Le drone tactique Patroller (Safran) va-t-il enfin décoller en 2021 ?

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Un calculateur américain fabriqué par Collins Aerospace est à l'origine en grande partie en décembre 2019 du crash d'un SDT au cours d'un vol d'essai
Un calculateur américain fabriqué par Collins Aerospace est à l'origine en grande partie en décembre 2019 du crash d'un SDT au cours d'un vol d'essai (Crédits : Sagem)
Le drone tactique de Safran (Patroller) pourrait en avoir enfin terminé avec ses déboires en 2021. Un premier système doit être livré à l'armée de terre cette année. Et le Patroller fait l'objet d'expressions d'intérêt à l'export.

Le Patroller, qui avait tant séduit l'armée de terre en 2016 au détriment du programme Watchkeeper (Thales), prend tout son temps pour décoller. Il cumule déjà plus de deux ans de retard par rapport à la livraison d'un premier système (cinq vecteurs et deux stations sol) attendue initialement en 2019. Un deuxième système était aussi espéré en 2020. Vainement. L'année 2021 pourrait signer la fin des déboires de Safran Electronics & Defense, le maître d'œuvre industriel du SDT (ou Patroller). En principe, le premier système de drones tactiques (SDT), destiné à l'armée de terre (Patroller), sera livré "à nos forces en 2021", a confirmé la ministre des Armées Florence Parly lors de son audition mardi à l'Assemblée nationale.

"Nous devrons arriver, en 2021, à une reprise des essais avec l'armée de terre, ce qui marquera, il est vrai, un retard significatif par rapport au calendrier initial", avait expliqué à l'Assemblée nationale en octobre 2020 le Délégué général pour l'armement, Joël Barre.

"Une commission d'enquête doit rendre ses résultats début 2021", avait pour das part expliqué en juin 2020 à l'Assemblée nationale le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Thierry Burkhard. L'armée de terre devrait disposer de cinq systèmes à l'horizon 2030, dont trois d'ici à fin 2025.

Un programme qui perd de l'argent

Des retards en grande partie dus, selon nos informations, à un calculateur... américain fabriqué par Collins Aerospace. Il est à l'origine en grande partie en décembre 2019 du crash d'un SDT au cours d'un vol d'essai mené à partir de la base aérienne 125 d'Istres en vue de sa livraison à l'armée de Terre. Dans l'attente du rapport d'investigation et de ses conclusions, Collins Aerospace conteste cette information. Pour autant, la panne a été très rapidement identifiée par Safran Electronics & Defense et les opérations correctives ont été également très vite prises.

Mais c'était la grosse tuile pour l'armée de terre, qui comptait beaucoup sur le SDT pour l'envoyer au plus vite en opérations extérieures, notamment pour surveiller les vastes étendues de la bande sahélo-saharienne. Pour Safran aussi. L'industriel a déjà perdu une cinquantaine de millions sur ce programme, dont le coût est estimé à plus de 300 millions d'euros pour l'armée de terre. "Nous subissons hélas les conséquences du crash de l'aéronef relevant du système de drones tactiques (SDT) Patroller à Istres, en 2019. Nous avons remis à plat la conception, mais aussi les conditions de sécurité et de navigabilité de l'appareil", avait précisé Joël Barre.

Pour l'armée de terre, les conséquences opérationnelles des retards ont été dures. Il y en a deux, selon le général Thierry Burkhard : "le SDTI n'étant plus dans la période où nous pouvons l'utiliser de manière sécurisée, il ne vole plus. Nous assistons donc à une rupture capacitaire. S'y ajoute un réel problème de gestion des hommes et des femmes servant ce système d'armes. Ils aiment leur métier et ont besoin d'être maintenus en qualification", avait-il expliqué en juin 2020.

2021, l'année de la première commande à l'export ?

Le Patroller pourraient donc en avoir terminé avec les déboires en 2021 d'autant qu'il est possible aussi que Safran accroche prochainement une première commande à l'export. Car ce drone tactique a engrangé plusieurs expressions d'intérêt de la part de clients étrangers, dont une très sérieuse en Grèce. Athènes est d'ailleurs déjà utilisatrice du drone Sperwer développé par Sagem (devenu Safran) et prédécesseur du Patroller. Athènes et Paris étaient également en pourparlers avancés pour moderniser les Sperwer, qui sont encore utilisés en Grèce. Safran, qui avait tenté de vendre il y a quelques mois le Patroller à l'Égypte, va essayer de surfer sur les pays utilisateurs du Sperwer : outre la Grèce, l'Arabie Saoudite, le Canada, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède.

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