Alliance dans les sous-marins : Naval Group drague le suédois Saab Kockums

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Naval Group prendrait le leadership dans les campagnes portant sur des sous-marins océaniques, de type Scorpène ou Barracuda avec une propulsion classique. De son côté, Saab Kockums serait le leader dans les campagnes commerciales pour des sous-marins côtiers.
Naval Group prendrait le leadership dans les campagnes portant sur des sous-marins océaniques, de type Scorpène ou Barracuda avec une propulsion classique. De son côté, Saab Kockums serait le leader dans les campagnes commerciales pour des sous-marins côtiers. (Crédits : DCNS)
Naval Group et le chantier naval suédois Saab Kockums sont en négociations avancées pour se rapprocher dans le domaine commercial via des accords de coopération.

Selon plusieurs sources concordantes, Naval Group et le chantier naval suédois Saab Kockums sont en négociations avancées pour se rapprocher dans le domaine commercial, via des accords de coopération. Cette alliance ne débouchera pas, précise-t-on à La Tribune, sur une prise de participation croisée entre les deux groupes, contrairement au rapprochement dans les bâtiments de surface entre Naval Group et l'italien Fincantieri. Les deux groupes travaillent sur un accord, qui leur permettrait de proposer des offres communes dans les sous-marins. Ainsi deux sociétés seraient envisagées selon le schéma d'un partage 60-40. Contacté par La Tribune, Naval Group n'a pas souhaité commenter.

Dans ce cadre, Naval Group prendrait le leadership dans les campagnes portant sur des sous-marins océaniques, de type Scorpène ou Barracuda avec une propulsion classique. De son côté, Saab Kockums serait le leader dans les campagnes commerciales pour des sous-marins côtiers. Présenté pour la première fois en 2010, le programme Andrasta, un sous-marin spécialement conçu par Naval Group pour l'action littorale, serait quant à lui arrêté. Certaines briques technologiques pourraient être apportées aux Suédois. D'autant que le périmètre de l'accord intégrerait le design des sous-marins et un partage des charges de travail.

Une opération qui relancerait Saab Kockums

Après le projet de rapprochement avec Fincantieri, cette nouvelle opération initiée par Naval Group soulève également certaines questions. Notamment celle de relancer Saab Kockums, actuellement sur le fil du rasoir même si l'État suédois soutient à fonds perdus cette entreprise considérée comme stratégique. Le chantier de de Karlskrona (sud de la Suède), ne peut vivre sans commandes à l'export. S'il fait montre d'une agressivité incroyable en Pologne notamment, ainsi qu'aux Pays-Bas, Saak Kockums ne part pas comme favori face à l'allemand TKMS et à Naval Group. Un échec pourrait lui porter un coup très rude, voire fatal. Pourquoi Naval Group devrait-il se pacser à tout prix avec un partenaire moribond soutenu par un ministre de la Défense suédois pro-américain (achat des Patriot au détriment du système franco-italien SAMP/T)?

Faut-il également rappeler que Naval Group est aujourd'hui un vrai leader technologique en Europe, grâce à des savoir-faire et des compétences sans égal. Une vraie pépite. Ce qui lui confère un avantage compétitif très appréciable. Si Naval Group transfère à Saab Kockums des compétences clés comme dans le domaine acoustique par exemple, les Suédois sauront se les approprier en raison de leur longue expérience industrielle et opérationnelle dans la filière des sous-marins. Ce qui n'a pas été tout à fait le cas de l'espagnol Navantia, avec qui Naval Group a finalement divorcé dans des conditions extrêmement difficiles. Mais Navantia n'en est pas moins devenu un concurrent grâce aux technologies transférées par la France...

Enfin, à force de saucissonner Naval Group (séparation des activités avec différents partenaires), le groupe naval risque de devenir un puzzle industriel géré par un holding et susceptible d'être dispersé selon le bon vouloir des politiques, comme le redoutent beaucoup d'observateurs. Ce qui serait extrêmement dommageable pour la force de dissuasion, clé de voûte de la défense nationale.

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a écrit le 08/05/2018 à 13:08 :
Il est dommage que nous n'arrivons toujours pas à nous mettre d'accords avec les chantier allemand dans le domaine de la construction de sous marin conventionnel ....
Maintenant avec le rapprochement avec les chantier maritime italien , nous pouvons peut être nous entendre sur la construction commun d'un SA conventionnel qui aurrai le mehieures du savoir faire des deux entreprises....
Dàns tout les ças nous ne pouvons continuer à nous faire une concurence acharner au sein de l'Europe..
a écrit le 25/12/2017 à 10:39 :
Il fait arrêter de se faire concurance sur les marchés étrangers.... Maintenant ils seraient souhaitable que se type d'alliance ne soit pas au détriments d'un des deux groupe maritime.... Surtout que la France doient maintenir une forte expérience dans la construction de SNA conventionnel, car actuellement nous ne souhaitons pas exporter notre savoir faire nucleaire, d'ailleurs ils n'y a pas de clients immédiats....
a écrit le 22/12/2017 à 22:04 :
Voir un chantier européen compétent coulé ne serait pas profitable pour la sécurité de notre continent en proie à la désindustrialisation.

Certe, il est concurrent des chantiers français mais on a vu aux États-Unis les ravages de la concentration du CMI qui voit des monopoles qui conduisent des programmes d'armement profitant plus a leurs actionnaires avec une explosion des coûts qu'aux forces armées.

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