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Pour Galileo, c'est à quitte ou double?

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 27 mars 2015 à 05:56

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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Le lanceur russe Soyuz doit mettre ce vendredi sur orbite deux nouveaux satellites de la constellation Galileo, le GPS européen, sept mois après un échec de lancement. Un tir crucial pour ce programme de la commission européenne.

Lancement très important ce vendredi pour la constellation Galileo, censé affranchir l'Europe de la dépendance au GPS américain. Après une pause de plusieurs mois à la suite d'un échec de lancement l'été dernier, l'Europe reprend le déploiement des satellites Galileo, dont le programme reste en fâcheuse posture. Une fusée russe Soyouz emportant deux nouveaux satellites Galileo, Sat-7 et Sat-8, doit être tirée depuis Kourou (Guyane française) à 21h46 GMT (22h46 heure de Paris, 18h46 heure de Kourou). "Tout est prêt pour le lancement", a estimé le directeur du programme Galileo à l'Agence spatiale européenne (ESA), Didier Faivre, interrogé par l'AFP.

Et il le faut. Car trois des quatre satellites IOV sont hors service et le quatrième est toujours en veille. Ces quatre premiers satellites "test", réalisés par Airbus Defence and Space, avaient été lancés en 2011 et 2012. Puis le 22 août dernier, le programme a subi un nouveau et sérieux revers lorsque que Fregat, le quatrième étage de la fusée Soyuz, a placé sur une mauvaise orbite deux satellites Sat-5 et Sat-6, fabriqués par la société allemande OHB. Au lieu d'être envoyés sur une orbite circulaire à plus de 22.000 km d'altitude, ils s'étaient retrouvés sur une orbite elliptique (ovale) très basse, vers 17.000 km.

Un design imprécis

La raison du problème a été identifiée par une commission d'enquête. Il a été provoqué par un gel du carburant lié à un "design imprécis" sur des tuyaux d'alimentation, selon Arianespace, société chargée d'organiser le lancement. Des actions correctrices ont été menées par le fabricant russe de Fregat. Les procédures ont été précisées et les contrôles ont été renforcés au niveau de la production en Russie mais aussi au Centre spatial guyanais, a précisé Didier Faivre.

Pour autant, en décembre dernier, le lancement de quatre satellites pour le compte de l'opérateur O3b a occasionné quelques frayeurs aux équipes de l'ESA, du CNES et d'Arianespace. Entre le deuxième et le troisième allumage moteur de la mission, Frégat a brutalement cessé de communiquer avec le sol, créant un stress maximum au sein des équipes qui n'ont plus eu de visibilité sur ce qui se passait pendant une bonne demi-heure, selon "Les Echos".

C'est peut-être pour cela que la Commission européenne, qui finance à 100% Galileo, a voulu se donner du temps. Elle n'a pas utilisé le créneau d'un lancement en décembre et a demandé l'analyse d'autres sources potentielles de panne. Le 28 janvier, elle a fini par donner son feu vert à une reprise des lancements par Soyouz fin mars.

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Sauver les deux satellites Galileo Sat-5 et Sat-6

Par ailleurs, l'ESA a cherché à sauver les deux satellites d'OHB mis sur une mauvaise orbite. Grâce à une série de manœuvres, les équipes de l'ESA ont cherché à rendre les satellites Sat-5 et Sat-6 utiles pour la constellation Galileo. Les ingénieurs sont parvenus à les remonter sur une orbite plus haute. Les satellites ne sont toujours pas sur une orbite circulaire, ce qui supposera "une petite adaptation" des stations au sol, précise Didier Faivre. "Mais les usagers ne s'en apercevront pas", selon lui.

"Il reste encore des dernières investigations à faire mais l'ESA est extrêmement confiante dans le fait que ces deux satellites pourront être utilisés pour la constellation", souligne-t-il. Cela supposera "un investissement de quelques millions d'euros", contre un coût d'environ 150 millions d'euros si il fallait envoyer deux nouveaux satellites pour les remplacer, fait-il valoir. Des déclarations à prendre avec prudence... L'opération de réparation a déjà coûté plusieurs millions d'euros et la Commission européenne devrait décider le mois prochain si elle donne son feu vert à leur utilisation qui exigerait de nouvelles dépenses d'adaptation des équipements au sol pour prendre en compte l'orbite sur laquelle ils se trouvent.

Une mission sous contrôle?

D'une durée de 3H48, la mission du lanceur et de son étage supérieur Fregat consistera à placer les deux satellites sur une orbite circulaire à une altitude de 23.522 kilomètres. Ils descendront ensuite un peu pour se positionner sur leur orbite opérationnelle. "La campagne de préparation s'est passée normalement. Nous n'avons rencontré aucun problème ni sur le lanceur ni sur les satellites", a souligné Didier Faivre. Une dernière revue a eu lieu jeudi. Pour recevoir un signal Galileo de bonne qualité, il faut trois satellites qui fonctionnent.

La constellation Galileo comprendra à terme 30 satellites (dont plusieurs de rechange). Après avoir sélectionné Airbus Defence and Space pour les satellites IOV, la Commission européenne a acheté 22 satellites fabriqués par la PME allemande OHB. L'Europe espère que dès la fin 2016, Galileo aura 14 satellites en orbite et qu'il pourra rendre ses premiers services aux utilisateurs, en apportant un plus à ceux offerts par le GPS - les deux systèmes étant compatibles. Enfin, la Commission européenne espère que la constellation soit totalement opérationnelle en 2020.

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Pour la période 2014-2020, l'Europe a prévu d'investir 7 milliards d'euros (7,6 milliards de dollars) dans ce programme. Décidé au début des années 2000, Galileo est un programme de radionavigation par satellites, qui vise à rendre l'Europe indépendante du GPS (Global Positioning System) américain. Au fil des ans, il a accumulé les retards pour des raisons diverses et les coûts se sont alourdis.

Michel Cabirol

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