L'avion expérimental Eole a décollé samedi depuis le centre spatial guyanais emportant avec lui la réplique d'une fusée aéroportée, une nouvelle étape dans l'étude des lancements à bas coût des nano-satellites, a constaté l'AFP. L'objectif est à terme de pouvoir lancer les petits satellites à l'aide de fusées embarquées sur des avions, automatisés et réutilisables, plutôt qu'avec les lanceurs lourds européens comme Ariane, au coût plus conséquent.
Appelé Altair (Air Launch space Transportation using an Automated aircraft and an Innovative Rocket), le projet de micro-lanceur testé à Kourou, est financé par l'Union européenne (3,5 millions d'euros) ainsi que la Suisse (0,5 million) et mené par l'ONERA, le centre français de recherche aérospatiale dans le cadre de l'initiative européenne H2020. Le projet doit aboutir à une définition détaillée du système complet (porteur, lanceur et segment sol), associée à un business plan ainsi qu'à une feuille de route et une proposition d'organisation industrielle. Il
vise notamment à étudier la faisabilité du lancement à bas coût et à échelle industrielle de petits satellites.
L'ONERA y décrit "un système semi‐réutilisable de type lancement aéroporté, dont le porteur est un avion automatisé réutilisable, larguant en altitude un lanceur consommable". Le développement des nano-satellites est en plein essor. Les essais en vol, dont celui de samedi clôt la série, ont été effectués avec le démonstrateur Eole, également développé par l'ONERA pour le compte du CNES, le Centre nationale d'études spatiales. "De tels lancements apporteraient souplesse et flexibilité au décollage des nano-satellites dont les dates et altitudes de mise sur orbite sont aujourd'hui tributaires de celles des gros satellites", explique le CNES, qui est partenaire du projet.