C'est un nouveau système d'arme destiné à la Marine nationale, qui devrait être très redoutable. Programmé, il pourrait autant effectuer en meute des missions de surveillance et de détection (signature de sous-marins) sur une zone assignée que faire du déni d'accès tout en restant très, très discret en raison de sa petite taille. De quoi parle-t-on ? D'un drone sous-marin autonome océanique actuellement développé par Naval Group depuis environ six ans dans la plus totale discrétion. Une innovation autofinancée (entre 10 et 20 millions d'euros) par le groupe et présentée la semaine dernière lors de la 5ème édition des Naval Innovation Days.
Le constructeur du Barracuda, qui a déjà construit un démonstrateur d'une longueur de dix mètres (10 tonnes) et mis à l'eau pour la première fois en novembre 2020, prévoit in fine un sous-marin de 12 à 13 mètres de long (13,5 mètres maximum). Un drone sous-marin qui pourra être évidemment armable et qui sera également doté d'un système d'autodestruction s'il devait tomber aux mains d'ennemis. Du consommable qui restera à un prix raisonnable. Soit un engin qui devrait être proposé à moins de 15 millions d'euros pour rester attractif commercialement. Ce type de drone pourrait aussi bien intéresser des marines comme la France en complément de leur flotte sous-marine pour garder une avance opérationnelle, ou des pays n'ayant pas la capacité de s'offrir des sous-marins.
La Marine nationale va devoir s'approprier rapidement ce nouveau système d'arme indétectable pour veiller à ne pas se laisser couler par la guerre des grands fonds. Et donc rester en première division. Car ces drones sont également développés par les Etats-Unis, où Boeing mène le projet Orca, mais aussi par la Russie et la Chine. D'ailleurs, l'accident d'un sous-marin nucléaire américain qui a heurté début octobre un objet non identifié alors qu'il patrouillait en mer de Chine méridionale interpelle fortement. Est-ce un drone sous-marin développé par le groupe chinois Boya Gongdao Robot Technology basé à Pékin, le Robo-Shark qui est armé de torpilles. "L'USS Connecticut a heurté un objet dans l'après-midi du 2 octobre alors qu'il naviguait en immersion dans les eaux internationales de la région indo-pacifique", avait indiqué l'US Navy dans un communiqué.