ce navire est horrible
Réponse de le 14/10/2013 à 20:28 :
Il est extrêmement pratique pour des projections de forces rapides. Qui peuvent préparer le terrain à des opérations de plus grande envergure. Un navire incontournable pour une force en Opex.
Réponse de le 15/10/2013 à 14:30 :
et un batiment d'hopital
a écrit le 14/10/2013 à 16:06 :
Quand je vois la petitesse du bateau, guere plus grande qu'un quelconque cargo, je pige pas l'interet que les russes peuvent lui porter si ce n'est en faisant une fleur à la France pour réequilibrer les echanges commerciaux entre nos deux pays ..........
Réponse de le 14/10/2013 à 16:35 :
Depuis quand l'utilité d'un navire de guerre dépend de sa taille ?
Réponse de le 14/10/2013 à 16:48 :
@dazyt : LOL : Le niveau 0 de la compétence militaire. Je constate avec effroi que vous ne savez pas ce qu'est un BPC ...
Réponse de le 14/10/2013 à 17:55 :
J'ai un vu un des exemplaires français en rade de Toulon, depuis le pont du CDG, ce n'est pas à proprement parler un petit bateau.
a écrit le 14/10/2013 à 14:27 :
J?espère seulement que la DGSE n'a pas oublié de truffer cette péniche de micros et de senseurs ?
a écrit le 14/10/2013 à 13:51 :
On vend trop, on peu se permettre de merder un client comme ça.
a écrit le 14/10/2013 à 13:41 :
A quand une coopération militaire renforcée avec la Russie? La France gagnerait beaucoup a travailler avec l'industriel militaire russe, sans compter l'avantage qu'une telle coopération aurait sur le plan politique. Les Russes peuvent être des partenaires plus intéressants que les Américains qui pensent d'abord à leurs intérêts et n'hésitent pas à planter leurs alliés.
Réponse de le 14/10/2013 à 17:10 :
Je parle des intérêts industriels français pas uniquement du secteur industrie militaire. La France c'est du high tech pour le militaire mais du moyenne gamme pour le gros de l'industrie La coopération industrielle entre français et russes dans le domaine militaire existe depuis 20 ans et on peut difficilement aller plus loin (les avions russes sont souvent exportés avec des avioniques françaises par exemple). Par contre aller cherche une alliance stratégique avec les russes c'est contraire aux intérêts français. Cela fait mal aux anti américains primaires mais ce n'est pas parce que l'on n'est pas d'accord avec les américains qu'il faut aller se coucher devant les russes, les chinois ou les cubains....
Réponse de le 14/10/2013 à 17:39 :
@ @jeff: Ce que vous dites sur les industries russes rebaties, ce ne corresponds pas toujours à la réalité. Vu le nombre d'industrie tuée et la dégradation des nombreux secteurs industriels sous gouvernance de Poutine, on peut poser la question si les russes veulent vraiment rebatir quelque chose. La Russie est concurrent économique de la France? Sauf le domaine d'armement, quasi nul part.
a écrit le 14/10/2013 à 13:21 :
Bouder les clients, c'est une tactique commerciale bien digne de nos dirigeants socialistes à la fois médiocres et arrogants.
Réponse de le 14/10/2013 à 17:43 :
@ @ kamarad caravannes Votre fascination pour le socialisme est aberrante.
Réponse de le 14/10/2013 à 18:32 :
"Votre fascination pour le socialisme est aberrante." == La Russie d'aujourd'hui socialiste ? Y a longtemps que l'URSS et le mur de Berlin n'existent plus ! Les derniers socialistes en Europe sont français camarade ! Lisez autre chose que libé, le monde, l'huma et les fiches des sections ps, rédigées par Solférino !

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