"Les drones volent n'importe où, n'importe comment en Europe" (AESA)

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Les drones loisirs sont dans le collimateur de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA)
Les drones loisirs sont dans le collimateur de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) (Crédits : Fotolia © chirnoagarazvan)
Le directeur exécutif de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), Patrick Ky, estime qu'il y a un sujet d'actualité avec les drones de moins de 25 kg. Il regrette le trop grand nombre d'incidents.

Pour l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), il y a un sujet d'actualité drones. Et pas qu'un peu. "On regarde de très, très près ce dossier, a expliqué le directeur exécutif de l'AESA, Patrick Ky, qui était l'invité jeudi de l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE). On s'aperçoit qu'il y a de plus en plus de drones qui volent n'importe où, n'importe comment". Et cela énerve également les pilotes d'avions commerciaux.

Les incidents se multiplient

L'inquiétude semble justifiée. Car les incidents se multiplient. le 21 juillet, un drone est passé à environ cent mètres d'un appareil de la compagnie allemande Lufthansa arrivant à Varsovie en provenance de Munich, selon l'agence polonaise de la navigation aérienne. L'appareil, un Embraer 195, se trouvait à environ dix kilomètres de l'aéroport international de Varsovie Okecie, à l'altitude de 700 mètres, quand ses pilotes ont aperçu un objet volant. L'objet n'a pas perturbé cependant l'atterrissage normal de l'appareil de la Lufthansa.

Un incident similaire s'est produit l'année dernière à Cracovie. En Californie, les pompiers se sont plaints le 21 juillet de voir cinq drones gêner leurs hélicoptères dans leur combat contre un incendie. En France, depuis le début de l'année, trois vols de drones ont été signalés par des pilotes dans l'axe des pistes d'Orly et deux à Roissy, selon le porte parole de la Direction générale de l'aviation civile.

L'AESA va publier un début de réglementation à la fin de l'année

Ce sont les drones dans la catégorie Open (moins de 25 kg), le plus souvent des "jouets inoffensifs", qui posent le plus de problèmes. "C'est la catégorie la plus compliquée", a reconnu Patrick Ky. L'Agence souhaiterait intégrer une puce contrôlée par le système GPS dans ces drones de loisirs pour les empêcher d'entrer dans les zones à risques et de voler au-delà d'une certaine altitude. Toutefois, Patrick Ky a rappelé que l'AESA n'était pas encore compétente pour réglementer des aéronefs de moins de 150 kg. "La réglementation doit changer", a-t-il fait valoir, tout en se montrant optimiste. En outre, il s'est interrogé à voix haute pour savoir comment on pouvait s'assurer de la présence de cette puce alors que la majorité de ces drones sont fabriqués en Chine.

Après avoir lancé une consultation publique qui s'est terminée la semaine dernière (3.400 commentaires envoyés), l'AESA va publier d'ici à la fin de l'année "une opinion technique". Ce document servira de base à une future réglementation sur ce type de drones.

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Commentaires
a écrit le 10/10/2015 à 20:15 :
Bon ... ne sommes nous pas propriétaires d'une partie de l'espace aérien au-dessus de nos immeubles, maisons et jardins ? Donc, en cas de violation d'un espace privé on fait quoi ? En cas de chute de l'engin et sinistre au sol ou pire sur un toit qui paye ?
Ca peut se terminer au fusil sur les drones tout ça si ça devient la jungle. AUCUN de ces engins ne devrait pouvoir voler sans que son propriétaire ne soit identifié ou identifiable et assuré jusqu'aux dents !!!
a écrit le 10/10/2015 à 12:18 :
Bien, belle déclaration, sauf qu'on va encore faire les choses à l'envers et contraindre les sociétés qui travaillent, et a fortiori celles qui travaillent correctement et déposent des plans de vol car identifiables facilement.

Sauf que c'est la mauvaise cible et que la chasse aux sorcières qui est livrée en refusant de délivrer les autorisations, notamment en région Parisienne (mais pas que) a pour conséquence de produire l'effet inverse.

Si des sanctions dissuasives étaient appliquées systématiquement depuis le départ, aussi bien aux amateurs qu'aux professionnels qui ne respectent pas la législation (amendes lourdes, saisie du matériel et interdiction d'exercer pour les pros), le problème serait réglé depuis longtemps et il n'aurait même pas eu lieu.

Ils n'ont qu'à éplucher les vidéos présentées dans les festivals de drones par exemple, la moitié est en infraction manifeste. Il suffit de poursuivre leurs auteurs systématiquement avec détermination, vous verrez, ce sera terminé rapidement.

Concernant les vols de loisirs, la réglementation initiale était tellement contraignante qu'elle était inapplicable (interdiction des caméras) et que personne ne l'a appliqué. La DGAC, qui n'a pas le courage de prendre les mesures adéquates a fait marche arrière pour publier ensuite une notice illégale (qui contredit l'arrêté de 2012), qui dispense des "règles des bonne conduite".

Bref, comme d'habitude, on marche sur la tête, il n'y a aucune rationalité dans les décisions qui sont prises et c'est pour cette raison que les drones sont hors de contrôle, que des millions d'automobilistes roulent sans permis et sans assurance...

Bref, si nous en sommes là, c'est la faute de l'Etat et rien que la faute de l'Etat qui ne réagit plus qu'à chaud à l'actualité et est incapable de prendre des décisions raisonnées/rationnelles et de les faire appliquer. C'est valable dans tous les secteurs.
a écrit le 10/10/2015 à 10:58 :
Les drones sont des objets permettant de hack massivement dans une zone en sniffant les données à son passage, smartphone etc... :)
a écrit le 09/10/2015 à 16:07 :
Il y aura aussi des drones pour surveiller, les routes, les banlieues , d'autres seront surement utilisé ensuite comme drone suicide programmés , ce n'est que le début.
a écrit le 09/10/2015 à 15:09 :
Il s'agit d'un faux prétexte "préventif". Les organisations en place veulent augmenter sans raison leur périmètre de compétence. Un avion rencontre plein de contraintes comme la grêle ou les gros oiseaux qui sont beaucoup plus dangereux pour eux car à des altitudes et vitesses plus importantes. A faible hauteur un choc n'aurait aucune incidence : il éjecterait l'intrus en le détruisant. On a très faiblement taxé les opérateurs commerciaux qui utilisent à leur profit l'espace aérien qui appartient à tous, ils voudraient maintenant empêcher d'avoir, si peu, à le partager, s'en pensant propriétaires. Un comble.
a écrit le 09/10/2015 à 8:05 :
Par contre, l'état s'apprête à vendre ( trés cher, comme les fréquences radio) l'espace entre 50 et 150 m d'altitude à des sociétés commerciales ( La Poste, Amazon etc) pour des livraisons par drones! Il est sûr que les amateurs, ceux qui pensent que l'espace est un bien commun, n'auront que peu de poids devant de telles rentrées d'argent ...
a écrit le 09/10/2015 à 7:56 :
En France, il suffira d'instaurer une taxe !
Réponse de le 09/10/2015 à 8:52 :
Tous les problèmes sont réglés dès que l'on instaure une nouvelle taxe !
a écrit le 09/10/2015 à 7:54 :
Il va bientôt falloir une licence de pilote civil pour voler à 5 mètres au dessus de votre jardin !
La plupart des drones jouets ne peuvent monter au dessus de 100 mètres, ont une autonomie de 15 minutes et un rayon d'action de 1 km au maximum!
Réponse de le 10/10/2015 à 12:04 :
Quel interet de voler au dessus de son jardin? L'objectif est bien de sortir de l'espace qui se situe au dessus de son jardin. Et d'aller voir, éventuellement filmer ce qui se passe chez ses voisins.
on trouve à la FNAC des drones équipés d'une caméra pour une petite centaine d'euros.
Une réglementation s'impose.
Réponse de le 10/10/2015 à 12:20 :
Oui, et c'est déjà bcp trop. Les professionnels sont limités à 100 mètres pour votre information, alors des drones de loisirs qui couvrent de telles distances ne devraient même pas être autorisés. Ça n'empêcherait pas les plus déterminés d'enfreindre la réglementation, mais ça éviterait que ce type d'appareils se retrouvent massivement sur le marché, accessibles facilement à n'importe qui.
Réponse de le 10/10/2015 à 12:25 :
Pourquoi s'arrêter à 5 m, ils vont bien nous pondre une taxe pour les aspirateurs robot aussi...

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