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Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

AASM Evolution, la nouvelle bombe low cost de Safran

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 17 janvier 2017 à 05:56 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:57

Safran, AASM, Philippe Petitcolin, aérospatiale, défense, communications,

Safran AASM Philippe Petitcolin

Safran

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25 juin 2026

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La nouvelle version de l'AASM baptisée Evolution sera 30% moins chère que l'actuelle pour les armées.

Dans le jargon des affaires, on appelle cela un accord gagnant-gagnant. Et c'est bien le cas du contrat notifié en fin d'année dernière par la DGA (direction générale de l'armement) à Safran Electronics & Defence (ex-Sagem) portant sur le développement et la production d'une nouvelle version de la bombe AASM (Armement air-sol modulaire), appelée AASM Evolution.

Un accord gagnant-gagnant

Cet accord est gagnant pour le ministère de la Défense, qui verra le prix du AASM baissé de l'ordre de 30%, selon des sources concordantes. "Cette commande conduit l'industriel à développer un nouveau standard de l'armement permettant une réduction très sensible de son coût à performances identiques", avait expliqué le 5 janvier dans un communiqué la DGA sans donner plus de précisions. Une bombe AASM pourrait valoir autour de 80.000 euros hors taxe, contre 120.000 euros actuellement. Comment Safran parvient à réduire le coût du programme? Principalement en changeant un certain nombre de composants qui seront moins chers à produire, explique-t-on à La Tribune. Mais aussi en donnant une visibilité à l'industriel.

Et le contrat est aussi gagnant pour Safran, qui obtient un contrat de développement et de production pour une nouvelle version plus compétitive à l'export de son système d'arme jusqu'ici considéré comme cher par rapport à la concurrence américaine. Les fameuses bombes GBU 12 (Raytheon) valent entre 40 et 50.000 euros. Selon la DGA, cette commande conduira Safran "à doubler sa capacité de production tout en générant des emplois en régions Auvergne-Rhône-Alpes et Bretagne". L'industriel français a également signé dans le même temps une commande de son actuelle bombe à son prix habituel.

Un armement performant

L'AASM, qui a pour mission de détruire ou neutraliser des cibles terrestres, est une arme performante. Cette bombe se présente sous la forme de kits qui sont montés sur des corps de bombes standards OTAN. "L'armée de l'air et la marine nationale l'utilisent régulièrement avec succès lors des opérations extérieures, en particulier pour sa souplesse d'emploi quelles que soient les conditions météorologiques et son extrême précision", a rappelé la DGA. Système autonome et insensible au brouillage, cette bombe permet des frappes simultanées air-sol de très haute précision multicibles fixes et mobiles. L'AASM "fonctionne bien et se révèle plus précis que prévu", explique-t-on à La Tribune.

"Là où quatre Jaguar et seize bombes non guidées étaient nécessaires, il suffit aujourd'hui d'un Rafale et de quatre bombes guidées, voire moins", avait expliqué les députés Nicolas Bays et Nicolas Dhuicq dans un rapport d'information publié en décembre 2015 surlafilière munitions.

De conception modulaire, il donne aux forces armées la possibilité de configurer la munition, notamment son système de guidage, en fonction des missions à réaliser, améliorant ainsi la souplesse d'emploi opérationnelle et logistique. L'AASM se décline ainsi en plusieurs versions suivant le type de guidage : inertie/GPS, inertie/GPS + imagerie infra-rouge et inertie/GPS + laser. L'AASM, qui est une des rares munitions à être propulsée, peut donc être tirée à distance de sécurité et atteindre tout type de cible terrestre, y compris des cibles mobiles, dans toutes les conditions météorologiques, avec une précision d'impact décamétrique ou métrique. Le tir est possible soit dans le cadre de missions programmées soit sur une cible désignée en vol par le pilote.

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Une cible augmentée

Au-delà des livraisons en cours pour la France et à l'export en Egypte (200 AASM) et au Qatar, le marché notifié par la DGA permet la commande supplémentaire d'armements en plusieurs tranches. Les premières livraisons auront lieu en 2019, le délai de production étant de deux ans. À ce jour, a précisé la DGA, plus de 1.700 AASM, dont 124 en 2016, ont été livrés aux armées. La cible définie par la loi de programmation militaire 2009-2014 (LPM) s'élevait à 2.348 kits, puis par celle de 2014-2019 à 1.748 kits. Mais l'emploi régulier de cette bombe au cours des opérations extérieures de l'armée française (Afghanistan, Libye, Irak, Syrie) a logiquement fait augmenter la cible d'achats des bombres AASM. La nouvelle commande le confirme.

"Pendant l'opération Harmattan en Libye en 2011, ont été consommés quatre SCALP, tirés par les Rafale, quatre AS30 laser et 407 bombes dont 86 équipées d'un kit AASM", ont écrit les deux députés.

Au-delà de 2016, l'activité de la chaîne de production AASM se poursuivra pour les commandes de recomplétement au titre du programme 178 "Préparation et emploi des forces". Sur le coût global du programme, très peu de chiffres ont circulé. Le Comité des prix de revient des fabrications d'armement (CPRA) en avait donné en 2010 : le développement et la fabrication de 2.348 AASM s'élevait à l'époque à 846 millions d'euros, soit environ 40 millions d'euros de plus que prévu, ce qui représente 5% du montant initial. Selon trois sénateurs Jacques Gautier, Daniel Reiner et Xavier Pintat en novembre 2016, le coût du programme s'élève à 514 millions d'euros aux conditions économiques de 2016.

Retard du programme

Une première tranche ferme de 744 AASM sur une cible initiale de 4.200 bombes, a été commandée en 2000 à Sagem à la surprise générale (Matra devenu en 2001 MBDA étant le favori). Mais en 2005 la tranche conditionnelle, 2.256 bombes, n'a pas été affermie comme prévu initialement. Les premières livraisons ont eu lieu en 2008. Lors de la LPM 2009-2014, le ministère de la Défense a profité des déboires du programme de l'AASM, dont le premier tir guidé a été effectué en septembre 2004, pour réduire une première fois la cible : un retard de l'ordre de quatre ans pour la version décamétrique et de l'ordre de trois ans pour la version métrique ont été constatés, selon le Comité des prix de revient des fabrications d'armement (CPRA).

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Le développement et la production de la version Laser, seule à même de permettre le tir sur cibles mobiles, ont été décidé en 2009. Une commande ferme de 380 kits laser et de 300 kits décamétriques a été notifiée le 31 décembre 2009. La nouvelle version laser de l'AASM a été qualifiée en avril 2013. La LPM de 2014-2019 a réduit la cible de la version laser à 600 (contre 1.200 initialement).

Michel Cabirol

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