Drones : un danger pour l'aviation civile ?

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La multiplication des drones civils pourrait devenir un réel danger pour les avions commerciaux. Un règlement européen doit entrer en vigueur début 2017 pour contrôler cette expansion qui est aussi une activité en plein boom.

Le 16 avril dernier, un drone serait entré en collision avec un A320 de British Airways en phase d'atterrissage à Heathrow. Les dégâts, mineurs, non pas empêché l'avion de redécoller deux heures plus tard. Mais cet accident encore rare démontre s'il le fallait encore que l'explosion du nombre de ces appareils sans pilote doit être contrôlée au plus vite sous peine de voir se multiplier ces incidents.

« En fait, il s'agissait d'un ballon d'enfant et ça a fait le buzz », a rectifié Patrick Cipriani, directeur de la sécurité de l'Aviation civile de la DGAC (Direction générale de l'Aviation civile), lors du Paris Air Forum.

Reste que les signalements de ce type sont de plus en plus nombreux : 5 en 2014, 20 en 2015, et déjà 16 au premier semestre 2016. En matière de réglementation, la France est en pôle position. Elle a mis en place un corpus réglementaire dès 2012, qui stipule que ces appareils sans pilote n'ont pas le droit de voler au-dessus de 150 m et à moins de 10 km d'un aérodrome. Un règlement qui concerne aussi l'aéromodélisme. Plus de 100.000 de ces modèles réduits volent en France, selon Stéphane Morelli, président de la Fédération professionnelle des drones civils, ainsi que 200 à 400.000 drones civils et 4.500 drones militaires.

« La difficulté, c'est que personne ne sait combien il y a de drones et qui les utilisent », explique Stéphane Morelli.

Or, les propriétaires de ces aéronefs miniatures ont intérêt à maîtriser leurs engins : en cas d'incident, ils risquent 75.000 euros d'amende et jusqu'à un an d'emprisonnement.

Une puce sur chaque drone ?

À l'échelle européenne, un règlement est en préparation et devrait entrer en vigueur début 2017. D'après Patrick Ky, directeur exécutif de l'AESA (Agence européenne de la Sécurité aérienne). La gestion du risque est divisée en trois catégories.

« Pour les drones lourds (militaires ou ex-militaires), le règlement est comparable à celui concernant les avions de transport. Pour les drones de loisirs plus légers, aucune règle n'est prévue. Mais c'est pour la catégorie intermédiaire, des drones vendus entre 1.000 et 2.000 euros l'unité et utilisés par les particuliers comme les professionnels, que ça se complique ».

L'AESA a mis en place un groupe de travail dont les résultats sont attendus début juillet, et réfléchit aux modes de prévention pour empêcher qu'un drone ne pénètre un espace aérien, comme des puces de traçage placées sur chaque appareil commercialisé.

Mais s'ils peuvent représenter un danger, les drones sont aussi une activité en plein boom. Selon Stéphane Morelli, 2.300 sociétés se sont créées en France sur ce créneau, principalement des TPE et des auto entrepreneurs, soit 5.000 emplois et 20.000 prévus d'ici 2020. Des chiffres encore loin de ceux des États-Unis (100.000 emplois générés par les drones), mais considérables pour un pays comme la France. C'est pourquoi Stéphane Morelli réclame une « réglementation évolutive. L'imagination a pris le pouvoir dans cette filière et la technologie a toujours une longueur d'avance sur le juridique ».

Trop de drones tuent le drone

Ceux qui contrôlent à distance ces appareils volants vont bientôt bénéficier d'un examen dédié pour l'obtention d'une licence de télé pilote.

« C'est un métier nouveau. Nous ne sommes pas dans le pilotage à proprement parler. La licence a évolué d'un brevet genre ULM vers quelque chose de plus proche des compétences d'un contrôleur aérien », précise Stéphane Morelli, qui rappelle que « le drone n'est pas un cadeau de Noël comme les autres. Un vol indoor ou près d'une centrale nucléaire, ce n'est pas pareil ».

Dernier défi : quid des drones de livraison dont on parle beaucoup, comme ceux que préparent Amazon et Google ?

« Gérer un trafic de drones à faible altitude est très difficile. Un drone qui heurte un oiseau peut tomber sur des gens », affirme Patrick Ky.

Pour Stéphane Morelli, c'est clair, il en va de l'acceptabilité de ces appareils volants par le public et les autorités :

« il faut absolument éviter que trop de drones tuent le drone ».

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Commentaires
a écrit le 29/06/2016 à 8:57 :
En cette période de crise perpétuelle dans laquelle on s'engouffre à tout va dans n'importe quel marché en croissance il est bon de rappeler certains principes de vie ne société.

Les drones sont et seront toujours un danger, comme il est dit dans cet article rien qu'un accident entre un drone et un oiseau peut rapidement avoir de graves conséquences alors avant que ceux là n'arrivent il convient en effet de prendre en main ce problème.

Or l'intérêt pour celui qui a un drone est bel et bien de survoler des zones qui ne lui appartiennent pas sinon cela n'aurait que peut d'intérêt.

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