L'open rotor, la nouvelle arme face aux chinois ? (Airbus, Boeing, Safran)

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Le moteur open-rotor à hélices rapides contrarotatives permettrait de réduire la consommation de carburant de 10 % par rapport aux moteurs actuels / DR
Le moteur open-rotor à hélices rapides contrarotatives permettrait de réduire la consommation de carburant de 10 % par rapport aux moteurs actuels / DR (Crédits : Reuters)
Le succès de la remotorisation de l'A320 tue dans l'oeuf à court terme les velléités chinoises de briser le duopole d'Airbus et de Boeing sur le marché des avions moyencourriers. Il laisse le temps de préparer un nouvel avion qui pourrait entrer en service à l'horizon 2030. Ce dernier pourrait être équipé de moteurs open-rotor qui permettraient de franchir un nouveau saut technologique.

Avant l'avion électrique, ce sera le successeur de l'A320 qui permettra à Airbus de maintenir à distance la concurrence chinoise sur le marché des appareils court et moyen-courrier de plus de 150 sièges. Le groupe aéronautique chinois Comac est le plus dangereux de tous les prétendants à vouloir briser le duopole d'Airbus et de Boeing, dont les best sellers, l'A320 et le B737, se partagent ce marché juteux qui représente plus de 70% des livraisons d'avions de plus de 100 places.

Fin 2009, Comac a lancé le programme C919, un monocouloir de 150 à 200 sièges, dont l'entrée en service est prévue fin 2016. Pour tuer dans l'oeuf le projet chinois qui fait massivement appel aux compétences occidentales, Airbus a décidé fin 2010 de remotoriser l'A320 (A320 Neo). Le succès de la démarche a poussé Boeing à faire de même avec son B737 (B737 Max) et a repoussé la nécessité de lancer un nouvel appareil. L'A320 Neo et le B737 Max devant entrer en service en 2015 et 2017, Airbus et Boeing ont ainsi du temps pour bien préparer le coup d'après.

Selon Marwan Lahoud, le directeur général délégué d'Airbus Group, Airbus devrait lancer ce nouvel appareil au milieu de la prochaine décennie pour une mise en service vers 2030. Un nouveau saut technologique est attendu. Il pourrait notamment provenir de la motorisation : l'open rotor, deux fois plus gros que les moteurs d'aujourd'hui, sans carénage (ce qui permettra d'augmenter le diamètre de la soufflante et donc le taux de dilution et l'efficacité propulsive), et équipé de deux hélices contrarotatives à « ciel ouvert », permettant à l'avion d'atteindre une vitesse équivalente à celle d'un appareil équipé d'un turboréacteur classique. Surtout, avec ses 4 mètres de diamètre, l'open rotor ne pourrait pas se placer sous les ailes. Et serait donc installé en hauteur à l'arrière de l'avion !

Notamment étudié par Snecma comme l'une des options de propulsion post 2030, l'open rotor permettrait de réduire la consommation de carburant de 10 % par rapport au moteur Leap, le dernier cri des moteurs conventionnels de CFM prévu pour entrer en service en 2016 sur l'A320 Neo (en 2017 sur les B737 Max) avec un gain de consommation de carburant de 15% par rapport aux moteurs CFM56 actuels. Le choix ou pas de l'open-rotor devrait être tranché entre 2017 et 2020.

Le bruit, redouté en raison de l'absence de carénage, ne devrait pas être un problème bloquant dans la mesure où l'open rotor devrait afficher des performances proches de celles du moteur Leap. Ce qui n'était pas acquis il y a encore quelques années.

Pour autant, s'il offre le plus de potentiel, l'open rotor n'est pas la seule option d'architecture semi-classique, sur laquelle travaillent les ingénieurs pour la période post 2030. Un moteur caréné à fort taux de dilution peut très bien avoir les faveurs des motoristes. Autre possibilité, le marché préfère attendre encore pour disposer d'une architecture de moteurs, cette fois non conventionnelle.

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a écrit le 11/12/2015 à 14:49 :
Comme toutes les mauvaises idées en aéronautique, elles ont pour habitudes de revenir tous les vingt ans. Ce concept a déjà été testé sur un DC-9 avec le GE36 UDF. Caractéristique: Extrêmement bruyant. Je ne dis pas qu'avec les nouveaux matériaux et les progrès effectuée sur les formes des pales grâces au études en souffleries et les simulations d'écoulements informatiques nous n'arrivions pas à faire évoluer le concept vers quelque chose de viable économiquement (Le bruit en fait partie). Il faut reconnaitre que, le bombardier TU-95 russe et son pendant civil Tu-114 étaient tout à fait viables avec des performances proches (880km/h) des jets actuels, mais nettement supérieures aux jets de leur époque en matière de consommation. Ils restent les avions à hélices conventionnelles les plus rapides au monde. Une voie d'exploitation toute tracée par nos "amis" de Russie dont l'Europe, si elle ne lui faisait pas des pieds de nez incessants sur les injonctions de nos "amis" américains, pourrait profiter d'une grande expérience en la matière et pour pas cher. Pourquoi réinventer la roue, il suffit parfois de l'améliorer.
a écrit le 20/11/2014 à 13:42 :
Que faire en cas de collision aviaire, et il me semble avoir lu que ce type de moteurs pourrait avoir une incidence sur la vitesse de croisière de l'avion (vitesse moindre).
Perso, je ne suis absolument pas ni fan, ni convaincu
a écrit le 18/07/2014 à 9:15 :
Rien de bien nouveau, on nous demande encore de payer pour faire un bon technologique, pour que ensuite les industriel capitaliste puise mieux le vendre pour générer des bénéfices..... Comme toujours ils as eux que donne l'argent et ceux que font des bénéfice....
Réponse de le 26/10/2014 à 13:35 :
Et les ouvrieres / ouvriers , techniciens, ingenieurs, sous traitant et tout les gens autours qui beneficieront de ce business , tu en fais quoi...... oui les entreprises et leurs actionnaires feront des benefices mais des centaines de milliers de gens en profiterons aussi. a force de cracher sur les patrons et les "capitalistes" tu vas te retrouver dans pays en voie de sous deveoppement et tu prieras pour que les neo capitalistes Chinois, Indiens Bresiliens ou autres delocalisent en Europe pour te donner des miettes a manger...
a écrit le 17/07/2014 à 9:18 :
Bon il est important de concevoir de nouvelle propulsion, les réacteurs on déjà 60 ans, il est temps d'envisager autre chose.... Bon le problème de la concourante chinoise et connut depuis longtemps, demain nous aurrons difficilement accé a ce marcher, un protectionnisme important et des consommateurs très diriger..... Voilà la réalité de commerce international, nous européen somme les dindons de cette histoire comme toujours....
a écrit le 16/07/2014 à 21:31 :
Tiens , les chinois pointe leur nez comme conçurent dans l'aeronotique.... Il y a bien longtemps que nous le savion, mais nous leur avons donner les moyen de nous concurrencer..... Bien maintenant ils nous faut faire un bon technologique, mais qui vas payer encore tout ses recherche? Car dans cette histoire pas question que le contribuable soir encre le dindon de cette histoire.....
Réponse de le 28/07/2014 à 12:56 :
Plus de concurrence en orthographe serait bienvenue aussi....
a écrit le 16/07/2014 à 8:58 :
et a repoussé la nécessité -> et à repousser la nécessité...
Réponse de le 16/07/2014 à 15:35 :
N'importe quoi !
a écrit le 15/07/2014 à 19:48 :
Quand Airbus ou Boeing lancent des évolutions de modèles existants (Neo, MAX), ils annoncent des gains de 12 à 15%. Si le développement d'un concept entièrement nouveau tant pour les moteurs que pour l'architecture, avec tous les risques associés (Cf.787) ne laisse espérer qu'un gain de 10% à l'horizon 2030, ce n'est vraiment pas convaincant.
Réponse de le 16/07/2014 à 11:01 :
Vous etes champion pour la critique, mais vous proposez quoi de mieux ? On a trop de critiques en france, mais peu de personnes qui font des choses.
a écrit le 15/07/2014 à 15:44 :
il me semble que les chinois et les russes viennent de signer un accord pour développer en commun l'industrie aéronautique sans le but de concurrencer Boeing
a écrit le 15/07/2014 à 15:08 :
aura-t-on encore assez de petrole ou de surface cultivable pour des carburant agricoles en 2030 pour faire voler autant d'avions ?
Réponse de le 15/07/2014 à 16:01 :
Le pétrole ne sera pas épuisé en 2030 !
Il faut penser que les USA pourraient redevenir auto-suffisants en hydrocarbures grâce au pétrole et gaz de schiste (alors qu'ils étaient les plus gros importateurs mondiaux). Par contre le pétrole restera à un prix élevé (les hydrocarbures non conventionnels sont chers à produire) et il est donc utile de réduire la consommation des moteurs.
Réponse de le 15/07/2014 à 18:33 :
La production non-conventionnelle aux US baissant déjà, c'est mal parti... renseignez-vous, la situation est critique!
Réponse de le 04/10/2017 à 8:39 :
Préféré les lianes aux avions c'est plus écolo .
a écrit le 15/07/2014 à 13:46 :
pourquoi appeler cela "open rotor" alors que l'on parle juste d'une évolution du moteur à hélices qui lui est plus parlant et surtout se comprend aisément en francais.
L'anglais est bien la langue du recyclage des concepts, l'expression de la prétention exacerbée des entreprises et surtout de leurs dirigeants et du mensonge "marketing".
Réponse de le 15/07/2014 à 14:20 :
Parce qu'il ne s'agit pas d'un moteur à hélice tout simplement!
Réponse de le 15/07/2014 à 18:17 :
"Open rotor" se traduit en français par "soufflante non carénée".
a écrit le 15/07/2014 à 13:40 :
on peut espérer que les déboires qu'il y a eu sur les moteurs de l'A400M permettront de gagner aussi un peu de temps
a écrit le 15/07/2014 à 11:50 :
L ' open rotor, la nouvelle arme anti goeland!
Réponse de le 15/07/2014 à 13:05 :
vont équiper le truc d' une machine sous vide pour steack haché
Réponse de le 15/07/2014 à 23:13 :
Comme çà l' avion il est moins lourd ! plus besoin d' embarquer la bouffe, direct du rotor au plateau repas. C' est ingénieux.
a écrit le 15/07/2014 à 11:16 :
pas gagné d'avance pour les chinois, si ils ont des problèmes de fiabilité le ventes ne suivront pas
a écrit le 15/07/2014 à 10:54 :
il y a commerce et politique, en Chine c'est le dernier qui prime. Les chinois vont soutenir leur avion coûte que coûte, car elle a les moyens.
Réponse de le 15/07/2014 à 13:26 :
Je crains malheureusement que dans le cadre des industries de pointe telle que l'aéronautique, les USA et l'Europe soutiennent et subventionnent tout aussi fermement que les Chinois.

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