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Pourquoi DCNS ne peut pas se désintéresser de STX (2/3)

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 02 novembre 2016 à 08:00 - Mis à jour le 02 novembre 2016 à 10:00

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DCNS ne peut pas se désintéresser du chantier naval de Saint-Nazaire. Mais cette stratégie du groupe naval soulève une forte opposition.

Le dossier STX empoisonne DCNS. Et quoi qu'il fasse, le chantier naval sera critiqué. Il l'est déjà d'ailleurs. Il a déjà décidé de s'y intéresser, comme l'a déclaré le PDG de DCNS Hervé Guillou lors d'une rencontre avec la presse quelques jours avant l'ouverture du salon naval, Euronaval. "Nous regardons cette question de près", a-t-il précisé. Comment ? C'est toute la question. Doit-il participer ou non aux enchères du juge sud-coréen ? Mystère. En tout cas, selon nos informations, aucun projet n'a été présenté au conseil d'administration de DCNS.

Assurer l'accès de Saint-Nazaire à DCNS

Mais le groupe se sent obligé de s'y intéresser afin de préserver les intérêts français, notamment de souveraineté nationale, ainsi que ses intérêts propres. Car si DCNS reste spectateur, il devra le jour J se conformer à la décision du juge sud-coréen sans pouvoir interférer sur quoi que ce soit. Or, DCNS ne peut pas se désintéresser de l'avenir de STX Saint-Nazaire s'il veut s'assurer son accès. Il devra également s'assurer que le repreneur maintienne le chantier compétitif.

Actuellement DCNS et STX, ont passé des partenariats destinés à répondre le cas échéant aux besoins souverains de la France pour la construction de bâtiments de grande taille de type porte-hélicoptères (BPC), porte-avions et pétroliers ravitailleurs. Ces partenariats permettraient également de répondre "aux besoins d'export à partir de la France pour les partenaires stratégiques de la France" pour des navires de plus de 11-12.000 tonnes, avait précisé Hervé Guillou. Enfin, DCNS voudrait empêcher STX de venir sur la construction de bâtiments militaires, explique-t-on à La Tribune. Notamment sur des navires de plus petite taille.

Une décision contestée

"Pour ce qui me concerne aujourd'hui, je ne vois pas DCNS devenir actionnaire majoritaire seul de STX", avait expliqué Hervé Guillou. Pas question donc d'avoir le contrôle du chantier. Dans ce cadre-là, il pourrait logiquement discuter avec deux autres chantiers navals, l'italien Fincantieri et le néerlandais Damen, qui se montrent intéressés par Saint-Nazaire en vue de bâtir un futur tour de table.

Pour autant, cette stratégie fait grincer les dents. A commencer au sein même du ministère de la Défense. Certains ne veulent pas en entendre parler en raison du marché de la croisière jugé très à risques. Mais Hervé Guillou n'en ignore pas les risques. Il avait d'ailleurs expliqué avant Euronaval qu'il manquait à son groupe deux atouts, "connaître le marché de la croisière" et "la capacité à financer les énormes variations de cash (trésorerie, ndlr) liées au marché de la croisière". En outre, ce marché est très difficile, les bateaux de croisière étant très mal payés avec des marges faibles pour les constructeurs, et les pénalités nombreuses pour celui qui ne respecte pas les délais de livraison.

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Et Thales?

Enfin, au sein de Thales, actionnaire de DCNS à 35%, on reste excessivement prudent tant qu'un dossier n'a pas été présenté officiellement. Tout en confirmant qu'il n'y a pas de solution idéale pour le chantier naval militaire, on préférerait voir DCNS s'éloigner de ce dossier, et plus particulièrement du marché de la croisière. D'autant que chez l'électronicien, on estime que ce n'est pas demain la veille que la France va lancer la construction d'un second porte-avions, ou exporter un porte-hélicoptères.

À lire également

  • Dossier STX : la France en cale sèche (1/3)
  • STX officiellement en vente, possibilité d'achat séparé de Saint-Nazaire
  • Alstom, STX... l'urgence d'une politique industrielle
  • STX Saint-Nazaire : mais que veulent vraiment faire les Coréens?

>> Lire aussi : Dossier STX : la France en cale sèche (1/3)

Michel Cabirol

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